Paysage

Paysage : Les Nouveaux talents entre mémoire et prospective

Mots clés : Aménagement paysager - Architecture

L’association du bal des paysagistes et de la remise des prix annuels des « nouveaux talents » a fait mouche : le 25 novembre devant un échantillon représentatif de toute la filière paysage, la maison de l’architecture d’Ile-de-France a fait le plein de ses capacités pour honorer et fêter les trois lauréats de la quatrième édition de la compétition entre les jeunes diplômés des écoles françaises de conception paysagère.

La revitalisation d’un territoire en proie à la désertification a convaincu le jury des Nouveaux talents : titulaire du premier prix de la quatrième édition de ce concours qui sélectionne les meilleurs travaux de fin d’études issus des six écoles reconnues par la fédération française du paysage, Florine Lacroix s’est intéressée à la bande verte de 200 km qui court le long de l’Oued Draa, entre l’Atlas et le Sahara, dans le sud du Maroc. Comment ranimer « ce jardin de 26 000 hectares qui s’efface en désert », selon l’expression de la jeune diplômée de l’Ecole nationale supérieure du paysage de Versailles ? Et comment améliorer l’habitabilité de Zagora, la ville nouvelle dont la construction, au centre de ce territoire, a cru pouvoir s’affranchir du contexte géographique ?

 

Accompagner les mutations

 

Florine Lacroix analyse les facteurs humains et climatiques qui concourent à l’effacement de l’oasis : surpâturage, extension des cultures et déboisement d’un côté, action du vent, de l’eau et de la poussière de l’autre. Intitulé « Lisière de désert », son projet propose d’accompagner la mutation à travers trois types d’interventions : « Accueillir la poussière », « planter la lisière », et « jardiner l’effacement ».

Autres résultantes des forces de la nature et de l’action des hommes, l’érosion du littoral aquitain et la monté des océans ont inspiré Nicolas Chanvin, diplômé de l’Ecole nationale du paysage de Blois, désormais intégrée à l’Insa. Comme sa congénaire Florine Lacroix, le titulaire du second prix des Nouveaux talents propose d’accompagner la mutation : de 2020 à 2050, dans l’estuaire de la Charente, il déconstruit et reconstruit le site de l’isthme qui sépare Rochefort et Tonnay-Charente. Son travail a recueilli la mention spéciale des parrains du prix (Sopranature, CEA, ID Verde, UPM Profi, GHM-Eclatec et Paysage-TV), parmi lesquels plusieurs nouveaux venus à l’occasion de cette quatrième édition.

 

Sous la finance, l’histoire

 

A l’anticipation des mutations climatiques qui caractérise les deux premiers prix, le troisième lauréat oppose la résurgence de l’histoire : comment la ville romaine peut-elle offrir aux traders de la City de Londres une chance de s’évader de la dictature de l’immédiat ? En recomposant le quartier comme un musée avec ses tableaux et son itinéraire de visite, Clara Bompart, diplômée de l’Ecole supérieure d’architecture et du paysage de Lille, reconnecte les vestiges archéologiques de la ville romaine, les bureaux et l’îlot de logement du quartier.

« Que d’intelligence ! », s’est exclamé Luc Le Chatelier, journaliste à Télérama et président du jury, au moment de proclamer le palmarès qui a départagé cinq finalistes sélectionnés par une commission technique, parmi 27 candidatures. Initiateur de l’événement en sa qualité de président de la fédération française du paysage (FFP), Jean-Marc Bouillon s’est réjoui du « grand moment de fraîcheur » partagé par les jurés. Il a salué l’unité entre les écoles de la profession, malgré l’épreuve que traverse l’Ecole supérieure d’architecture des jardins (Esaj), dont l’évolution en cours doit lui permettre de rejoindre les formations initiales donnant accès au Diplôme d’Etat de paysagiste et au nouveau statut de paysagiste concepteur : « L’Esaj, on y tient ! », a-t-il lancé.

 

Souffle unitaire

 

Message implicite du lieu de la proclamation du palmarès et de la fête qui a suivi, le souffle unitaire franchit les frontières de la profession pour s’étendre à l’architecture : « Proches de nous, les paysagistes nous enrichissent par leur capacité à appréhender la variété des échelles », se félicite Philippe Croisier, membre du jury et vice-président de la maison de l’architecture d’Ile-de-France.

 

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