Paysage

Pascal Cribier, un jardinier disparaît

Mots clés : Aménagement paysager

Le paysagiste français est mort début novembre, à l’âge de 62 ans. Décrit comme un professionnel au parcours et aux pratiques atypiques, il disait que son métier, « jardiner », c’était « abîmer la nature ».

De Pascal Cribier, il a été dit qu’il était un paysagiste « hors des normes », que son parcours n’était pas classique mais aussi qu’il était assurément le « jardinier le plus excitant » de son époque. L’homme s’est donné la mort, dans la nuit du 3 au 4 novembre dernier, à son domicile parisien. Il était âgé de 62 ans.

Né en 1953 à Louviers, dans l’Eure, Pascal Cribier ne s’est pas d’emblée intéressé à la nature… mais à la voiture. Dans un abécédaire qu’il avait établi en 2008 pour le magazine « AMC », il racontait ainsi avoir « été passionné de kart. Si bien que je me suis inscrit à 14 ans au lycée technique automobile d’Argenteuil ». Assez doué pour la mécanique en particulier mais pas pour les études en général, il avait néanmoins été admis, quelques années plus tard, aux Beaux-Arts, à Paris, en présentant des dessins d’automobile. En 1978, il en était ressorti architecte DPLG. Mais ce n’est pas ainsi qu’il se présentait. Ni comme paysagiste, d’ailleurs. « C’est finalement comme jardinier qu’il se reconnaissait le mieux », a rappelé Fleur Pellerin, la ministre de la Culture, après la disparition de Pascal Cribier, dans le texte d’hommage.

 

Varengeville

 

Des jardins, Pascal Cribier en a sans doute dessiné quelque 180, publics ou privés, en trente années de carrière. Et sous des latitudes diverses. A Paris, dans les années 1990, il a été, avec son confrère Louis Benech, de l’équipe qui a réaménagé le jardin des Tuileries. Mais il a aussi aménagé le motu Tane, un îlot de 4,5 hectares de l’atoll de Bora-Bora, en Polynésie française, ou encore un ranch dans le Montana, aux Etats-Unis. Mais pour beaucoup, sa création la plus marquante semble avoir été son propre jardin, à Varengeville-sur-Mer (Seine-Maritime), un paysage qu’il a façonné pendant des années, à la main, dans une propriété qu’il avait achetée avec deux amis.

De son métier, il disait, encore dans « AMC », que c’était faire œuvre « d’artifice. » Et de poursuivre : « pour réaliser un jardin, les paysagistes cherchent à dompter la nature ; ils s’efforcent de la contraindre et de la maîtriser ». Jardiner, en somme, c’était « abîmer la nature », disait-il par ailleurs. Voilà sans doute pourquoi, il refusait les allées rectilignes et les parterres impeccables. « Parfois, on se demande où est intervenu Cribier », écrivait « Le Monde » en 2009. Il « n’est pas là pour masquer à coups de fleurs les mochetés des villes. Ce n’est pas un décorateur », renchérissait « Libération ». Et l’année précédente, alors que le jardinier exposait son travail à Paris, à l’Espace EDF Electra, il expliquait simplement, au « Moniteur » : « j’ai la prétention de dire que les jardins nous font prendre conscience de la fragilité du vivant. »

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