Performance énergétique

« On peut améliorer la performance technique du bâti ancien sans le dénaturer », Rémi Desalbres, architecte

Mots clés : Architecte - Conservation du patrimoine - Isolation thermique - Rénovation d'ouvrage

Après la bronca suscitée fin 2016 par le projet de généralisation de l’ITE lors de travaux de ravalement, l’architecte Rémi Desalbres, président de l’association des Architectes du patrimoine, a développé son opposition à cette solution dans les pages des Cahiers techniques du bâtiment.

CTB : Pourquoi une réécriture du décret du 30 mai 2016 sur l’obligation d’embarquer des travaux de rénovation énergétique lors d’un ravalement ?

Rémi Desalbres : Ce décret généralisait la pratique de l’isolation thermique par l’extérieur (ITE), avec des conséquences lourdes sur l’esthétique du bâti ancien et le développement de graves pathologies. Nous souhaitions sensibiliser le ministère à l’importance d’appréhender le bâti ancien dans son ensemble. L’isolation d’une structure induit une modification sensible de son milieu, or les structures traditionnelles (pierre, pans de bois, pisé… ) sont sensibles aux échanges gazeux et à l’humidité. Le décret tel que réécrit [bientôt publié, NDLR] précisera que les parois concernées sont celles en « briques industrielles, en blocs béton industriels ou assimilés, béton banché ou bardages métalliques ».

 

CTB : Tous les bâtiments construits en matériaux industriels devront donc être isolés en cas de ravalement de façade ?

R. D. : Les bâtiments concernés par le décret datent majoritairement de l’après-guerre. Souvent mal isolés, ils peuvent être néanmoins de grande qualité. Nous avons obtenu avec le Conseil national de l’Ordre des architectes le caractère dérogatoire pour les bâtiments labellisés « Patrimoine du XXe siècle » par le ministère de la Culture et de la Communication, quand bien même emploieraient-ils des matériaux industrialisés.

 

CTB : La rénovation énergétique du patrimoine s’envisage donc au cas par cas ?

R. D. : Précisément. Si les professionnels du patrimoine adhèrent à l’objectif d’économies d’énergie, ils doivent avoir latitude à développer des solutions hors de toutes démarches imposées par les pouvoirs publics. J’affirme que l’on peut améliorer la performance thermique du bâti ancien sans le dénaturer, mais a contrario, qu’il n’existe pas de recette standard. L’intervention doit être précédée d’une phase de diagnostic des caractéristiques du bâtiment. Il faut que l’approche soit fine, étayée par des simulations thermiques dynamiques, le calcul du point de rosée, etc. Elle nécessite des capacités d’analyse, mais aussi de conception.

Retrouvez l’intégralité de l’entretien sur le site des Cahiers techniques du bâtiment

 

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