Vie de l'entreprise

Nette diminution des retards de paiement en 2016

Mots clés : PME - Réglementation

Si l’on ne peut toujours pas parler d’une reprise d’activité en bonne et due forme pour les PME, du moins les retards de paiement ont-ils fondu en 2016. Mais ils restent un poids, et près d’une entreprise sur deux estime efficace le fait de rendre publics les noms des entreprises ayant été sanctionnées pour manquement à la réglementation en la matière.

Les PME sont-elles enfin entrées dans un contexte de reprise ? Toujours pas. Mais leur activité n’est plus en chute, tend à se stabiliser, et les retards de paiement ont clairement diminué. Voici, en résumé, le contenu du dernier baromètre Ifop / cabinet Arc (1).

Le retard de paiement moyen est de 11,8 jours en 2016 pour les PME (il était de 13,9 jours en 2015) et 10,4 jours pour les grands comptes (12,1 en 2015). Toutefois, les « petits » retards augmentent : 58% pour les PME (41% en 2015) et 57% pour les grands groupes (44% en 2015). Autrement dit, les entreprises paient globalement mieux leurs partenaires, mais se laissent parfois aller à de nombreux écarts de conduite. « Ces nombreux petits retards sont tout aussi toxiques que les gros pour l’entreprise et le curseur de la sanction devra peut-être être revu », note Denis Le Bossé, président du cabinet Arc.

Pourquoi une hausse de ce type de retards de paiement ? Toute période de redémarrage de l’activité, même timide, met à contribution les trésoreries car il faut bien que les entreprises financent ce retour à la croissance. Se permettre des petits retards est peut-être, pour elles, un moyen de soulager ponctuellement leurs bas de laine, de se garder une marge de manoeuvre dans une conjoncture qui reste incertaine.

 

La publication des amendes, un dispositif efficace pour 49% des PME

 

Quoi qu’il en soit, l’amélioration des pratiques des grands groupes en terme de retards de paiement «est sans doute liée à la crainte d’une amende administrative mais aussi et surtout à la politique du ‘name and shame’ qui semble fonctionner», estime Denis Le Bossé. Rappelons en effet que, depuis la loi Macron de 2015, les amendes pour manquements à la réglementation des délais de paiement ont été augmentées, et certaines sanctions sont publiées sur le site de la DGCCRF (la récente loi Sapin 2 systématise d’ailleurs ce principe de publication).

L’efficacité de cette politique n’est pourtant pas évidente pour la majorité des PME interrogées. « Seulement » 49% d’entre elles pensent qu’elle permettra de réduire les retards de paiement. Pour autant, elles y croient davantage qu’à l’augmentation du montant des amendes (25%). Pour 59% des sondés, une réelle amélioration sera possible par la dématérialisation des factures. 56% estiment d’ailleurs que les PME seront prêtes à passer à la dématérialisation des factures en janvier 2019.

La presque totalité des PME (89%) ne semble pas vraiment enthousiasmées, par ailleurs, par le financement inter-entreprises, qui risquerait d’engendrer une relation de dépendance entre les acteurs.

 

8% seulement des PME sont optimistes pour le semestre à venir

 

En ce qui concerne la conjoncture économique des six prochains mois, les entreprises ne se montrent guère optimistes : 8% estiment qu’elle va s’améliorer (14% en 2015), 12% craignent qu’elle ne se détériore (13% en 2015) et 79% pensent qu’elle ne va pas vraiment changer (73% en 2015). «Elles paraissent davantage croire à une stabilisation, certainement en raison de la période pré-électorale qui débute et l’attentisme qui en découle, analyse Denis Le Bossé, président du cabinet Arc. L’instabilité fiscale et les possibles remises en cause des mesures en faveur de la compétitivité risquent de paralyser la lente reprise.»

 

Focus

Délais de paiement : les PME se méfient toujours de la sphère publique

D’après le baromètre du cabinet Arc / Ifop, les PME n’ont pas vraiment confiance dans les capacités de paiement à l’heure des acteurs publics. Ainsi, 77% des entreprises interrogées pensent que le secteur public respecte moins bien les délais de paiement que le secteur privé et 54% des PME refusent de répondre aux appels d’offres émis par le secteur public par crainte de ne pas être payées ou de subir des délais de paiement trop longs.

(1) 502 entreprises de 50 salariés et plus ont été interrogées entre le 19/09/2016 et le 04/10/2016.

Vous souhaitez réagir

Pour commenter l'article, vous devez être identifié ou vous inscrire
S'identifier

Pour accéder aux contenus et services en accès libre, identifiez-vous

Mot de passe oublié
S'inscrire

Vous souhaitez vous inscrire aux services proposés en accès libre.

Newsletter quotidienne et thématiques, alertes e-mail, commentaires sur les articles...

S'inscrire
Votre avis ?
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X