Energie

Pas de rénovation thermique sans vérité des prix de l’électricité

Mots clés : Electricité - Energie renouvelable - Gouvernement - Politique énergétique

« Le plan de rénovation thermique des bâtiments est le grand défi du quinquennat de François Hollande » sur le plan de la transition énergétique, a estimé Jean-Louis Bal, le président du Syndicat des énergies renouvelables, le 29 janvier, lors d’un colloque sur cette même transition organisé par le Club Energie & Développement. Reste que son financement « est très compliqué ».

Quelque 10 à 15 milliards d’euros par an, l’équivalent de ce qu’il va falloir investir dans le système électrique national : sur le plan économique, l’efficacité énergétique a tout d’une grande source d’énergie nouvelle, rappelle Pascal Dupuis de la Direction générale de l’Energie et du Climat. Mais sa mise en place à la hauteur voulue fait peiner les ministères dans la recherche d’un financement optimal. Premier impératif pour Jean-Louis Bal : « se reposer la question de la vérité des prix de l’électricité. On ne pourra pas faire les investissements avec les niveaux de prix actuels. La vérité des prix est la première condition pour la rénovation thermique des bâtiments ». Les chiffres sont là, donnés par Marc Benayou, directeur du marché Entreprise et Professionnels d’EDF : alors qu’en France, la consommation d’électricité par logement est passée de 3 000 à 4 000 kWh, hors chauffage, depuis 15 ans, en Allemagne, elle est restée stable à 3 000 kWh. Dans le même temps, le prix en France a été ramené de 150 euros le MWh (abonnement compris) à 140 € ; en Allemagne, il est passé de 160 à 253 €. Les Allemands ont compris la force du signal prix, signale Marc Benayoun. C’est vrai, reconnaît à son tour Pascal Dupuis, que le prix a un impact sur la consommation. La loi qui sera issue du débat sur la transition énergétique devra « être courageuse sur la question des prix », estimera plus tard le sénateur EELV, Ronan Dantec, concédant que « ce n’est pas facile ».

De même, estime encore Jean-Louis Bal, « si l’on ne donne pas une valeur au carbone, cela va être très compliqué de mener à bien ces programmes ». Plus que des subventions, il préconise, d’autre part, « surtout du crédit sur des temps longs, qui ne soit pas lié aux propriétaires mais aux bâtiments ». Enfin, prêchant quelque peu pour sa paroisse, le président du SER estime que l’on ne peut plus dissocier la part efficacité énergétique de la part amélioration des équipements, et donc intégration des énergies renouvelables. Pascal Dupuis n’est pas tout à fait en phase : « ce qu’on générera avec les énergies renouvelables, ce ne sont pas des économies d’énergie ». De même, pour le chef du service Efficacité énergétique de la DGEC, la rénovation thermique n’implique pas nécessairement 100 % d’économies d’énergie, un objectif qui nécessiterait quelque 30 000 euros d’investissement par logement. « On peut faire des économies à un niveau décent et avec un temps de retour qui ne soit pas supérieur à 20 ans », plaide-t-il.

 

Omerta sur les certificats d’économies d’énergie ?

 

Les intervenants de cette table ronde sur le thème « Comment imposer l’efficacité énergétique ? » prononceront-ils le mot certificats d’économies d’énergie ? L’assistance s’interroge. C’est en réponse à une question que les uns et les autres se voient contraints ou ravis de prendre position. « Nous souhaitons que le dispositif soit assez profondément amélioré s’il est conservé », déclare, sans surprise, Marc Benayoun… Mais ce système largement plébiscité trouve un avocat de poids avec Jean-Louis Bal : « ne cassons pas » les CEE non plus que les autres dispositifs existants !, s’exclame-t-il. Ils ont donné des résultats et créé une dynamique. Relevant ces avis contrastés, Pascal Dupuis reconnait que « les énergéticiens qui ont des prix peuvent plus facilement supporter la charge que ceux qui ont des tarifs ». L’objectif de la 2ème période sera atteint avant le milieu de l’année, indique-t-il. « On peut améliorer le dispositif, plus ou moins profondément », ajoute-t-il. L’assistance y voit comme une promesse que l’essentiel sera conservé.

Et il est vrai que le moment semble malvenu de changer les règles, alors que, comme le rappelle Pascal Dupuis, la consommation d’énergie du pays stagne au même niveau depuis quelques années, encore loin de l’objectif 2020 fixé par le paquet « énergie-climat » européen. « C’est le moment ou jamais d’amorcer la descente », dit-il.

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