Réalisations

Monuments historiques : les privatisations au secours du patrimoine

100 millions d’euros pour le patrimoine. C’est la réponse de Renaud Donnedieu de Vabres, ministre de la Culture, au mécontentement exprimé à la veille des journées européennes du patrimoine par les représentants du Groupement français des entreprises de restauration de monuments historiques de la Fédération française du bâtiment (GMH-FFB).

Ces derniers, par la voix de leur président, Christophe Eschlimann, ont rappelé au ministre qui présentait les prochaines journées européennes du patrimoine des samedi 17 et dimanche 18 septembre le cruel manque d’argent alloué à l’entretien du patrimoine. Outre les besoins de travaux des 42 059 monuments classés ou inscrits, le GMH souligne que l’emploi au sein du vaste réseau d’artisans et de PME est menacé, la formation en panne, et que les entreprises, fragilisées par l’insuffisance d’activité, ne peuvent dans ces conditions transmettre leur savoir-faire à la jeune génération de compagnons.
« Je sais les besoins, a répondu Renaud Donnedieu de Vabres, et j’essaie de rattraper le retard ». Sans nier ni l’urgence, ni les réductions de crédits, le ministre qui a choisi comme thème de cette 22ème édition « J’aime mon patrimoine » s’est dit l’avocat de la cause des monuments historiques auprès du Premier ministre.
La politique du patrimoine du gouvernement comporte trois axes: « repenser, restructurer et relancer l’action de l’Etat », « proposer un nouveau partenariat aux collectivités territoriales et aux acteurs privés », et « conquérir de nouveaux publics ».

Ainsi, sans attendre l’annonce officielle dans quelques jours de son budget 2006, Renaud Donnedieu de Vabres a révélé que 100 millions d’euros tirés des privatisations récemment annoncées par Dominique de Villepin seront attribués au patrimoine dont la richesse architecturale fait de la France la première destination touristique au monde.
Le ministre de la Culture, qui réaffecte également 10 millions d’euros pour l’année 2005, a également annoncé qu’une ordonnance concernant les monuments historiques sera publiée au JO dans les prochains jours. Objectif annoncé : « simplifier des règles trop complexes, dans lesquelles on peine à se retrouver ».

Ces mesures annoncées le 6 septembre ne devraient pas passer inaperçues pendant ces deux journées européennes du patrimoine 2005. Ces dernières s’annoncent toujours plus riches en visites nouvelles et exceptionnelles : le château de Sury-le Comtal (Loire), le restaurant Maxim’s (Paris), le Cloître des Dames Blanches (La Rochelle), figurent en France parmi les 15 480 lieux d’histoire et d’architecture (dont 999 premières ouvertures) qui ouvriront leurs portes en partenariat avec la Capeb, la Demeure historique et Carrefour… Plus de 12 millions de visiteurs sont attendus.

Dominique Errard

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Et pourquoi pas une agence nationale du patrimoine historique ?



« Le secteur connaît une baisse de crédits de 25% entraînant des arrêts de chantiers dans tous les départements » rappelait Christian Baffy, président de la FFB, quelques jours avant l’annonce d’une dotation de dix millions d’euros de crédits supplémentaires d’ici la fin de l’année en faveur de la politique du patrimoine.
Si, dans un premier temps, ce geste du gouvernement va rassurer les entreprises spécialisées dans la restauration de monuments historiques, reste que « la France possède dix fois trop de patrimoine par rapport aux moyens dont elle dispose pour les entretenir » constate Christian Baffy. « La solution ne serait-elle pas de créer un guichet unique du type ANRU, une sorte d’agence nationale du patrimoine historique, pour mettre ensemble les crédits » s’interroge-t-il.

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