Energie

Passeport pour l’efficacité énergétique : « The Shift Project » passe à l’action

Mots clés : Efficacité énergétique - Etat et collectivités locales - Réglementation thermique et énergétique

Après plus d’un an de travail, le Passeport Efficacité Énergétique développé par le think-tank « The Shift Project » est opérationnel. Il va être expérimenté à partir d’octobre dans plusieurs régions et grandes agglomérations.

En testant à partir d’octobre son Passeport Efficacité Énergétique, The Shift Project en partenariat avec Effinergie envoie un message clair, il est possible dès aujourd’hui d’accélérer la rénovation d’un bâtiment. Et c’est en tout cas ce qu’il entend démontrer à travers des expérimentations territoriales. L’objectif affiché du Shift Project est aussi que cet outil s’inscrive dans un cadre réglementaire. Un premier pas a été franchi avec l’adoption d’un amendement au projet de loi sur la Transition Energétique qui instaure un « carnet de santé numérique » du logement. Mais pour Brice Maillié, chef de projet, il ne va pas assez loin puisqu’il stipule l’obligation pour toute construction neuve à compter du 1er janvier 2017 et pour tous les logements faisant l’objet d’une mutation à compter du 1er janvier 2025 ; un rapport pour son application à tous les logements existants est d’ailleurs demandé (voir notre article).

 

Portail Internet

 

Que cela ne tienne, l’outil présenté par le think-tank le 30 septembre à quelque 180 professionnels, institutions, collectivités va bien au-delà de ce que prévoit le projet de loi sur la Transition Energétique. « Il est le fruit de plus d’une année de réflexions du groupe de travail « Efficacité énergétique des bâtiments » du think-tank », souligne Luc Mallié qui avait promis fin juin la mise à disposition rapide d’un outil en ligne pour matérialiser le passeport (voir notre article) . C’est désormais chose faite avec le lancement d’un portail Internet qui se veut à la fois instrument pédagogique, collaboratif, d’aide à la décision et évolutif (le projet d’un ménage vit tous les jours, l’outil doit donc prendre en compte ces évolutions). Il permettra de définir une trajectoire de travaux à réaliser pour chaque logement. En faisant appel à cette plateforme en ligne, il sera possible de :
– visualiser simplement les bénéfices d’un projet de rénovation sur la facture d’énergie,
– planifier les travaux puis d’en suivre l’impact,
– faciliter le dialogue entre les ménages et les professionnels,
– fournir les données statistiques indispensables aux pouvoirs publics.

 

Facile à mettre en œuvre

 

Concrètement, à partir du 30 octobre, les ménages pourront initialiser leur passeport sur le site www.passeport-efficacite.energetique.fr, faire appel à un auditeur qualifié pour les préconisations de travaux à travers une visite technique d’environ 4 heures. A l’issue de cet audit (400 euros, seul coût à débourser pour le ménage) seront proposées une ou plusieurs combinaisons de travaux sur les 23 prédéfinies d’ores et déjà par le think-tank pour les maisons individuelles (le principe est le même pour les logements en copropriétés). Un échéancier de travaux, une projection de consommation et une estimation budgétaire seront également donnés à ce stade aux ménages. Le dernier volet consiste dans la réalisation d’un devis effectué par un professionnel qualifié RGE faisant une offre sur les combinaisons proposées (ou variante sous réserve d’un niveau de performance équivalent). Au terme de cette démarche, le logement atteindra un niveau de performances classe B. En outre le passeport gardera la trace de chacune des interventions.

« Notre ambition n’est pas de monétiser la plate-forme, mais d’encourager son déploiement et de soutenir un maximum d’opérations pilotes en région, affirme Brice Mallié. Il ne s’agit pas de décalquer partout un même modèle. Au contraire l’outil que nous proposons a vocation à s’adapter aux écosystèmes en place et à permettre un véritable changement d’échelle ». Et c’est justement l’enjeu de cet outil : pouvoir se connecter à d’autres dispositifs déjà en place, comme la plateforme de rénovation CoachCopro® développé par l’Agence Parisienne du Climat, qui va d’ailleurs expérimenter le passeport sur Paris.

The Shift Project en est convaincu : « Pour espérer atteindre l’objectif de 500 000 rénovations par an fixé par le gouvernement, le déploiement d’outils performants doit accompagner la mise en place de mesures réglementaires ». Reste qu’en attendant, il faudra convaincre car aujourd’hui les travaux en faveur des économies d’énergie ne sont pas une priorité pour les Français et donc entrer par d’autres portes que l’efficacité énergétique ; par exemple la valeur patrimoniale du bien, une notion sur laquelle travaille aussi le think-tank.

 

 

 

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