Profession

Permis d’aménager : ne nous divisons pas!

Mots clés : Aménagement paysager - Architecte - Urbanisme - aménagement urbain

Catherine Jacquot, présidente du Conseil national de l’ordre des architectes (Cnoa), réagit au récent article « Lotissement : les paysagistes contestent le monopole des architectes », publié ici-même…

Tous, paysagistes, architectes, urbanistes; faisons le constat de la médiocrité de l’aménagement des périphéries des villes et villages de notre pays. Un constat partagé par une partie des élus et des citoyens  et dont la presse se fait régulièrement l’écho. Depuis des dizaines d’années, la procédure du lotissement est figée par les constructeurs de maisons individuelles pour satisfaire une demande des Français et reproduit un modèle avant tout commercial : des maisons posées au centre d’une parcelle, parfois sur un monticule, desservies par une voie en « raquette », caractéristique des lotissements reliés par un accès unique au réseau viaire de la commune, inscrivant dans l’espace et sur le sol, sa non-appartenance au système urbain existant.

 

Pratique vertueuse

 

L’ordonnance du 8 décembre 2005 relative au permis de construire et aux autorisations d’urbanisme, et  plusieurs textes législatifs à sa suite, ont instauré un permis d’aménager comprenant un volet architectural, paysager et environnemental. Cela aurait pu favoriser la qualité conceptuelle de ces lotissements résidentiels et un renouveau de ces morceaux de territoires. Ces ensembles n’ont-ils pas droit au statut de « quartiers » de villes ou de bourgs et à l’urbanité attachée à ce terme ?  Or cela n’a pas été le cas. Très peu de lotissements ont bénéficié de la contribution d’un architecte ou d’un paysagiste dans leur conception. Pourtant, et saluons l’engagement des élus locaux qui l’ont permis, des exemples existent et montrent des lotissements avec des mitoyennetés en continuité  de la trame urbaine existante. Pour généraliser cette pratique vertueuse, il faut aller plus loin et c’est ce que fait le projet de loi sur la liberté de création, l’architecture et le patrimoine (CAP).

 

Sans corporatisme

 

Si, parce que la profession est réglementée, c’est le recours à l’architecte qui est inscrit dans la loi, c’est sans préjudice des autres acteurs de la conception. En aucun cas, la loi ne réserve aux seuls architectes les missions de maîtrise d’œuvre. Ils seront la figure de proue qui entraînera avec elle, les paysagistes et toutes les compétences indispensables à l’accroissement de la qualité de l’aménagement des territoires : urbanistes, environnementalistes actuellement absents de l’immense majorité des permis d’aménager déposés. Les architectes ne peuvent rien seuls, ils en sont conscients ; ils peuvent défricher et ouvrir la voie. Ce n’est pas un quelconque monopole que nous revendiquons, c’est le droit à l’urbanité, à une excellence de l’architecture ordinaire pour des centaines de milliers de maisons individuelles construites chaque année ; c’est le droit au ménagement des paysages et des terres agricoles. Les corporatismes n’ont pas lieu d’être. Face à un enjeu de cette importance, ne nous divisons pas car nous avons tous le même objectif, et les architectes proposent d’élaborer ensemble une charte pour la conception des lotissements avec toutes les compétences réunies au service de la qualité du cadre de vie.

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