Environnement

« Paris doit aller plus loin pour renforcer la place de la nature en ville », Pénélope Komitès, Mairie de Paris

Mots clés : Démarche environnementale - Etat et collectivités locales - Urbanisme - aménagement urbain

La Ville de Paris a lancé l’élaboration d’un nouveau « Plan Biodiversité ». Le programme qui pourrait être adopté début 2017 devra soutenir l’épanouissement de la faune et de la flore dans la cité. Alors que dans son numéro daté du 25 mars, « Le Moniteur » consacre un dossier au mariage du bâti et de la biodiversité, Pénélope Komitès, l’adjointe à la maire de Paris en charge des espaces verts, de la nature et de la biodiversité, rappelle également que la prochaine modification du Plan local d’urbanisme de la capitale contient des mesures qui impacteront la construction.

Il existait déjà un « Plan biodiversité » à Paris. Pourquoi en lancer un nouveau ?

Pénélope Komitès : Pour replacer la nature en ville, le plan mis en place en 2011 avait différents objectifs. Il visait notamment à faire de la biodiversité un élément structurant de l’action municipale en matière d’urbanisme, d’aménagement de l’espace public ou bien d’entretien des espaces verts, bref d’un ensemble de stratégies qui dépassent largement le cadre des seuls parcs et jardins.

Des progrès ont depuis lors été accomplis sur un certain nombre de points. Par exemple, nous avons avancé sur le renforcement des trames verte et bleue qui favorisent les continuités écologiques. Nous allons d’ailleurs pouvoir cartographier des « chemins de la nature ». De même, des nouvelles zones humides ont été aménagées. Une vingtaine de mares ont été créées et une vingtaine d’autres le seront d’ici à 2020.

Nous nous sommes aussi engagés dans le « Zéro phyto ». L’utilisation des pesticides a été réduite progressivement dans les parcs et jardins depuis 2001 et nous y avons mis un terme définitif dans les cimetières depuis un an, au moment de la polémique sur l’utilisation de produits contenant du glyphosate. Nous avons agi là dans un souci de protection de nos agents.

Mais le nouveau plan que nous projetons de créer doit nous permettre d’aller encore plus loin.

 

Quelles sont vos pistes d’amélioration ?

P. K. : Je souhaite par exemple que nous favorisions des éclairages qui impactent moins la vie nocturne des espèces. Un système de LED est actuellement en test au square René Le Gall, dans le XIIIe arrondissement et nous voulons généraliser ce type de dispositifs dans l’ensemble des parcs et jardins de la Ville, ainsi que sur la Petite ceinture. De même, les directions de la Ville de Paris en charge de l’urbanisme et la voirie ou encore nos bailleurs doivent mieux prendre en considération l’impact de leurs interventions. Par exemple, quand une rénovation d’immeuble est en projet, il est souhaitable désormais que l’on fasse le relevé des espèces animales et végétales en présence et que l’on organise le chantier en fonction. Il peut s’agir, par exemple, de programmer le chantier en dehors des périodes de reproduction.

 

La prochaine version du Plan local d’urbanisme ne prévoit-elle pas déjà un certain nombre d’obligations en matière de construction ?

P. K. : La modification du PLU qui sera prochainement soumise au vote du Conseil de Paris [en mai ou en juin prochain, NDLR.] contient en effet des mesures, parfois incitatives, parfois contraignantes, en faveur de la biodiversité. Ainsi devrait être acté le retrait des nouveaux bâtiments par rapport à la voirie afin de favoriser la création de bandes plantées en pieds d’immeubles mais aussi l’installation de murs végétalisés. La végétalisation des toitures doit devenir obligatoire au-delà d’une certaine surface. Enfin un régime dérogatoire sur les gabarits permettra de favoriser le développement de l’agriculture urbaine en rendant plus simple l’installation de serres en toiture.

 

Pour revenir au « Plan biodiversité », comment va-t-il s’articuler avec la loi en cours de discussion au parlement ?

P. K. : L’objectif est de faire adopter ce plan par le Conseil de Paris une fois que la loi aura été adoptée, donc probablement au début de 2017. Et ce quand bien même si le projet de loi n’a, en tout cas à ce stade de sa discussion, pas d’impact sur notre politique en matière de biodiversité. D’ailleurs, nous ne nous interdirons pas d’aller au-delà des dispositions qui seront votées par le parlement.

Toujours est-il que notre plan en est au début de son élaboration et nous commençons par une étape de bilan de nos actions précédentes. Un certain nombre de réunions publiques sont prévues jusqu’à la mi-avril afin que les habitants, les associations, les professionnels, les élus et les membres des services de la Ville prennent part à cet état des lieux précis. Puis ces acteurs seront associés à la conception du nouveau document, qui débutera en juin. Notre objectif, depuis le départ, est en effet de les sensibiliser tous à la nécessité de renforcer la place de la faune et de la flore.

 

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