Entreprises de BTP

Naissance de la fédération française du courtage en travaux

Les courtiers en travaux sortent de l’anonymat et viennent de donner naissance à la FFCT : fédération française du courtage en travaux. Revue de détails d’un métier en quête de reconnaissance.

Question « métier ». Top. Je suis une activité commerciale s’exerçant dans un cadre juridique très strict. J’interviens à la demande des particuliers ou d’entreprises souhaitant réaliser des travaux d’amélioration de l’habitat, d’extension ou de rénovation. Je sélectionne les professionnels du bâtiment et les présente à mon client. J’effectue les demandes de devis et vérifie leur cohérence avant de les communiquer au client qui effectue son choix final. Je ne suis ni maître d’œuvre, ni assistant à maîtrise d’ouvrage, ni entrepreneur de bâtiment. Je suis, je suis … courtier en travaux. « L’activité de courtage en travaux sort de l’ombre », constate Nicolas Daumont, p-dg de la société Daumont et Consultants (détentrice de la marque Illico-Travaux) et président co-fondateur de la FFCT, fédération française du courtage en travaux. « Aujourd’hui, environ 500 entreprises exercent cette profession en France dont 110 ont d’ores et déjà rejoint la FFCT. La barre des 200 sera atteinte dès la fin de l’année ». Bien qu’en fort développement, la profession de courtiers en travaux ne peut se prévaloir d’aucun statut juridique. « Alors que d’autres professions d’intermédiation telles que les agents immobiliers ou les courtiers en crédit en ont un », déplore Nicolas Daumont. Selon ses fondateurs, la création de la FFCT a pour but d’encadrer la profession avant que ne se développent « des comportements et des situations pouvant porter atteinte aux intérêts de la profession ». Parmi les objectifs prioritaires : la « normalisation » du métier de courtier en travaux « pour apporter aux clients et aux artisans la garantie du professionnalisme, de la rigueur et des compétences des acteurs de ce nouveau métier ». Cette normalisation passe par la création d’un code APE et d’une convention collective spécifiques ainsi qu’un « ordre des courtiers en travaux » comme il en existe un pour les architectes ou les médecins. « Nous allons rencontrer tous les intervenants de l’acte de construire afin de leur présenter notre métier ».

D’abord un code de déontologie
Première initiative de la FFCT : la rédaction d’un code de déontologie en 10 points que tout adhérent de l’association s’engage à respecter. Il y est précisé que la rémunération du courtier est intégralement prise en charge par les entreprises sélectionnées. S’agissant de la sélection des entreprises, le courtier ne retient que les sociétés « assurées et immatriculées au registre du commerce et des sociétés ou inscrites au répertoire des métiers et pour lesquelles il mettra tous les moyens en œuvre pour s’assurer notamment de leurs qualifications professionnelles, la souscription d’assurances professionnelles et la régularité de leur situation vis-à-vis des organismes collecteurs des cotisations sociales et l’administration fiscale ». Des exigences finalement assez limitées. « C’est un minimum, assure Nicolas Daumont. Nous laissons à chaque adhérent le soin de sélectionner les entreprises avec qui il travaillera ». Concrètement, cela se passe sous forme de recommandation/cooptation, les entreprises étant habituées à travailler avec des confrères, un réseau informel en quelque sorte.

Travailler avec les architectes
Nicolas Daumont ne revendique pas de compétences techniques. « Nous sommes un métier d’ »intermédiation ». Nous sommes rémunérés pour le temps que nous faisons gagner à l’entreprise et le service commercial que nous lui rendons ». A y regarder de plus près, les courtiers investissent un terrain délaissé par la maîtrise d’œuvre classique. Des chantiers de rénovation de moyenne taille (10 000 – 15 000 euros), faisant intervenir deux ou trois corps d’état, et pour lesquels le client n’est pas prêt à payer les honoraires d’un maître d’œuvre ou d’un architecte. Pour autant, Nicolas Daumont ne positionne pas son métier en alternative à la maîtrise d’oeuvre. « Quand la situation l’exige, nous savons faire appel à un architecte ou à un bureau d’études techniques ».
Reste qu’aujourd’hui, la rénovation est très axée sur les performances énergétiques de l’habitat, un secteur éminemment pointu et où d’autres offres existent comme « Bleu Ciel » d’EDF. Cela n’inquiète pas le président de la FFCT : « pour estimer les besoins et optimiser les solutions techniques, nous ferons appel à des bureaux d’études thermiques. Notre mission en est même renforcée puisque nous agirons en optimiseur financier du projet pour bénéficier au mieux des mesures prévues au Grenelle de l’environnement, bouquets de travaux et autres crédits d’impôts ».

Julien Beideler


www.courtage-travaux-ffct.fr

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