Paysage

Optimisme combatif au congrès des pépiniéristes

« La force combative » sert de slogan au 72ème congrès de la Fédération nationale des pépiniéristes et horticulteurs professionnels (FNPHP), réuni les 23 et 24 juin dans le Beaujolais. Proche d’un record historique, le chiffre de 150 inscrits à chacune des deux journées, soit près de 20 % des adhérents, galvanise le moral de vainqueur des congressistes.

Même si les sujets qui fâchent ne manquent pas et malgré la conjoncture atone, la Fédération nationale des pépiniéristes et horticulteurs professionnels (FNPHP) refuse de céder à la sinistrose : « Ceux d’entre nous qui ont su se remettre en cause, dans la production comme dans la mise en marché, continuent à regarder l’avenir avec confiance », affirme son président François Félix, à la veille du 72ème congrès de l’organisation qui a fêté ses 70 ans l’an dernier. Pour souffler sur cette braise, l’organisation a fait appel à deux conférenciers inattendus : Yves de Montbron, secrétaire national de la ligue des optimistes de France, et Guy Burkhardt, booster de Clients heureux.

 

Formation et recherche

 

La joie des producteurs de végétaux d’ornement trouve une de ses racines dans le territoire qui les accueille : Rhône-Alpes affiche la seconde position française du secteur, tant dans la production, derrière l’Anjou, que dans la consommation, derrière l’Ile-de-France. L’accueil des congressistes à Dardilly, dans un établissement public local phare, parmi les lycées horticoles du ministère de l’Agriculture, concourt à tourner le regard vers les futures forces vives de la profession. A l’immersion dans la formation, les congressistes ajouteront la visite d’un site majeur de la recherche appliquée et du développement : la station expérimentale Ratho, membre du réseau technique de l’horticulture Astred’hor.

 

Paysage et commerce

 

Forte du succès de son « pôle paysage » qui réunit 35 de ses adhérents mobilisés sur la défense du Made in France dans les végétaux plantés dans l’espace public, la FNPHP prévoit de dupliquer la démarche dans un nouveau groupe interne, centré sur la commercialisation. L’incitation au regroupement de pépiniéristes, pour accéder à des marchés de trop grande taille pour un seul d’entre eux, a porté ses fruits : 6 groupements sont nés de cette politique. François Félix se réjouit également de l’aboutissement de l’appel qu’il a lancé en début d’année à l’interprofession sur le Building Information Model : la Commission des métiers du paysage de l’association Val’hor s’est réunie mi-juin pour lancer le groupe de travail destiné à fédérer la filière sur l’application de la maquette numérique au monde du végétal.

 

Profession malmenée

 

Certes, l’énergie positive revendiquée par les producteurs de végétaux d’ornement se déploie dans un monde parfois ingrat, voire hostile : « Depuis deux ans, les pépiniéristes sont sortis de l’éligibilité aux aides aux investissements de modernisation », constate François Félix. En cause, le mécanisme des Projets agricoles et agroalimentaires d’avenir P3A – avatar des investissements d’avenir – n’a bénéficié jusqu’ici qu’aux grands producteurs de concombres et de tomates : « Aucun de nos adhérents ne pratique la monoculture sur serre sur des grandes surfaces », grince le président.

 

Compétitivité enlisée

 

L’exaspération de François Félix, vis-à-vis des pouvoirs publics, s’exprime aussi sur le thème de « la prétention de la France à se poser en meilleur élève de la classe européenne, dans le dossier des phytosanitaires ». La FNPHP accuse le choc de baisse de compétitivité : « Faute de moyens de lutte contre les parasites, certains producteurs se trouvent dans l’obligation de cesser leur activité », dénonce François Félix. Le plan de lutte contre la bactérie qui attaque l’olivier apporte une cerise sur ce gâteau, avec la mesure qui interdit le commerce de 80 % des végétaux d’ornement dans un rayon de 20 km autour de chaque foyer.

Sur ce même thème de la compétitivité, la FNPHP affiche la lassitude qui lui inspire l’inertie de sa tutelle, dans le dossier de la création d’un observatoire : « Val’hor et France Agrimer se renvoient la balle depuis des années. Nous restons dans le noir et ça arrange nos dirigeants de nous y laisser, alors que nous avons un besoin impérieux de savoir si nous jouons avec les mêmes règles que nos concurrents européens », commente François Félix.

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