Logement

Nexity plaide à son tour pour un recentrage géographique des aides

Décidemment l’idée est dans l’air du temps : Alain Dinin, président de Nexity, a plaidé à son tour pour un « recentrage » des aides de l’Etat « vers les zones où il y a des besoins en logement ». Une thèse défendue depuis la rentrée de septembre par le secrétaire d’Etat au Logement, Benoist Apparu, qui va l’appliquer dès 2010 au logement social.

En présentant ses résultats, vendredi, le patron de Nexity a précisé que 85% des logements réservés dans son groupe étaient soutenus par une aide de l’Etat : prêt à taux zéro doublé ou non, pass-foncier ou Scellier… Si le marché a retrouvé des couleurs (105.000 ventes contre 79.400 en 2008 au niveau national), il est bien inférieur aux performances de ces cinq dernières années et très fragile.

D’où l’extrême vigilance des promoteurs à l’avenir des aides: à compter du 30 juin, le prêt à taux zéro ne sera plus doublé mais seulement majoré de 50% jusqu’à la fin de l’année ; le pass-foncier qui a permis à un groupe comme Nexity de vendre cette année 885 logements à des ménages très modestes (leurs revenus sont inférieurs de 25% aux autres primo-accédants) prendra fin le 31 décembre 2010 et sa montée en puissance est entravée par le manque de fonds du 1% logement, pierre angulaire du dispositif puisqu’il assure le portage du terrain : « depuis la mi-janvier, nous assistons à un quasi-arrêt de l’alimentation du pass-foncier » par le 1% qui, en outre, tend à le réserver aux salariés des entreprises cotisantes alors qu’initialement il était ouvert à tous.

Devant la disette budgétaire dans laquelle la France s’enfonce, les promoteurs tentent donc de défendre les aides qui les concernent : jeudi, le président de la FPC plaidait pour que l’on cesse de distribuer le prêt à taux zéro dans l’ancien sans travaux au prétexte qu’il ne créait pas d’offre nouvelle. Vendredi, Nexity estimait que le pass-foncier devait privilégier les opérations « organisées » (c’est-à-dire soit des logements collectifs, soit des programmes dans des Zac ou des lotissements) « au détriment du pur diffus » qui absorberait les 2/3 des pass-foncier. « Le pass-foncier dans la maison individuelle, ce n’est pas là qu’on en a besoin, même si c’est le rêve des Français », estime le président de Nexity.
Alain Dinin va même plus loin en demandant de « toucher au sacro-saint TEPA » – la déduction des intérêts d’emprunt voulue par le président de la République – qui coûte cher (1,5 milliard prévu dans le projet de loi de finances 2010) sans être réellement déclencheur d’achat, selon tous les professionnels. « C’est un mécanisme inutile. Mettons les aides là où on en a besoin. On n’a pas besoin de logement sociaux en Corrèze », a-t-il assuré.

 

 

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