Etat et collectivités

Panne électrique à la prison de Mont-de-Marsan : 87 détenus transferés

Les syndicats pénitentiaires rejettent la faute sur le partenariat entre l’Etat et le groupe Bouygues qui a construit la prison.

« Un problème technique » a, selon la préfecture des Landes, affecté dimanche 28 décembre au matin les installations électriques de ce centre pénitentiaire, construit par Bouygues et inauguré le 20 novembre par la garde des Sceaux Rachida Dati, ce qui a provoqué « une rupture d’alimentation » touchant « l’éclairage et le chauffage ».
La panne a contraint au transfert des 87 détenus de la prison privées des mesures permettant d’assurer la sécurité des détenus et des surveillants. « Un incident majeur » pour l’UFAP (Union fédérale autonome pénitentiaire). « Nous n’avions plus aucune mesure de sécurité effective, plus de caméra, plus de téléphone, plus de système de communication interne, plus d’ouverture de portes électrique », a précisé le délégué UFAP, Denis Coq. Le gestionnaire de réseau de distribution d’électricité, ERDF, a souligné qu’il s’agissait d’un problème interne à la prison, le transformateur de l’établissement ayant eu un court-circuit.
Alain Prache, directeur adjoint de l’Agence publique pour l’immobilier de la justice (Apij), a évoqué lundi 29 décembre un « problème technique » dans une armoire électrique, dû « vraisemblablement à un défaut de fabrication des matériels ». A la suite d’un court-circuit, le groupe électrogène ne s’est pas mis en marche, a expliqué à l’AFP, M. Coq, affirmant qu' »on s’est retrouvé avec un établissement presque à l’abandon ».
Les autorités ont décidé de procéder au transfèrement des 87 détenus que compte ce centre vers différentes prisons d’Aquitaine, Poitou-Charentes et Midi-Pyrénées.

« Zéro sécurité »
Le syndicat CGT-pénitentiaire a affirmé dans un communiqué qu' »il est anormal que ces établissements qui permettent à des prestataires privés des profits considérables connaissent des dysfonctionnements tels qu’ils mettent en péril la sécurité des personnels et des personnes détenues ». Cette prison, qui doit accueillir à terme 600 détenus, « est construite et gérée par le privé, l’Etat n’étant que locataire et sous contrat de location de 30 ans », a -t-elle déploré. Elle fait partie du plan de construction de nouveaux établissements lancé en 2002. M. Coq a précisé que « même les boîtiers de balisage des issues de secours qui, normalement sont sur des batteries indépendantes ne fonctionnaient plus, il n’y avait plus du tout de lumière, c’était vraiment zéro sécurité ».
Selon lui, les gradés ont dû utiliser leurs portables personnels pour avertir l’administration pénitentiaire et la préfecture de la coupure électrique. Des surveillants se sont retrouvés également derrière des grilles, qui s’étaient fermées automatiquement et ne pouvaient plus s’ouvrir. « Les collègues ont dû se déplacer pour les ouvrir manuellement », a expliqué M. Coq.
Selon lui, cette panne aurait pu engendrer un scénario catastrophe: « au moment du court-circuit, il y a eu début d’incendie au niveau des câblages qui aurait pu engendrer le feu à la prison, alors qu’il n’y avait plus de moyen de communication ni possibilité d’intervenir très rapidement pour évacuer les détenus ». Lundi, des techniciens travaillaient toujours au rétablissement de l’électricité, selon Thierry Alves, adjoint du directeur interrégional des services pénitentiaires.

Adrien Pouthier avec AFP

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