Paysage

Olivier Thomas, président de l’Agence des espaces verts d’Ile-de-France: « Divisons par 10 la consommation foncière d’ici à 2030 »

Mots clés : Aménagements extérieurs

Le Grand Paris donne un nouvel élan à l’Agence des espaces verts de la région ile-de-France : le colloque « Dompter la ville par la nature » a montré la volonté de l’institution unique en France à se saisir de la naissance de la métropole pour instituer une nouvelle manière de penser la ville, dans une relation fusionnelle entre l’homme et la nature.

Quel sens donnez-vous au titre « Dompter la ville par la nature », que vous avez donné à votre colloque du 5 mai ?

Olivier Thomas : Vous pouvez y lire une inversion de rapport de force. Il faut taper des poings sur la table et oser dire : ça suffit. La sauvagerie, c’est la ville, pas la nature. Le Grand Paris ouvre une opportunité formidable pour organiser la réconciliation entre ces deux mondes, en s’appuyant sur une gestion en circuit court des remblais et des déblais. Plus large que le périmètre institutionnel de la métropole, le rayon d’action de l’Agence des espaces verts (AEV) facilitera le traitement des frontières urbaines, comme le montrent les exemples du plateau de Saclay, dont nous sommes le principal propriétaire foncier, ou celui de la Plaine Saint-Denis, où nous avons contribué à rapprocher Paris de sa banlieue. La trame verte joue un rôle majeur, car la cohérence écologique ne s’arrête ni au périphérique, ni en première couronne, et elle concerne toutes les espèces vivantes, y compris humains.

 

Alors que l’artificialisation des sols se poursuit à raison de 1 500 hectares par an en Ile-de-France, espérez-vous une inflexion de cette courbe, malgré le coût de la reconversion de friches ?

OT : Calculés avec les euros d’aujourd’hui, les coûts dont vous parlez ne tiennent pas compte des impacts qualitatifs : leur prise en compte éviterait de planifier de nouveaux centres commerciaux à proximité de ceux qui survivent difficilement, ou d’envisager de construire le Central Park du Grand Paris dans des espaces naturels à sanctuariser à la Courneuve, plutôt que sur les terrains disponibles à Aulnay-sous-Bois. Il faut penser différemment, ne pas hésiter à interdire de construire sur certains sites et utiliser les moyens de l’AEV, qui a acquis plus de 14 000 hectares en 2014. Grâce à son schéma directeur opposable, la région Ile-de-France peut tenir l’objectif, d’ici à 2030, d’une division par 10 de la consommation foncière.

 

L’AEV offre-t-elle un modèle dont pourraient s’inspirer les autres métropoles en gestation dans notre pays ?

OT : Plusieurs régions françaises connaissent aujourd’hui les problèmes auxquels l’AEV a fait face lors de sa naissance en 1976, en réaction contre l’étalement urbain induit par les villes nouvelles. Evitons de reproduire les mêmes erreurs, dont témoigne aujourd’hui le développement pavillonnaire autour des grandes agglomérations comme Lyon, Lille ou Toulouse. Quand on intervient a posteriori, il est souvent trop tard.

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