Entreprises de BTP

Nicolas Sarkozy à la FFB : « Il faut se désintoxiquer des aides de l’Etat pour le logement »

Mots clés : Aide d'état - Bâtiment d’habitation individuel - Établissements industriels, agricoles, ICPE

Invité à s’exprimer le 17 avril à la Fédération Française du Bâtiment, Nicolas Sarkozy a rassuré les entrepreneurs sur leur avenir et  sur celui du bâtiment, mais est resté ferme sur la fin des aides de l’Etat en faveur du logement.

 

La FFB, peut s’enorgueillir.  A l’approche de l’élection présidentielle,  elle est la seule organisation professionnelle dans le monde du BTP, à avoir réussi à faire venir à sa tribune, en personne, un candidat à l’élection suprême. En l’occurrence, c’est Nicolas Sarkozy qui a fait le déplacement devant un auditoire, il est vrai, déjà favorable.

 

 Logement

C’est donc sous un tonnerre d’applaudissements que le  président –candidat a livré sa vision du logement, dont certaines mesures prises dernièrement par le gouvernement n’ont pas fait l’unanimité. Nicolas Sarkozy a voulu sensibiliser les chefs d’entreprise du bâtiment à un « raisonnement », en rappelant que « nous ne pouvons pas continuer à voir les prix de l’immobilier grimper,  ni dépenser 40 milliards d’euros par an de financements publics pour le logement. Cela ne fait qu’entretenir une bulle. Nous sommes le seul pays au monde où, après quatre ans de crise, les prix de l’immobilier continuent à augmenter.  Le secteur manque de production, mais il n’y a pas d’argent : ce raisonnement, je veux le faire partager ». Déplorant que les dépenses en 2011 par l’Etat pour le logement aient pour partie encouragé la spéculation, il a affirmé fermement qu’il « faut se désintoxiquer de la drogue des niches fiscales et des financements publics », en pointant le Scellier qui a porté l’activité en créant davantage de déficits. « Le secteur n’a pas besoin d’argent, il a besoin de pouvoir produire », a-t-il affirmé.

Comme il l’avait déjà annoncé, il s’est aussi montré résolument opposé à tout blocage général des loyers, mais souhaite que les  « locataires constatant leur loyer excessif puissent aller devant le juge».

Convaincu qu’il faut augmenter l’offre de logements pour faire baisser les prix et répondre à la demande, Nicolas Sarkozy  a plaidé pour la simplification des droits de l’urbanisme, remarquant au passage que « celui qui s’oppose gagne toujours sur celui qui propose », pour  la mise à disposition des terrains de l’Etat dans le cadre de contrat avec les collectivités moyennant un intéressement sur les ventes ou les loyers des constructions, et pour le nettoyage du code de la construction et la simplification des normes. « Une nouvelle norme sera égale à la suppression de deux anciennes normes et il en sera de même pour une nouvelle loi ».

Enfin, il veut inverser la taxation sur les plus-values des terrains à bâtir pour que les propriétaires soient intéressés à vendre leur terrain plutôt qu’à le garder

 

Esprit entreprenarial

Profitant d’une assistance d’entrepreneurs, Nicolas Sarkozy a redit son attachement à l’entreprise. « Je vais vous parler librement, je parle à des entrepreneurs, mais avant de parler à des entrepreneurs, je parle à des gens qui ont considéré que le travail est une émancipation et non une aliénation », a commencé Nicolas Sarkozy. Le ton est donné. « Nous ne pouvons taxer uniquement le travail ; les entreprises françaises n’ont pas à financer la politique familiale de la France ».  Et de rappeler que les cotisations patronales finançant la branche famille de la Sécurité sociale, qui représentent 5,4 points du salaire brut, seront totalement supprimées sur les salaires allant jusqu’à 2,1 SMIC. Pour financer  la baisse de coût du travail, la TVA, payée par tous les consommateurs, augmentera de 1,6 point, à 21,2 %, le 1er octobre prochain.
Si cette association de baisse de charges patronales et hausse de la TVA doit permettre d’alléger le coût du travail, il a aussi pour objectif d’améliorer la compétitivité des entreprises françaises.

 

Emploi

Concernant les salaires, emploi, aménagement du temps de travail, Nicolas Sarkozy  a affirmé que s’il était élu, il poursuivrait la mise en place des accords compétitivité-emploi. Il milite pour un dialogue chefs d’entreprises et salariés et prône pour que l’accord d’entreprise soit plus fort que la loi et plus fort que le contrat individuel. Il s’est enfin clairement refusé à revenir sur la défiscalisation des heures supplémentaires ainsi que sur la TVA réduite à 7%.

 

Marchés publics

Contre « le cancer des délocalisations », le candidat a défendu une mesure sur l’accès des entreprises françaises aux marchés publics étrangers. « S’il n’y a pas de réciprocité avec nos principaux partenaires, je m’engage à appliquer unilatéralement la règle de réserver les marchés publics aux entreprises produisant sur le territoire européen ».

 

Formation professionnelle

Sur sa réforme de la formation professionnelle, sujet dont il a rappelé l’importance, Nicolas Sarkozy envisage, s’il est élu,  d’organiser un référendum avant la fin de l’année, si les partenaires sociaux ne parviennent pas à s’entendre sur la formation des demandeurs d’emploi et l’obligation pour les chômeurs d’accepter la première offre d’emploi correspondant au métier pour lequel ils ont été formés.  « Je poserai deux questions au peuple français. Etes-vous d’accord pour qu’il y ait un droit à la formation professionnelle, quel que soit l’âge?  Et êtes-vous d’accord pour qu’après qu’on vous ait formé, vous soyez obligé d’accepter l’offre d’emploi qui correspond à cette formation? » a-t-il détaillé.

 

Réaction

A l’issue de l’heure passée à écouter Nicolas Sarkozy, Didier Ridoret a souligné que le candidat avait répondu sur le sujet «entreprenarial » et sur l’avenir du bâtiment. « Il crée un cadre dans lequel nous sommes désireux de nous  inscrire pour une augmentation de la production ». S’il regrette  que le président-candidat ne se soit pas prononcé sur le statut de l’auto-entrepreneur, pour lequel  « nous demandons que le bâtiment sorte de ce régime », Didier Ridoret  s’est dit plutôt confiant dans les voies qui seraient prises, à commencer par la fiscalité inversée sur les terrains à bâtir.
Sur la question des aides au logement, le président de la FFB  a estimé qu’il « faudra imaginer d’autres solutions de financement pour répondre à l’objectif très ambitieux de 500 000 nouveaux logements neufs par an.

 

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