Transport et infrastructures

Notre-Dame-des-Landes: un rapport du ministère de l’Environnement estime le projet «surdimensionné»

Mots clés : Gouvernement

Alors que Matignon envisage toujours un début des travaux en octobre, un rapport commandé par Ségolène Royal considère que le projet de Notre-Dame-des-Landes est «surdimensionné» par rapport aux besoins. Voilà qui devrait raviver le débat alors que la mise en place d’un référendum reste très critiquée.

C’est un rapport de plus sur le sujet mais son commanditaire, la date de sa publication et ses conclusions lui donne une résonance toute particulière. «Force est de constater que le projet, fruit d’une conception ancienne, est surdimensionné», indique ce document rédigé par Pierre Caussade, Nicolas Forray et Michel Massoni, trois ingénieurs généraux des Ponts, des Eaux et des Forêts. Consultable sur Internet, ce rapport d’une centaine de pages (avec annexe), commandé il y a trois mois par la ministre de l’Environnement Ségolène Royal, suggère de revoir le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes à la baisse avec «une seule piste au lieu des deux prévues», ou de moderniser l’aéroport actuel de Nantes-Atlantique.

Au lieu «d’un projet à deux pistes de 3 600 mètres, dont l’une à 60 mètres de largeur, qui était celui d’un aéroport à vocation intercontinentale», la mission suggère de retenir un projet à «une seule piste de 2 900 mètres de longueur et 45 mètres de largeur», jugée suffisante pour les besoins d’un trafic essentiellement intra-européen. Cette révision à la baisse réduirait la consommation d’espace d’environ 200 hectares, sur quelque 600 prévus actuellement.

Autre option: la transformation de Nantes-Atlantique. «L’agrandissement de l’aérogare est possible et la rénovation de la piste est nécessaire.» Mais «les questions de bruit resteraient prégnantes» estiment les auteurs qui considèrent également que la nécessité de maintenir l’aéroport ouvert pendant les travaux pourrait «peser sérieusement» sur les coûts. Selon eux, la facture s’élèverait à environ 300 millions d’euros pour un objectif de 7 millions de passagers annuels (4,4 millions en 2015), un chiffre qui n’inclut pas l’impact du chantier sur l’activité aéroportuaire.

 

Survol

 

Concernant l’épineuse question du survol de la ville, le rapport rappelle que procédures particulières d’approche et d’atterrissage ont été mises en place, de longue date, pour limiter les nuisances sonores liées au survol de l’agglomération nantaise. Ces procédures ne correspondent plus aux recommandations émanant de l’Organisation de l’aviation civile internationale et leur mise en conformité avait été suspendue dans la perspective du transfert fin 2017. «Indépendamment de l’option qui sera retenue, il est maintenant évident que l’exploitation de Nantes-Atlantique se poursuivra bien au-delà de cette échéance» indique la mission qui estime que «la question de la mise en conformité des procédures doit être posée». Cette question ne sera pas sans conséquences pour les Nantais qui, l’hypothèse d’une piste est-ouest étant écartée, devraient subir des nuisances accrues.

Selon la mission, la nécessaire mise en conformité des approches de la piste impactera le «plan d’exposition au bruit» (PEB). Les zones A et B ne devraient pas beaucoup évoluer mais «les différences porteront sur les zones C et D, notamment du fait du retour dans l’axe de l’approche par le QFU 21 (orientation de la piste) qui modifiera sensiblement l’aire influencée par la contrainte aéronautique, et se situerait en plein sur le centre-ville, puis centrée sur l’Erdre. Cette nouvelle zone C conduirait à un gel de toute densification jusque dans le secteur de la rue Paul Bellamy. Autre conséquence en matière d’urbanisme, «ce zonage poserait la question d’une dérogation pour la construction du nouveau CHU sur l’île de Nantes, à cheval sur les zones C et D».

Pour le ministère, ce texte vise à «nourrir le débat» en vue du référendum promis par François Hollande et dont sa gestation est douloureuse. Après l’avis négatif du Conseil national de la transition écologique (CNTE), le gouvernement devrait amender l’ordonnance fixant le cadre juridique de cette consultation tandis que le Conseil d’État, également saisi, «émettra son avis dans les prochaines semaines».

Les principales critiques portent sur le périmètre de la consultation. L’ordonnance prévoit que «l’aire de l’enquête publique», soit la seule Loire-Atlantique, tandis que les opposants réclament un élargissement au Grand Ouest. Pour Matignon, qui vise un début des travaux de l’aéroport en octobre 2016 en cas de victoire du «oui», ce référendum est maintenu pour le mois de juin. La date vient d’être annoncée : ce sera le 26 juin.

 

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