Culture

Norman Foster, une hagiographie

Mots clés : Architecte - Architecture - Efficacité énergétique - Manifestations culturelles - Normalisation - Marquage CE - Réglementation thermique et énergétique - Salles d'audition, de conférences, de réunion, spectacles ou à usages multiples

Le film « How Much does your Building Weigh, Mr Foster ? » sortira au cinéma le 16 mai prochain. Ce long-métrage de Norberto Lopez Amado et Carlos Carcas évoque, assez platement, la destinée hors-normes de l’architecte mondialement célèbre, issu d’un milieu modeste, qui a su triompher de tous les obstacles… Un point de vue critique signé Jacques-Franck Degioanni, journaliste à la rubrique « Architecture et Urbanisme » du Moniteur.

Bon, autant le dire tout de suite, ce Norman Foster-là est un documentaire de 1h18 bien documenté, sans grande inspiration, vaguement ennuyeux, qui mélange tous les ingrédients a priori nécessaires à une hagiographie en bonne et due forme : l’enfance solitaire, modeste et laborieuse ; des parents absorbés par leur travail, trop souvent absents ; la volonté farouche d’accéder à la classe supérieure lorsqu’on est né, comme Foster, « du mauvais côté de la voie de chemin de fer » (qui sépare les lotissements chics des quartiers prolétaires de Manchester) ; etc. Séquence émotion n°1 : Norman Foster, qui n’est pas revenu à son ancienne adresse depuis 30 ans, montre l’emplacement de sa planche à dessin dans sa piaule. Travailleur acharné, il évoque la première opportunité qui s’offre à lui de construire une maison, alors qu’il travaille dans une agence d’architecture en tant que… rédacteur. On connaît la suite : la première agence, les vaches maigres, les premières commandes, le split (comme dans tout bon groupe de rock qui se respecte), la disparition de l’épouse (séquence émotion n°2), le succès qui ne vient pas puis qui déboule du jour au lendemain, une agence worldwide qui a compté jusqu’à 1400 collaborateurs (« avant la crise »), des constructions worldwide (bis), des trophées, titre de noblesse, médailles et prix à qui mieux-mieux, etc.

 

Casting hype

S’ensuit une déambulation worldwide (ter), de réalisation en réalisation : depuis les premiers édifices (très datés high-tech vintage des années 1970), jusqu’aux œuvres de la maturité, Coupole du Reichstag (Berlin), viaduc de Millau, banque HSBC de Hong Kong, tour Swiss Re de Londres, etc. Images convenues, planantes (limite mal des transports), en survol permanent au-dessus, en-dessous et sur toutes les tranches des édifices ; avec musique lancinante pour napper le tout. Foster en avion, Foster en hélico, Foster en planeur, Foster à ski et à vélo (Lycra moule-moule), Foster en arpenteur de chantier, casque vissé sur le crâne (mais pourquoi me fait-il systématiquement penser à William Sheller ?) ; Foster, son criterium et son bloc à dessins ; Foster en (grand ?) papa gâteau féru de modélisme, Foster en saint et en martyr, revenu d’entre les morts ou presque (séquence émotion n°3 : un médecin ne lui donnait que 3 mois à vivre…). Sans oublier un casting des plus hype : Alain de Botton, Anish Kapoor, Richard Serra, Bono (les lunettes de Bono ! Les lunettes de Bono !…), Richard Rogers, etc. « Parfois je crois voir des choses que les autres ne voient pas » déclare en ouverture du film Norman Foster. Moi aussi, souvent j’aimerais bien. Surtout au cinéma.

 

www.normanfoster-lefilm.com

 

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  • - Le

    Merci.

    Excellent article ! Merci. En allant voir un autre film (très intéressant), j’avais eu droit à la bande annonce de ce film… Votre article confirme ce que je ressentais et m’évite tout doute quand au fait de ne pas aller le voir. De cela je vous remercie; je me sens moins seul…
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