Projets

Nouvelle AOM, un quintette d’architectes convaincus

Mots clés : Architecte

Parce que le sujet du renouveau de la tour Montparnasse, à Paris, méritait davantage qu’un « projet de signature », les architectes français Franklin Azzi, Frédéric Chartier, Pascale Dalix, Cyrille Le Bihan et Mathurin Hardel se sont associés au sein de l’agence Nouvelle AOM. Ils sont aujourd’hui finalistes du concours international, dont le résultat sera annoncé le 19 septembre.

Ils se sont décidés en 24 heures. Quand le concours international pour la restructuration de la tour Montparnasse a été lancé en juin 2016, l’architecte Franklin Azzi a contacté ses confrères Frédéric Chartier et Pascale Dalix d’une part, et Mathurin Hardel et Cyrille le Bihan d’autre part, pour leur proposer de tenter l’aventure. Tous ensemble.

Devant l’ampleur du sujet, l’idée était évidemment de mettre des moyens en commun plutôt que de travailler dans leurs trois agences respectives, Franklin Azzi Architecture, Chartier-Dalix, et Hardel et Le Bihan. « Surtout ce sujet nécessitait une association, rappelle Frédéric Chartier. La tour telle qu’elle existe est déjà le résultat d’un travail collectif. » Pour concevoir le projet d’origine, un aréopage d’architectes avait constitué, en 1958, l’AOM, pour Agence architecturale de l’opération Maine-Montparnasse. Et le bâtiment finalement inauguré en juin 1973 était donc l’œuvre en commun d’Eugène Beaudoin, Urbain Cassan, Louis-Gabriel de Hoym de Marien et Jean Saubot.

 

Humilité requise

 

Quatre décennies plus tard, Franklin Azzi a donc « l’intuition que le projet méritait plus d’humilité qu’un autre ». Les cinq architectes sont d’accord pour dire que « ce sujet unique » mérite plus qu’une « signature unique ». Ils créent alors « Nouvelle AOM », entraînent avec eux une dizaine de personnes, exfiltrées pour l’occasion de leurs agences respectives, et installent cette structure au cœur même du sujet, dans la tour Montparnasse. En juin dernier, la dernière phase de la compétition s’est enclenchée et il ne reste plus, depuis, que deux concurrents : l’équipe menée par l’Américaine Jeanne Gang et Nouvelle AOM.

Alors que la date du dernier grand oral approche et que la proclamation du lauréat est annoncée pour le 19 septembre prochain, en même temps que l’inauguration d’une exposition des projets au Pavillon de l’Arsenal, le quintette ne souffle évidemment mot du résultat de ces mois de réflexion. Mais les architectes évoquent volontiers leur plaisir à travailler ensemble. C’était un pari mais « nous avons tous une bonne qualité d’écoute. On ne s’est jamais fâché », assure Cyrille Le Bihan. « Non, jamais », renchérit Franklin Azzi. Il est vrai que ces cinq-là ne se sont pas choisis par hasard.

 

Convictions partagées

 

D’abord, ils sont amis depuis longtemps. Et puis, ils ont pour point commun de « bien aimer cette tour », glisse Pascale Dalix. Cet immeuble qui, du haut de ses 209 mètres domine le XVe arrondissement, a sans doute piètre réputation auprès des Parisiens mais eux ont toujours « vécu avec ». D’ailleurs, tous nés entre 1971 et 1974, ils ont le même âge que le bâtiment. C’est là aussi une caractéristique de Nouvelle AOM, d’être le produit d’une nouvelle génération, de ce que la jeune garde de l’architecture française compte d’éléments parmi les plus prometteurs. Leurs trois agences, toutes fondées en 2006, ont déjà su se faire remarquer. Par exemple, Pascale Dalix et Frédéric Chartier avaient décroché en 2009 le Prix de la Première œuvre du « Moniteur » pour le boulodrome de Meaux tandis que Mathurin Hardel comme Franklin Azzi ont été lauréats des Ajap (Albums des jeunes architectes & paysagistes), en 2006 pour le premier et en 2008 pour le deuxième.

« Tout cela fait que nous sommes dans une même famille de réflexion », estime Franklin Azzi. Bien sûr, ils avouent des « petits dadas » personnels mais l’équipe partage la conviction que le projet doit être en totale cohérence avec son contexte, que la fonction prime sur la forme ou encore que plus une analyse technique est fine, plus elle offre de liberté à un programme. Ils sont enfin persuadés que le dialogue, tel qu’ils l’ont pratiqué n’est pas source de compromis « mais de justesse ». Leur expérience de ces derniers mois a déjà ouvert sur de nouveaux projets. Des maîtres d’ouvrage ont contacté l’équipe et elle a candidaté sur d’autres sujets que Montparnasse. « Nous avons envie continuer », remarque Cyrille Le Bihan. Une question n’est, toutefois, pas tranchée : Nouvelle AOM doit-elle continuer à porter ce nom ?

 

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