Entreprises de BTP

«Pentagone français» : une affaire peut en cacher une autre

Le PPP du futur «Pentagone français» à Balard (Paris XVème) a nécessité l’élaboration de trois documents de consultation des entreprises (DCE) successifs. Ce qui réduit l’intérêt pour Bouygues d’en avoir connaissance en avance. En revanche, une «affaire Balard» semble bien exister. Elle concerne deux chantiers de rénovation menés à proximité.

L’affaire du «Pentagone français»  (Balard, Paris XVème) se dégonfle-t-elle ? En tout cas, elle ne semble pas de nature à remettre en cause le méga partenariat public-privé (3,5 milliards d’euros, 30 ans) signé entre le ministère de la Défense et «Opale Défense», le groupement conduit par Bouygues Bâtiment Ile-de-France. Selon une information du Canard Enchaîné, le major du BTP est soupçonné d’avoir eu accès avant ses concurrents au «cahier des charges» du marché. Une notion assez imprécise si l’on considère la complexité du marché où, pour la première fois dans un partenariat public-privé (PPP), une compétition architecturale avait été intégrée. Chaque groupement candidat a proposé trois esquisses avec chacun trois architectes. Ensuite, une commission architecturale a retenu un projet par groupement et le dialogue compétitif s’est alors engagé.

 

Trois DCE successifs

 

A chaque étape majeure de la procédure, un DCE (dossier de consultation des entreprises) a été élaboré. Selon nos informations, le troisième et dernier l’a été dans la nuit du 11 novembre 2010 pour être aussitôt transmis aux entreprises. Un document de consultation unique et commun, même si chaque entreprise avait travaillé avec des équipes de conception différentes. Certes il n’est pas inconcevable qu’un élément ait pu circuler (certains documents sont communs aux trois DCE successifs). Mais de là à conférer un avantage significatif à l’heureux possesseur…

A plusieurs reprises, le ministère de la Défense a indiqué ne pas avoir été mis au courant d’une éventuelle enquête judiciaire sur le PPP de Balard. Au vu de l’enjeu du projet (regrouper en un seul lieu les états-majors des trois armées, l’administration centrale du ministère de la Défense et le cabinet du ministre), on peut s’étonner que le secret ait été aussi hermétiquement gardé. Sauf si…

 

L’autre «affaire Balard»

 

Sauf si l’affaire était de moindre ampleur et concernait, non pas le PPP du ministère, mais deux tours actuellement en rénovation sur le même site de Balard. En l’occurrence, les tours DGA et F de la Cité de l’Air dont le ministère de la Défense est également maître d’ouvrage. Les appels d’offres ont été passés «classiquement», en loi MOP, mais l’exploitation des bâtiments sera confiée à Bouygues dans le cadre du partenariat public-privé signé.

Au vu du nombre de lots traités et de sous-traitants impliqués sur ces chantiers, il devient plus plausible qu’une entreprise ait bénéficié d’informations privilégiées sur une des deux tours, voire sur les deux. Plusieurs sources laissent même entendre que cette deuxième affaire pourrait dépasser le strict cadre de ces deux chantiers. De sorte que si une «affaire Balard» existe bien, son centre de gravité est en train de significativement se déplacer.

 

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