Energie

Nord – Pas-de-Calais: une enquête publique sous très haute tension

Mots clés : Electricité - Réglementation - Rénovation d'ouvrage

Le projet de reconstruction de la ligne à 400 000 volts reliant Avelin (Nord) à Gavrelle (Pas-de-Calais) va être soumis à la procédure d’enquête publique durant un mois, sur la base d’un tracé de moindre impact qui n’a pas été arrêté sans mal.

C’est un projet très sensible en Nord-Pas-de-Calais, qui aurait pu tourner au «zadisme» comme à Notre-Dame-des-Landes ou à Sivens. Fin octobre 2014, les CRS avaient d’ailleurs dû user de gaz lacrymogènes pour empêcher des manifestants de s’inviter à une instance locale de concertation, en outre boycottée par plusieurs maires. Mais Réseau de Transport d’Electricité (RTE) parvient bon an mal an à pousser ses pions. En mars 2015, le ministère de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Environnement a validé dans sa globalité le tracé de moindre impact du projet de reconstruction de la ligne THT Avelin-Gavrelle, laquelle date de 1963 et présente une fragilité structurelle.

Cette reconstruction d’une ligne à double circuit (2 300 mégawatts de puissance maximale par circuit) doit permettre de sécuriser l’alimentation électrique de 533 communes de l’agglomération lilloise, de l’Arrageois et du bassin minier, ce qui représente 1,7 million d’habitants, 17 entreprises industrielles (15 000 salariés) et 200 000 emplois dans les PME et activités tertiaires. L’opération est également censée accompagner le développement des énergies nouvelles dans la région.

Si la définition du tracé dans l’Arrageois et le bassin minier n’a pas posé trop de problèmes, il n’en a pas été de même dans la Pévèle, zone essentiellement rurale. A la demande de l’Etat, le scénario de l’enfouissement a même été étudié. Techniquement faisable, une liaison CIG de 5 km de long aurait en l’occurrence constitué un record mondial mais aussi engendré un coût supplémentaire de 60 à 120 millions d’euros, que RTE refusait de prendre à sa charge, le montant global d’une nouvelle ligne 100% aérienne ayant été évalué par RTE entre 148 et 150 millions d’euros.

 

78 pylônes

 

Au final, le projet a été donc arrêté dans les dispositions suivantes: pour la Pévèle, 112 proximités d’habitations (à 250 m de la ligne) contre 136 actuellement, 26 pylônes de type Equilibre avec une portée moyenne de 350 m; pour le bassin minier, 161 proximités d’habitations contre 398 actuellement, 31 pylônes de type Equilibre avec une portée moyenne de 400 m; pour l’Arrageois, aucune proximité d’habitations contre 17 actuellement, 21 pylônes de type Beaubourg avec une portée moyenne de 400 m. Des mesures compensatoires ont été prises pour les trois secteurs: mise en souterrain d’environ 50 km de lignes existantes (25 à 30 km en Pévèle), pylônes supprimés, convention avec la Chambre d’agriculture, engagements écologiques, aménagements paysagers, etc.

Après la déclaration d’utilité publique, restera à définir le tracé détaillé de l’implantation des pylônes. Les autorisations administratives (permis de construire, servitude, APO, etc.) sont espérées pour 2017, les travaux de construction et le démontage de l’ancienne ligne devant s’étaler sur trois ans.

 

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