Entreprises de BTP

Pénurie de carburant : les entreprises de BTP vers la panne sèche

Mots clés : Carburant - Entreprise du BTP - Monde du Travail

Les blocages des raffineries mettent une partie des stations-service au régime sec. Pour leurs chantiers, leurs déplacements et leurs approvisionnements, les professionnels du BTP s’alarment. Certains envisagent même le chômage partiel.

Si les grévistes qui bloquent les raffineries françaises avaient pour ambition de perturber l’économie du pays, leuir succès semble en bonne voie. Au-delà des salariés plus ou moins gênés pour rejoindre leur lieu de travail en voiture, la pénurie de carburants conduit une partie des entreprises à fonctionner au ralenti dans les transports, l’industrie, mais aussi le secteur de la construction.

La Fédération française du bâtiment (FFB) enjoint même le gouvernement à prendre des mesure d’urgence. « Au moment où le secteur connait quelques signes de reprise, la pénurie qui s’annonce risque de conduire à une rupture d’approvisionement des matériaux, au ralentissement de l’activité voire à le fermeture de certains chantiers », indique la FFB dans un communiqué du 24 mai.

Même constat alarmiste du côté de la Capeb : « La pénurie d’essence fait déjà sentir ses effets dans de nombreuses régions avec un impact direct sur les conditions de travail des artisans du bâtiment ». L’oganisation professionnelle pointe du doigt les disparités régionales et précise que le Nord et l’Ouest de la France sont les plus touchés. A l’inverse, certaines régions apparaissent encore relativement épargnées par le manque d’essence.

 

Trajets et approvisionnements perturbés

 

Dans certaines zones frontalières, les professionnels -comme les particuliers- n’hésitent pas à faire un crochet par l’étranger pour faire le plein. C’est le cas dans le Nord de la France où les artisans et entrepreneurs pallient les faibles réserves de certaines de leurs stations en allant se ravitailler en Belgique. Conséquence : les ventes de carburants décollent outre quiévrain.

 

 

Comme le montre la carte ci-dessus tirée de l’application Essence, de nombreuses stations services sont à sec dans l’Ouest, où les difficultés commencent à traîner en longueur. Certaines entreprises tirent donc la langue. « Une dizaine d’adhérents nous a contactés depuis quelques jours, les premiers dès la fin de la semaine dernière, indique la FFB d’Ille-et-Vilaine. Certains se retrouvent bloqués pour se rendre sur les chantiers. » Ici comme ailleurs, le manque de carburants conduit à des perturbations sur les trajets professionnels, à du temps perdu dans les files d’attente dans les stations-services et à des difficultés dans les trajets domicile-travail.

Heureusement, les entreprises disposent parfois de cuves à fuel et à gasoil, qui permettent de pallier la pénurie pendant un temps. D’autres trouvent des arrangements avec des transporteurs. Mais les perturbations concernent toute la filière. Un entrepreneur de travaux publics breton voit ses approvisionnements en enrobé menacé de tarissement, la centrale ayant annoncé qu’elle ne serait plus en mesure de le fournir. Les cinq salariés qui s’occupent habituellement de l’enrobé se retrouvent donc désœuvrés. Une situation qui ne peut durer qu’un temps.

 

Vers le chômage partiel

 

Privées d’activité, ces entreprises envisagent même le chômage partiel. Une solution qui permet à l’employeur de voir sa masse salariale diminuer et aux salariés de rester payés. Certains entrepreneurs locaux ont déjà rempli leur déclaration préalable dans la perspective d’un mouvement qui s’inscrirait dans la durée.

Sollicitée par les acteurs locaux dès fin de semaine passée, la préfecture d’Ille-et-Vilaine a confirmé que la situation actuelle permettait bien de bénéficier de ce dispositif : « les arrêts d’activité consécutifs à des difficultés d »approvisionnement en énergie constituent une circonstance exceptionnelle pouvant ouvrir droit au bénéfice de l’activité partielle en cas d’interruption de fonctionnement de l »entreprise », at-elle répondu à la FFB 35, qui a sensibilisé ses adhérents sur le sujet. La Direccte, qui valide les demandes de chômage partiel, devrait donc accepter les demandes des entreprises à l’arrêt pour cause de réservoirs vides.

Enfin, les problèmes d’approvisionnement en carburants peuvent contrarier l’exécution de certains marchés de travaux. Là encore, les entreprises sont appelées à se montrer vigilantes et à réagir sans tarder. Qu’il s’agisse d’un marché publics ou d’un marché privé, l’entreprise doit rapidement signaler ces difficultés au maître d’œuvre et au maître d’ouvrage afin d’obtenir un délai.

Sytème D, appels aux pouvoirs publics, procédures administratives… Les entreprises de BTP n’ont plus de produits pétroliers, mais elles ont des idées.

 

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  • - Le

    Vivement le retrait de la loi !

    Plutôt que d’envoyer la police débloquer les raffineries le gouvernement ferait sans doute mieux de tenir compte de l’avis général et de supprimer cette loi qui nuit à tous… Car si les raffineries ne sont plus bloquées les trains continueront à l’être. Puis ce sera le tour des chantiers ou des fournisseurs de matériaux, qui sait ?
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