Entreprises de BTP

« Nous sommes prêts à affronter la nouvelle économie », Patrick Liébus, président de la Capeb

Mots clés : Artisanat - Situation économique

La numérisation croissante de l’économie n’épargne plus aucun métier. Avec l’arrivée de nouveaux acteurs et leurs plateformes de mise en relation, c’est un nouveau défi que doivent relever les artisans du bâtiment. La Capeb qui fête ses 70 ans entend s’adapter aux bouleversements de l’ubérisation et son président Patrick Liébus rester connecté.

Entre 1946, date de la création de la Capeb et aujourd’hui, quels ont été les grands changements pour les artisans du bâtiment ?

Patrick Liébus : Nous avons connu de grandes avancées notamment sociales car pendant longtemps nous n’avons pas eu les mêmes droits qu’un assuré classique. En 1948, la loi de sécurité sociale crée un régime d’assurance-vieillesse des artisans ; en 1966 un régime d’assurances maladie-maternité des travailleurs non-salariés est mis en place ; à partir de  1972, les artisans sont rattachés au régime général de la sécurité sociale, ce qui nous a permis entre autres de toucher des indemnités journalières en cas d’arrêt de maladie, ce qui n’était pas le cas auparavant et enfin en 1979, un régime de retraite complémentaire obligatoire a été installé. Nous avons également obtenu la TVA à 5,5% pour les travaux de rénovation, ce qui nous a permis de sauver une partie de nos entreprises. En 70 ans, nous avons aussi beaucoup évolué dans nos approches métiers.  Cependant, si les progrès ont été indéniables, il y a eu des mesures qui sont venues déstabiliser notre fonctionnement : le RSI, la gestion de l’entreprise de plus en plus complexe, et dans les dernières années, le régime de l’auto-entrepreneur, le travail détaché, le compte pénibilité. Et bien sûr les 35 heures.

 

Vous réservez une place particulière aux 35 heures, alors que cette réforme date de plus de 16 ans. Pourquoi ?

P.L. : D’abord cette réforme devait s’appliquer aux grandes entreprises, mais en fait elle s’est généralisée à l’ensemble des entreprises, TPE comprises. Elle a pour conséquence de ralentir la productivité et génère une activité parallèle. Je m’explique, la réduction du temps de travail avait été vendue à l’époque comme du temps de loisirs en plus pour les salariés, or, les salariés travaillent moins et, dans les faits, un certain nombre d’entre eux ont développé une deuxième activité qui leur permet d’améliorer leur pouvoir d’achat. Avec la défiscalisation des heures supplémentaires en 2007, ce phénomène s’est réduit, jusqu’au moment où elle a été abrogée (en 2012, ndlr), le dispositif devenant dissuasif pour les salariés.

 

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