Paysage

Nîmes au sommet de l’Olympe du paysage

Mots clés : Maîtrise d'ouvrage

Titulaire du grand prix des Victoires du paysage, Nîmes émerge un cran au-dessus des 33 autres maîtres d’ouvrage primés le 8 décembre à Paris. La cinquième édition de la compétition biennale confirme la capacité de Val’hor, association de la fleuristerie, du  végétal et du paysage, à fédérer une communauté interprofessionnelle riche de sa diversité.

« Le bonheur est possible, et le paysage en apporte la preuve ». En ouverture de la cérémonie des cinquièmes Victoires du paysage, ce message de l’académicien Erik Orsenna a donné le ton : portée par le duo de jeunes violonistes qui ont su rythmer et alléger les deux heures et demi de remise des prix, l’allégresse s’est répandue parmi les 500 invités de l’association interprofessionnelle Val’hor, rassemblés salle Gaveau à Paris.

 

Bonheur infini

La représentante des religieuses retraitées de la communauté Notre-Dame des Chênes, à Saint-Malo, a exprimé en ces termes l’immensité de la joie partagée par les sœurs et transmise à la profession : « Un instant de beauté nous amène à l’infini », s’est exclamée la médaillée d’argent de la catégorie « entreprises, hors promoteurs ». L’hommage s’adresse aussi à l’entrepreneur et concepteur Eric Lequertier ainsi qu’aux pépinières Kerisnel, Prunier et Huchet, qui ont contribué à la renaissance du Jardin d’Amélie, créé au XIXème siècle sous forme de potager, en même temps que la communauté.

Le grand prix attribué à Nîmes fait écho à un autre message d’Erik Orsenna : « Le Paysage, c’est bon pour la République ». Porte-parole d’une maîtrise d’œuvre qui associe deux agences d’architecture et deux paysagistes concepteurs pour les aménagements de la place des Arènes, de l’Esplanade Charles De Gaulle et de l’avenue Feuchères, Jean-Michel Wilmotte a évoqué la couture et la rencontre entre deux quartiers : un thème qui, déjà, avait porté le grand prix attribué en 2014 à la ville de Nice, pour la promenade du Paillon créée par l’agence Pena Paysages.

 

Paysage républicain

 

Nîmes y ajoute la constance d’une stratégie municipale sur une décennie, justifiant ainsi l’hommage de Benoît Ganem : le président de Val’hor a salué le « courage » d’élus engagés sur des projets qui débordent des frontières de leur mandat. Le chef-lieu du Gard illustre aussi l’idée exprimée par Michel Audouy, président de la commission des métiers du paysage de Val’hor : « Plus que la ville connectée, la ville intelligente, c’est celle qui met les pieds sur terre ». A côté de Nîmes et à l’autre extrémité de l’hexagone, Mons-en-Baroeul (métropole de Lille) exprime elle aussi le message républicain du paysage par la voix de son maire : « Le vert du paysage a mis du bleu dans notre ciel urbain », s’enthousiasme Rudy Elegeest, titulaire de la victoire d’argent pour la transformation du quartier du Nouveau Mons, confiée à Empreinte, paysagiste mandataire, à l’entreprise SNB et aux pépinières Daniel Soupe et Lappen.

 

Echelles multiples

 

Par la diversité des échelles représentées, le palmarès de la cinquième édition illustre l’expression chère aux professionnels du paysage, lorsqu’ils définissent leur périmètre : « Du jardin au territoire ». Outre le jardin d’Amélie, celui de l’institut des huiles essentielles, à Mane (Alpes de Haute-Provence), titulaire de la Victoire d’or en catégorie Patrimoine, illustre la petite échelle, mise en scène par Le Verre d’eau, atelier de paysage, avec l’entreprise Jardiver Technic et cinq pépiniéristes.

 

 

Pour la grande, le jury a créé le prix Territoire, attribué au conseil départemental de la Somme pour les belvédères qui jalonnent la véloroute remontant le fleuve sur 150 km. Coup de cœur de la rédaction de Paysage Actualités, associée au jury parmi 43 bénévoles, la trentaine de microprojets a donné à l’agence Slap son premier marché (exécuté par l’entreprise Terspective avec le pépiniériste Plantservices) et une occasion de démontrer les qualités pédagogiques du paysagiste : de la géologie à la biodiversité en passant par la littérature et l’histoire, les tables d’orientation distillent une encyclopédie et une invitation au rêve que le cyclotouriste approfondira dans les maisons éclusières reconverties en gîtes.

 

Focus

Hommage à quatre disparus

Jean-René Cholat, Pascal Cribier, Françoise Hélène Jourda et Jean-Noël Burte : par la voix de Michel Audouy, président de la commission des métiers du paysage de l’association Val’hor, organisatrice de l’événement, la cérémonie des cinquièmes Victoires du paysage a fait revivre ces quatre disparus des deux dernières années.

Le pépiniériste Jean-René Cholat, dont l’entreprise est associée à la Victoire d’or en catégorie patrimoine, a participé à la naissance des victoires en 2008. L’équipe qui a réalisé le Parc Grand Sud de Lille, Victoire de bronze dans la catégorie Jardins ou parcs urbains, a voulu rendre hommage à son concepteur, le paysagiste Pascal Cribier, qui a mis fin à ses jours le 4 novembre 2015. Conceptrice de la halle Pajol de Paris dont le jardin Rosa Luxembourg remporte la victoire d’or dans cette même catégorie, « Françoise-Hélène Jourda nous a éclairés sur le développement durable, notamment à travers son expérience d’enseignante en Autriche », rappelle Michel Audouy. Enfin, le représentant de Val’hor a évoqué les multiples apports de Jean-Noël Burte aux professionnels du végétal : écrivain, ingénieur horticole et paysagiste, le conservateur du jardin parisien du Luxembourg est décédé au début de ce mois de décembre.

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