Economie

Pénibilité, HLM, centres-bourgs… : aux 24 heures du bâtiment, Emmanuel Macron répond aux entrepreneurs

Mots clés : Gouvernement - Hygiène et sécurité du travail - Logement social

Porte Maillot, le chef de l’Etat s’est prêté au jeu des questions-réponses avec les 4 000 entrepreneurs présents au grand rassemblement de la FFB. Extraits.

Sur la pénibilité

Emmanuel Macron : « C’est une réforme de justice, mais nous avons simplifié les règles. L’ensemble des textes d’application de cette réforme sera publié d’ici la fin de l’année. Vous aurez une visibilité pleine et entière. »

 

Sur les centres-bourgs

Armel Lecompagnon s’inquiète de la préservation des centres-bourgs

Emmanuel Macron : « J’ai demandé au ministre Mézard de porter une stratégie sur les centres-bourgs, les villes périphériques, les petites villes.

Sur la taxe d’habitation, notre politique de suppression pour 80 % des ménages est non seulement une mesure de justice sociale, mais aussi territoriale, car les petites villes ont des taxes plus élevées, car c’est le seul moyen pour les petites villes d’avoir de l’argent. D’où ma demande d’une compensation intégrale par l’Etat, avant un changement profond de la fiscalité locale. Le Fisac est tombé ces dernières années en attrition. Nous devons le mettre en cohérence avec les départements, les communes, les régions, à l’échelle de toute un quartier. C’est une stratégie que je souhaite concerter avec les acteurs. Je salue l’engagement qui est pris avec Action Logement car accompagnera le travail de l’agence de la cohésion des territoires. »

 

Sur le monde HLM

Jacques Chanut : « Le monde du bâtiment est solidaire du monde HLM, qui représente 12 % de notre activité. Avec Action Logement, nous sommes dans une démarche très positive de coopération et de collaboration. Nous souhaitons vraiment que tout le monde retrouve sa sérénité. Vous pouvez compter sur nous pour trouver une solution. Cette petite musique de fonds « si on n’a plus les moyens, on ne rénovera pas » ça nous inquiète. »

Emmanuel Macron : « Je suis heureux de voir le président Jean-Louis Dumont autour de la table. Je veux vraiment qu’une solution soit trouvée. J’ai demandé aux ministres de recevoir tous les acteurs et de trouver une solution intelligente. Aujourd’hui nous ne sommes pas dans une logique intelligente et satisfaisante sur le logement. Beaucoup d’entre vous disent « on veut baisser les charges ». Si on regarde les dépenses publiques, le logement social est un secteur où on dépense beaucoup. On a corrigé nos inefficacités collectives par de la dépense publique. Il faut changer le logiciel dans le secteur du logement social. On met de la dépense publique, légitime dans le secteur HLM, c’est une politique que l’on continuera à avoir. Mais on met aussi beaucoup de dépenses publiques pour solvabiliser les ménages qui sont dans ces logements. On est le pays en Europe qui est quasiment le moins efficace pour le traitement des mal-logés !

Il y a d’abord la stratégie logement, qui vise à investir dans le logement des plus démunis de manière plus durable. Je veux que l’on ait ensemble une réflexion sur la mobilité, on veut un parc HLM qui investisse d’avantage dans le parc. Car il n’y a pas assez de constructions. J’entends le message de Jean-Louis Dumont qui dit que l’on va fragiliser des offices HLM. Mais il y a trop d’acteurs, il faut des regroupements, il faut accompagnement ce travail en deux trois ans. Il n’y a pas de bonne circulation du capital. Il y en a qui ont des trésors. Ils gardent les gens au dessus du plafonds, ils ne leur construisent pas de parcours résidentiel.

Je souhaite une analyse très honnete d’accompagnement : on recapitalise les organismes les plus fragiles. J’ai demandé qu’un di algogue s’ouvre pour aller dans ce sens. Une politique plus volontariste, plus juste et plus responsable. Ca ne se fera pas dans la brutalité comme un couperet, on vous aidera sur deux à trois ans. »

 

Sur le RSI

Emmanuel Macron : « Le RSI partait d’une bonne intention, demandée par les indépendants. Simplement, il a été un accident industriel. Je le dis avec beaucoup de respect pour l’administration qui a géré le RSI, mais le RSI a créé de vrais problèmes : retards dans la liquidation des pensions, remboursements mal faits, huissiers qui débarquent chez soi alors que l’on a déjà payé… J’ai pris l’engagement de la suppression du RSI au 1er janvier. La gestion des indépendants sera adossée au régime général, tout en gardant les allègements existants qui touchent les indépendants. Il faut être clair car les messages ont parfois été brouillés.

Dès l’année prochaine indépendants bénéficieront d’une baisse de 3,1 points des charges salariales, et l’année d’après 6 points des charges patronale qui vont avec le CICE. D’ici deux ans, ce sont donc en tout plus de 9 points de charges qui vont baisser ! »

 

Sur les normes

Max Roche, président d’EGF-BTP, interpelle M. Macron sur les normes

Emmanuel Macron : « On a mis un cerbère de la norme avec la pose normative. Aucune norme additionnelle ne sera prise, et on essaie d’en supprimer, car beaucoup de normes ne sont pas atteignables.

Avec les normes sismiques, une partie d’un département peut avoir un risque, et tout le département est mis en zone sismique. Ces normes sont trop sévères dans les zones à faible enjeu. Surtout qu’elles représentent 2 % du coût de construction !
Concernant les normes accessibilité, j’ai demandé à avoir une discussion apaisée avec associations, gouvernements, professionnels du bâtiments. On souhaite 100 % de logements adaptables par travaux de déplacements de cloisons, c’est plus pratique et ça baisse massivement le coût de production. Il faut mettre beaucoup de pragmatisme. »

 

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    Grosse claque pour Hulot : l'état continue à financer le chauffage au fioul

    On y a cru… pas longtemps. Hulot a sorti le fioul du CITE (crédit d’impôt pour la TRANSITION ECOLOGIQUE), Macron l’a fait vite rentrer, et en déclarant « il ne faut pas arrêter certaines chaudières fioul respectueuses de l’environnement ». Changer une chaudière fioul classique par une chaudière fioul condensation dans une maison « standard », c’est consommer 40 000 à 50 000 litres de fioul et émettre 200 t de CO2 pendant les 20 prochaines années. Au moins, à minima, M. Macron, maintenez un taux différencié favorable et incitatif aux vraies énergies renouvelables et propres ! 30% pour le solaire et le bois, 15% ou moins pour les autres sources d’énergies.
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