Performance énergétique

Performance énergétique : même maison, calculs différents entre France, Allemagne et Suisse

Mots clés : Efficacité énergétique - Réglementation thermique et énergétique

Des différences du simple au double pour exactement le même immeuble : l’harmonisation des méthodes de calcul de la performance énergétique entre France, Allemagne et Suisse est encore un vœu pieu.

Le constat résulte du travail de Hubert Schwab, professeur  à l’école technique supérieure (Hochschule Technik und Wirtschaft) de Karlsruhe, associé au département génie civil de l’IUT Robert Schuman (Université de Strasbourg) et à l’école supérieure suisse Fachhochschule Nordwestschweiz. Présenté au récent colloque « construction durable dans le Rhin supérieur » du réseau transfrontalier Trion, il a consisté à mesurer la consommation énergétique d’un pavillon des années 1970 selon la RT 2012, les normes allemandes DIN contenues dans un décret sur l’efficacité énergétique de 2009 réactualisé cette année, et la norme suisse SIA 301/1 de référence éditée par le syndicat professionnel national des architectes et ingénieurs. « Les résultats auraient dû être sinon parfaitement concordants, du moins très proches, compte tenu que toutes ces références découlent ou s’inspirent directement de la directive européenne sur l’efficacité énergétique de 2002 », souligne Hubert Schwab.

Or les différences sont plutôt flagrantes. S’agissant des besoins en énergie primaire, le résultat varie de 232 Kwh/m2 avec la RT 2012 à 455 Kwh/m2 en Allemagne, la Suisse se situant à mi-chemin. Si la consommation de chauffage concorde entre Allemagne et Suisse, la France se démarque par une valeur nettement plus faible.

 

Facteur d’énergie primaire

 

L’explication vient notamment des variations du facteur d’énergie primaire d’un pays à l’autre, selon le type d’énergie. Pour l’électricité, la Suisse retient un facteur 2 contre 2,6 pour ses deux voisins, alors que pour le bois, l’Allemagne se distingue par sa valeur 0,2 contre 0,7 ou autour pour la SIA 380/1 et la RT 2012.  

 La seconde étape du travail n’a pas gommé les différences, au contraire. « Nous avons cherché à prendre en compte au maximum  les pertes par transmission et par ventilation, ou à l’inverse les gains internes de chaleurs et les apports solaires. Mais l’hétérogénéité règne pour ces valeurs également », constate l’enseignant-chercheur. Les références mêmes de mesure ne sont pas identiques, par exemple pour les ponts thermiques.

L’exercice est biaisé en fait dès le départ, notent les auteurs…car la simple mesure de la surface de l’habitation aboutit à des valeurs significativement différentes : la Shon française débouche sur 286 m2 quand la Suisse parvient à 260 m2 et l’Allemagne à 238 m2.

 

Convergence dans les basses consommations énergétiques

 

Le futur apporte toutefois sa note d’espoir : le rapprochement viendra des nouvelles exigences de performance énergétique, constate le professeur Schwab. Les propositions de rénovation de la maison étudiée aboutissent à des résultats de plus en plus proches au fur et à mesure que le degré de performance exigé augmente, constate-t-il. Ils deviennent presque équivalents pour un bâtiment passif.

Cette convergence a été confirmée par l’exercice de comparaison entre la HQE française, le DGNB allemand et le Minergie-Eco suisse, auquel s’est livré Sandrine Braymand, maître de conférences à l’IUT génie civil Robert Schuman de Strasbourg.  Ce travail démontre qu’au-delà des différences apparentes, la classification répond à des logiques proches. « Les six catégories du DGNB se retrouvent peu ou prou dans les quatre familles de la HQE. Il en va de même pour les notions inhérentes à Minergie-Eco de confort, d’efficacité énergétique, de santé (faibles nuisances sonores, qualité de l’air intérieur…) ou d’écologie du bâtiment », souligne Sandrine Braymand. L’enseignante a retenu  l’exemple précis de la cible 2 de la HQE (choix intégré des procédés et produits de construction) pour montrer ses similitudes avec les attentes de DGNB et Minergie-Eco.

Autres points communs aux labels : leur caractère volontariste (les maîtres d’ouvrage prennent l’initiative de le solliciter) et leur recherche d’une hiérarchisation. Ainsi, les distinctions entre niveaux  or, argent et bronze du DGNB font écho aux trois paliers très performant – performant – de base de la HQE.

 

En savoir plus :

http://www.trion-climate.net (lien vers le téléchargement des présentations)

 

 

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    On se sent bien dans l'à peu prêt

    Bonjour, Je n’ai pas vraiment le temps ces jours-ci. Mais il me faut répondre sur ce sujet qui m’inquiète au plus haut point. Pour moi, la France est en retard, malgré sa longue expérience, son haut niveau de technicité dans le secteur du bâtiment. Or, Nous n’arriverons pas à « défriloriser » aussi bien les acheteurs que les constructeurs tant que nous continuerons à construire / rénover des bâtiments voués à l’obsolescence dans le deux ans suivant leur construction / rénovation !!!! Réveillons-nous, ou nous serons bientôt tout en bas de l’échelle du savoir faire. Nous n’en sommes déjà pas si loin, malheureusement. Je me répèterais en disant : « recherchons la perfection, nous atteindrons au moins l’acceptable ». Aujourd’hui, dans notre secteur, je ne vois que de l’à peu prêt, partout… partout… ou presque. Cordialement. Fernando TOBIAS
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