Chantiers

Musée Picasso : traitement de l’air pour mieux conserver les oeuvres

Mots clés : Air - Hôtels et pensions de famille - Manifestations culturelles - Musées - galerie

Dans le quartier du Marais à Paris, l’Hôtel Salé qui héberge le musée Picasso, a fait l’objet d’une rénovation considérable. L’occasion de retravailler sur la qualité de l’air intérieur. Un enjeu de taille pour la conservation des œuvres.

En l’inaugurant le 25 octobre 2014, François Hollande avait qualifié le musée Picasso à Paris dans le quartier du Marais d’«un des plus beaux» et «des plus émouvants» du monde.
L’Hôtel Salé qui l’abrite offre des volumes particulièrement adaptés  à l’oeuvre de l’artiste le plus connu du XXe siècle. Construit entre 1656 et 1660 par l’architecte Jean Bouiller de Bourges, l’hôtel particulier doit son surnom d’Hôtel Salé à son premier propriétaire Pierre Aubert de Fontenay, fermier général des gabelles, chargé de percevoir l’impôt sur le sel. Après avoir connu plusieurs occupants, il est acheté par la Ville de Paris en 1964 et classé Monument historique en 1968. Entre 1979 et 1985, le bâtiment est rénové et restructuré par Roland Simounet pour y installer les collections du futur musée. A l’issue de 25 ans de fonctionnement, le musée ferme ses portes pour s’offrir un lifting complet confié aux architectes Jean-François Bodin (Bodin & associés) et Stéphane Thouin, architecte en chef des monuments historiques pour la partie classée. Il  a rouvert le 25 octobre dernier.

Le musée qui possède 5 000 œuvres et 200 000 pièces d’archives compte quelque 500 000 visiteurs par an, une fréquentation qui devrait encore progresser. Pour y faire face, la rénovation a porté sur l’agrandissement et la transformation de l’espace d’exposition : combles et caves transformés en lieux d’exposition, hall d’accueil créé dans les anciennes écuries. La surface dédiée au public a ainsi triplé pour atteindre 6 300 m².


Confort des visiteurs et conservation des oeuvres

 

Accueil du public amélioré mais aussi meilleure conservation des œuvres et plus grand confort des visiteurs, tel a été aussi l’enjeu de cette rénovation. Les lots techniques y ont pris une part importante. Le bureau d’études Egis a mené les études de conception et de suivi de réalisation des structures et des lots techniques. La société Snef Clim, filiale du groupe Snef, a été en charge des lots chauffage et ventilation, ainsi que la partie plomberie. Le groupe Ciat spécialisé dans les systèmes de confort d’été et traitement de l’air, a été choisi pour équiper le bâtiment, qu’il s’agisse des salles d’exposition, des ateliers de restauration des œuvres, des bureaux, ou des réserves etc. En plus des halls d’exposition, l’auditorium et la salle pédagogique disposent également d’une centrale de traitement d’air (CTA) respectant les mêmes consignes de température et d’hygrométrie. Les réserves et ateliers de restauration sont traités avec des armoires de climatisation. L’industriel, qui appartient depuis janvier dernier au groupe UTC Building & Industrial Systems (acteur majeur du génie climatique avec les marques Carrier et Toshiba), a signé ainsi une très belle référence, qui s’ajoute à celles du Louvre Lens ou encore du Musée de l’Hermitage à Saint-Pétersbourg. « Le musée Picasso a rouvert en 2014, date des 80 ans de Ciat, une belle coïncidence », souligne Francis Guaitoli, directeur général qui rappelle la philosophie de l’entreprise française « optimisation de l’énergie, du confort et de la qualité de l’air intérieur ». Trois principes mis en pratique au Musée Picasso. 

 

Un chantier contraint

 

Il n’en reste pas moins que sur un chantier de rénovation complexe tel que celui du musée Picasso, architectes, bureau d’études, entreprise et industriel ont dû travailler de concert.
La première difficulté technique de l’installation a été de respecter les contraintes d’encombrement du bâtiment. L’industriel a ainsi configuré des solutions de groupes de froid et CTA les plus compacts possibles. Les groupes de production d’eau glacée ont, par exemple, pu être dimensionnés pour passer dans les portes et les montes charges. Ils sont installés en sous-sol, et font moins de 2 m de haut et 1 m de large, « ce qui est une performance pour ces gammes de puissance proches de 500 kW», remarque Mauro Fazzutti, responsable des travaux chez Snef Clim. Les centrales de traitement d’air sont, quant à elles, dans des combles techniques en plafond du bâtiment. L’ensemble de leurs composants ont également été choisis pour optimiser leur compacité.

La deuxième difficulté d’une telle installation réside dans les conditions de température et d’hygrométrie à respecter. Pour assurer la bonne conservation des œuvres, un musée doit maintenir les conditions d’ambiance, notamment la température et l’hygrométrie, à des niveaux très précis. Dans ce cas, le cahier des charges stipulait, en été, une température de 24°C et 50 % d’hygrométrie, et 20°C et 50 % en hiver, avec une tolérance de seulement 3 %.

Focus

Détail des équipements

Ciat a installé une vingtaine d’équipements dans le musée : 2 groupes de production d’eau glacée Dynaciat Power version Low Noise de 490kW de puissance, 12 centrales de traitement d’air Airtech et Air Compact avec un débit d’air de 10 000 à 20 000m3/h, 2 aéroréfrigérants Opéra, des armoires de traitement d’air Expair, et une dizaine d’unités de confort Major Line.

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