Projets

Narbonne: une salle modulable à 23 millions d’euros

Mots clés : Manifestations culturelles - Sport

Conférence le matin, compétitions sportives l’après-midi, concerts de rock le soir. La salle multimodale de Narbonne ouvrira ses portes fin 2019, après 25 ans de réflexion.

«Pardonnez-moi la formule, mais elle a de la gueule cette salle» a osé le maire Didier Mouly (DVD) lors d’une réunion publique très animée au palais du travail de Narbonne. Aux applaudissements des partisans se mêlaient les sifflets et les huées de l’opposition municipale venue en force. C’était la première fois que des images de la salle étaient rendues publiques.

Le marché de conception-réalisation a été attribué le 28 juin dernier au groupement mené par Fayat Bâtiment (mandataire), avec l’architecte narbonnais Alain Escriva, Bec Construction, Marc Mimram, Ingérop, Architecture et Technique et Lamoureux Acoustics. Devant quatre autres groupements menés par Bouygues Bâtiment, SM, Eiffage Construction et SAS Fondeville.

 

Une coupole en aluminium laqué

 

Les architectes ont opté pour une forme «élégante et simple» explique Martin Fougeras Lavergnolle (agence Mimram). Le bâtiment est composé d’un socle en verre pour la partie publique, du béton matricié du côté de la cour technique. Puis une coque coiffe ces deux niveaux. «Cette coupole fait tout le projet» dit-il. Elle est composée d’une vêture légère en aluminium laqué. Elle sera fixée à un double bac en acier, ce qui présente une difficulté, vu la force des vents dominants. L’emprise au sol sera de 15 000 m2, le point le plus haut culminera à 16,35 m. L’entrée est orientée Sud-Est pour protéger le public du soleil aux heures les plus chaudes et de la Tramontane.

Le terrain présente toutefois une contrainte majeure car c’est un ancien marécage. «Le parvis est en béton poreux et un bassin de rétention sera creusé pour recueillir les eaux pluviales. L’altimétrie de 4 m protégera la salle des inondations» assure Cécile Sulli, responsable HQE chez Fayat Bâtiment.

A l’intérieur, la salle est ajustable ce qui permet d’accueillir des compétitions de sport en salle (volley, boxe, judo, escrime), des concerts et des échanges économiques. La capacité maximale est de 4 950 places assises/debout. L’un des quatre gradins se rétracte complètement sur 80 cm d’épaisseur, ce qui est assez classique. En version concert, la salle est modulable, avec une fosse ou non selon la jauge ou le type de concert. La scène, elle, est mise en place par plateau.

Pour l’acoustique, deux principes ont dirigé les choix. Une isolation phonique et thermique, pour éviter que le son n’importune les riverains. Le toit est isolé par des mousses sur une épaisseur de 35 cm. Pour réduire le temps de réverbération dans la salle, les murs ont une peau perforée, doublés de mousse absorbante.

 

Quelle rentabilité ?

 

La rentabilité d’une telle structure, qui fonctionnera en délégation de service public et le coût total de 23,34 millions concentrent les critiques. C’est une charge financière importante pour cette petite ville de 51 000 habitants, qui ne pourra pas compter sur le soutien de la communauté d’agglomération du Grand Narbonne présidé par l’ancien maire Jacques Bascou (PS), farouche opposant du projet.

L’équipe municipale mise sur l’implantation géographique de Narbonne, à mi-chemin entre Montpellier et Toulouse – les deux métropoles régionales – et l’attractivité des départements limitrophes Aveyron, Tarn, Haute-Garonne et une partie de l’Hérault. A deux pas de l’autoroute A7, l’entrée Est de la Ville sera profondément redessinée car le parc des Expositions va être rénové pour 3,5 millions (porté par le Grand Narbonne) et le Musée de la Narbonne Antique (MuRéNa) sort de terre.

La phase de concertation durera jusqu’à fin octobre, puis le permis de construire sera déposé en novembre. Le début des travaux est prévu pour juin 2018 pour une durée de 12 à 14 mois. La livraison est fixée au 18 décembre 2019

 

Découvrez le projet en vidéo:

 

Focus

Les autres groupements:

– SAS Fondeville (mandataire), Rudy Ricciotti, Passelac et Roques, TPF Ingénierie, Lamoureux et Ricciotti, Ingénierie, Scenarchie, Thermibel;

– SM (mandataire), Sogea Sud, Chabanne et Partenaires, Ivan Tognella, Terrell Group, Altia, Cabinet d’études Gaxieu, Azur Environnement, Changement à vue, Keo Ingénierie, Ine;

– Bouygues Bâtiment (mandataire), A+ Architecture-Rayssac, Egis Bâtiment Sud-Ouest, Gamba, Sud Réhal Ingénierie, Crea Factory, Celsius environnement;

– Eiffage Construction (mandataire), Architecture Brochet Lajus Pueyo, Arx Architecture, OTCE LR.

 

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