Aménagement

Petit à petit, l’ANRU fait ses nids

La vaste opération de renouvellement des quartiers lancée par l’Agence nationale de rénovation urbaine (ANRU) n’en est qu’à ses débuts et suscite parfois des inquiétudes parmi les locataires qui doivent être relogés.

« Le plus gros est de réaliser ce qu’on a prévu de faire », a résumé le directeur général de l’ANRU, Philippe Van de Maele, lors du congrès national de l’Union sociale de l’habitat (USH) qui se tient à Nantes.
L’ANRU a été mise en place il y a un an et demi, comme un guichet unique destiné à recueillir puis valider les projets de renouvellement urbain. Au programme: reconstruire, démolir des tours obsolètes, mettre des avenues au milieu de quartiers qui avaient été construits à la va-vite dans les années 60.
Déjà 235 quartiers de France ont été validés par l’ANRU à la fin juillet, ce qui représente un montant de 4,7 milliards d’euros de travaux.

Le président de l’Union sociale de l’habitat (USH), Michel Delebarre s’est dit mercredi « inquiet » sur la possibilité d’une « ANRU à deux vitesses », craignant que les projets en attente bénéficient de moins de subventions que prévu.
Un conseil d’administration de l’agence doit faire le point sur le sujet prochainement.
Sur le terrain, l’entreprise est compliquée, notamment pour respecter les grands principes de la rénovation urbaine et les préoccupations des habitants. « L’objectif n’est pas de remplacer du HLM des années 60 par du HLM des années 2000 », prévient Pierre Peillon de l’USH.

Au Havre par exemple, « la stratégie consiste à découper le quartier, à reconquérir par les franches et faire une avenue centrale », a expliqué Bernard Marette, directeur général de l’OPAC de Seine-Maritime.
Plus de 1.000 logements qui seront démolis sur trois quartiers de l’agglomération du Havre seront reconstruits dans la ville. « On répartit le logement social », estime M. Marette.
A Lyon, dans le quartier de La Duchère, c’est l’inverse. Plus de 1.200 logements neufs, dont la moitié sont destinés à l’accession à la propriété, viendront s’implanter sur le site.
Mais, a souligné M. Marette, « la clé de la réussite d’un projet urbain, c’est le relogement ». Car il faut savoir où reloger les habitants et à quel prix.

Certaines associations de locataires ont déploré jeudi un certain manque de concertation. « C’est vrai que parfois l’information est peut-être tardive. On attend que le projet soit validé à l’ANRU pour en parler avec les habitants », a reconnu Beatrix Mora de l’Union sociale de l’habitat (USH).
Quant au directeur de l’OPAC de Dijon, Jean-Claude Girard, il estime lui que « si on ne reconstruit pas avant de démolir, on perturbe la politique d’attribution du logement social ». Une moitié des habitants environ demandent à être relogés dans le quartier, selon l’USH.
« Il faut avoir différentes approches psychologiques », note un responsable de Reims.

Autre préoccupation des locataires: le montant du loyer du nouveau logement, car ce sont en général les logements les moins chers qui sont démolis. Or, à Dijon par exemple, l’écart de prix pour un nouveau logement est de 25%. Le conseil général de Bourgogne a ainsi débloqué une aide financière pour permettre de maîtriser les loyers et les charges pour les locataires relogés.

Déborah Claude (AFP)

Votre avis ?
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X