Paysage

Paysage : menace sur l’école de Marseille

Mots clés : Contrat de projet Etat-région - Gouvernement - Lutte contre l'exclusion

Une menace de fermeture plane sur l’établissement marseillais de l’Ecole nationale supérieure du paysage de Versailles. Dans la perspective du contrat de plan Etat régions 2015-2020, le ministère de l’agriculture, administration de tutelle, indique qu’il n’a pas retenu l’hypothèse de pérenniser l’antenne créée en 1993.

Par une motion signée le 25 novembre en réaction contre la menace de fermeture qui pèse sur l’établissement marseillais de l’Ecole nationale supérieure du paysage, les enseignants élus dans son conseil d’administration ont justifié la suspension des travaux de cette instance. « Nous ne siégerons à nouveau qu’après avoir été entendus par Monsieur le ministre », annoncent-ils. Parvenue à l’école à la veille du conseil d’administration du 25 novembre, sans concertation préalable, la position du ministère de l’Agriculture, administration de tutelle, a fait l’effet d’un coup de massue : « Nous sommes tous consternés. Parmi les collègues et les étudiants, la direction et le personnel, nous n’avons enregistré aucune voix dissonante : il faut résister et propager notre cri », réagit Guerric Péré, responsable de l’enseignement du projet à Marseille et fondateur de l’agence Ilex à Lyon.  

 

Rupture culturelle

 

Seul établissement du sud-est de la France à donner accès au diplôme d’Etat de paysagiste, l’antenne marseillaise de l’ENSP accueille 60 de ses 210 étudiants, qui y suivent la totalité de leur cursus. Elle y dispose de locaux mis à sa disposition par la ville de Marseille, en attendant la concrétisation du projet immobilier de l’Institut méditerranéen des villes et des territoires (IMVT) : l’Ecole nationale supérieure d’architecture de Marseille et l’Institut d’urbanisme d’Aix-en-Provence prévoient de regrouper leurs moyens dans un seul établissement, partagé avec l’école du paysage. Signe d’un ancrage local encouragé jusqu’ici par l’Etat, la mission interministérielle pour la métropole d’Aix-Marseille associe l’antenne de l’ENSP au pilotage des études qui nourrissent les projets des élus locaux. Selon les enseignants signataires de la motion, la fermeture créait un risque de « rupture politique et culturelle avec le monde méditerranéen ». Ils soulignent l’importance d’une expertise française pour pérenniser et renouveler un héritage paysager menacé par les pressions urbaines, l’évolution climatique et la déprise agricole.

 

Plan de recentrage

 

Pour l’administration de tutelle, la priorité au site de Versailles justifie la fermeture de Marseille. Dans le courrier adressé le 24 novembre au directeur de l’école, le cabinet du ministre de l’Agriculture rappelle que d’importants travaux « font l’objet d’un effort financier et d’un accompagnement particulier du ministère de l’Agriculture, de l’alimentation et de la forêt ». Cet engagement justifierait la mise en œuvre d’un « plan de recentrage de la formation initiale des paysagistes sur Versailles ». Le rayonnement méditerranéen ne reposerait plus que sur des partenariats pédagogiques avec l’IMVT.

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