Réalisations

Monolithe de béton pour mémorial humaniste à Rivesaltes

Mots clés : Architecture - Béton

En septembre 2015 ouvrira le Mémorial du Camp de Rivesaltes (Pyrénées-Orientales). Son architecture massive, signée Rudy Ricciotti et Passelac & Roques, s’implante avec force et respect entre les vestiges des baraquements de ce lieu d’internement.

« Parce qu’ils avaient le tort d’être juifs étrangers, républicains espagnols, tsiganes ou harkis, indésirables aux yeux de la France, ils ont été internés dans cet ignoble camp de Rivesaltes (1941-1964). La honte, l’indifférence et l’ignorance ont relégué aux oubliettes de l’histoire l’existence de ce lieu, mais le Mémorial qui ouvrira en septembre prochain va permettre à la République de regarder en face son passé et de bâtir un avenir plus éclairé. En exposant les souffrances d’hier, ce projet humaniste doit lutter contre les discriminations et fanatismes d’aujourd’hui. » Ces propos engagés ont été tenus par Damien Alary, président de la région Languedoc-Roussillon, lors d’une présentation du projet le 4 mars à Paris, à l’Assemblée nationale.

 

Transmission

 

Les 612 hectares du camp Joffre, dit Camp de Rivesaltes, ont été sauvés en 1998 de la destruction par son prédécesseur Christian Bourquin, décédé en 2014, qui espérait que « le travail de mémoire serve à notre jeunesse, à tous, à l’humanité ». Hermeline Malherbe, présidente du conseil général des Pyrénées-Orientales, a salué « son courage » à l’époque, insistant sur le fait que « la mémoire ne fait sens que si elle est transmise ».

« Le Mémorial ne doit pas être un lieu de consumérisme culturel mais un lieu où l’on défende les valeurs d’humanisme », confirme sa directrice, Agnès Sajaloli. Une intention partagée par l’historien Denis Peschanski, président du conseil scientifique. Selon lui : « Il ne s’agit pas là d’un projet communautariste, mais humaniste, où les familles des 50 000 personnes passées par le camp redécouvriront leur histoire, mais aussi les histoires des autres populations déplacées sous la contrainte. »

 

Emotion

 

L’opération, d’un coût global de 22,75 millions d’euros, comprend la création de 1200 m² d’exposition permanente, 400 m² d’exposition temporaire, un auditorium de 139 places, un centre de documentation, ainsi qu’un espace dédié à la pédagogie. Ce programme est logé dans un édifice de 4000 m², construit sur une zone non-bâtie du camp d’internement, entre les vestiges des baraquements. Le projet architectural, choisi en 2005, a été conçu par Rudy Ricciotti, associé à François Roques et Romain Passelac.

« Notre projet s’inscrit entre nécessité de l’émotion et refus du pardon, explique Rudy Ricciotti. Un monolithe de béton de 220 x 20 m, haut de 4 mètres, s’enfouit dans le sol comme pour s’excuser d’être là ; et en même temps, c’est comme une masse de mémoire posée sur les pieds de ceux qui avaient le pouvoir. » Aucune fenêtres tournées sur l’extérieur, seuls trois patios ouvrent vers le ciel. Josiane Collerais, vice-présidente de la région Languedoc-Roussillon, prévient le public : « Vous ne ressortirez pas indemne émotionnellement de ce bâtiment. »

 

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