Industrie/Négoce

Mondial du bâtiment : derrière les produits, les tendances

Mots clés : Distribution

La rédaction a arpenté les allées pour vous faire (re)découvrir ces tendances qui ont pu vous échapper. Suivez le guide.

C’est tout le charme d’un salon professionnel, a fortiori quand c’est le plus important d’Europe. La rédaction a parcouru les longues allées de Paris-Nord Villepinte et s’est attardée sur de nombreux stands pour découvrir et comprendre. Comprendre surtout, derrière les produits mis en avant, quelles tendances profondes traversent l’univers du bâtiment. En voici une synthèse, forcément non exhaustive.

 

Digital : fluidifier et renforcer la relation client

C’est une tendance de fond qui touche le secteur depuis plusieurs années et qui continue de se développer avec la généralisation des smartphones et des tablettes chez les professionnels du bâtiment : sur les salons du Mondial, nombre d’exposants, négociants comme industriels, ont mis en avant des services numériques pour fluidifier la relation client. Les initiatives dévoilées sont plus ou moins ambitieuses. Si certaines apportent un véritable service supplémentaire, la majorité des solutions présentées visent à donner plus de visibilité et simplifier l’accès à des dispositifs déjà existants.

Logiciel de devis : Sonepar capitalise sur le savoir-faire de Sage

En partenariat avec l’éditeur de logiciels de gestion Sage, Sonepar a développé ces derniers mois un logiciel de devis et de prise de commande performant à l’intention des clients de ses agences. Présenté sous la forme d’une nouvelle fonction dans le logiciel Sage Batigest i7, ce service connecté permet à ses utilisateurs d’accéder à une plateforme de tarifs comprenant tous les produits référencés au sein des points de vente Sonepar (4 millions de références, 700 marques et 200 000 pages numérisées). En quelques clics, les artisans peuvent connaître la disponibilité des produits au sein des agences de Sonepar, les prix (conditionnés à l’année et dérogés)… et passer directement commande.

Un outil qui pourrait faire gagner « 20 à 30 % de temps par commande », selon le témoignage de Guy Olivier, dirigeant de la société d’électriciens Acomelec, qui teste Batigest i7 depuis plusieurs mois.  Lancé cet été, le logiciel Sonepar-Sage est proposé à partir de 16 € (HT) par mois (pour un poste). Les deux partenaires espèrent atteindre un millier d’abonnements par an. Ils travaillent déjà à une deuxième version qui inclurait un simulateur de temps de pose.

Eco-conception et étiquetage énergétique : l’accompagnement numérique signé De Dietrich

Pour épauler sa clientèle dans l’application des directives Eco-Conception et Etiquetage énergétique, le spécialiste des solutions de chauffage  et d’eau chaude sanitaire De Dietrich a étoffé ses services numériques. Deux nouveautés ont vu le jour ces dernières semaines.

La première est le lancement d’un site Internet dédié à ces nouvelles exigences européennes qui fixent des minima d’efficacité énergétique par produit et impose l’étiquetage par classe de performance des installations d’une puissance inférieure à 70 kW. Le site ecosolutions.dedietrich-thermique.fr présente les directives, les solutions produits du fabricant, intègre un outil de calcul d’étiquette énergétique ainsi qu’un système de géolocalisation des installateurs agréés de la marque.

Deuxième nouveauté : le développement d’une appli, « écosolutions pro ». « Pensée comme un outil d’aide à la vente et de soutien à l’installateur, cette application offre un simulateur de consommation énergétique », explique Stéphanie Raynaud, responsable digital et promotion de De Dietrich. « Sous la forme d’un questionnaire simple d’utilisation, il permet à l’artisan de calculer la dépense énergétique de l’installation de son client et de comparer les économies d’énergies engendrées entre différents types d’équipements pour choisir la solution la plus adaptée.» Connectée avec l’ensemble des services numériques existants de la marque, l’appli permet également d’accéder au catalogue en ligne de De Dietrich, aux fiches techniques de tous les produits accompagnées de leur étiquetage énergétique, à la plateforme de e-formation du fabricant…

Une autre filiale du groupe BDR Thermea, Oertli, en est train de suivre le mouvement. Elle devrait elle aussi se doter dans les mois à venir d’une application permettant aux installateurs d’accéder à l’ensemble des services numériques proposés par la marque. « Nous nous sommes rendus compte qu’une minorité de notre clientèle avait connaissance de l’éventail de d’outils que nous proposions en ligne », explique Daniel Sehmisch, Brand Manager de Oertli. « Avec notre future application, l’idée est de donner plus de visibilité à notre service client : fiches produits, hotline technique, formation, assistance aux pièces de rechange, outils de calculs… »

Club artisan : Bosch elm Leblanc fusionnent façon digitale

Cette « étape » suit logiquement celle de la fusion des équipes commerciales de Bosch Thermotechnology et d’elm Leblanc, effective depuis janvier 2015. Les clubs artisans respectifs des deux marques ne font plus qu’un depuis quelques mois.

L’occasion, pour le groupe, d’accentuer la dimension digitale du nouveau-né, le « club Degré+ ». Si le principe de cet outil de fidélisation de la clientèle reste le même (cumuler des points pour bénéficier de cadeaux, d’offres promotionnelles,  de supports marketing…), son utilisation a été pensée à partir d’une application mobile. Encore une fois, l’idée de départ est de rendre l’outil simple à utiliser, avec le moins de contraintes possibles pour l’artisan.  Il suffit de rentrer le numéro de série de la chaudière à partir de son smartphone pour que les points soient comptabilisés.

Le nouveau club de Bosch elm Leblanc compte aujourd’hui 1200 adhérents. Les marques devraient accentuer son animation en 2016 afin d’atteindre rapidement 1500 membres.

 

Simulation de son ITE : Simpson Strong-Tie sort son « designer » en ligne

Le constat : l’amélioration des performances énergétiques des bâtiments est devenue un enjeu majeur. Et l’isolation thermique par l’extérieur (ITE) connaît un essor considérable. La solution pour le client : sur le site www.strongtie.eu, l’industriel a lancé une application qui permet à chaque utilisateur, artisan, négoce ou particulier, de calculer, en quelques minutes, ses besoins en connexions et fixations pour son chantier d’ITE.

Au final, une modélisation en 3D permet une simulation complète et fournit la liste des produits nécessaires pour le chantier envisagé. L’appli propose en outre d’imprimer les plans de pose de chacune des façades.

 

Les produits multifonctions, pour le bonheur des professionnels et des particuliers


Radiateur sèche-serviette, porte-fenêtre… Nous ne les remarquons plus, mais nos logements regorgent de produits deux-en-un, voire parfois trois-en-un. Un créneau de plus en plus exploité par des industriels conscients de leur impact auprès des artisans comme du grand public. Bon nombre de nouveautés présentées cette semaine au Mondial du bâtiment illustrent cette tendance. 

La tuile photovoltaïque, la solution économique

Quelle soit en plastique ou en terre cuite, la tuile photovoltaïque s’impose petit à petit comme une alternative au panneau solaire traditionnel. Plus gros, plus lourd et surtout plus difficile à changer en cas de panne, ce dernier connaît des contraintes dont la tuile est affranchie. Une tuile qui bénéficie surtout aux couvreurs, qui gagnent en confort et en sécurité sur leurs chantiers. Un bon moyen d’optimiser l’espace sur les toits, parfois considéré comme perdu.

Le chauffe-eau passe-partout

Rarement esthétique, souvent encombrant, le chauffe-eau n’est pas toujours facile à intégrer dans un logement. La société Twido détruit ces préjugés en proposant un appareil au look plus contemporain mais surtout beaucoup plus fonctionnel. Très plat, Twido peut s’adapter pour servir de bâti-support de toilettes ou de sèche-serviette. Présent sur le salon, son président Olivier Cocheteux a profité de l’occasion pour présenter le prototype d’un meuble de salle de bain développé avec Ambiance Bain et intégrant le chauffe-eau Twido, qui « devrait être commercialisé entre fin 2015 et début 2016 ».

Un radiateur qui fait le show

Transformer un objet utile en œuvre d’art pour le plaisir des yeux devient monnaie courante. La société Cinier, fabricante de radiateurs haut-de-gamme, en est un parfait exemple. Ses radiateurs muraux, fabriqués en pierre naturelle des Pyrénées, ressemblent à de véritables œuvres d’art. Personnalisables à l’infini en fonction des goûts des clients, ils prouvent que tous ces objets qui nous entourent et que l’on ne remarque plus peuvent joindre l’utile à l’agréable.

 

Les industriels du toit s’adaptent aux tendances


De l’isolation aux menuiseries, la toiture représente une part importante d’un chantier. Qu’il s’agisse d’une construction, d’une rénovation ou d’un aménagement de combles, les industriels cherchent à apporter des réponses innovantes aux professionnels et habitants.

Résistance au feu et confort d’été

L’isolation est une des principales préoccupations des locataires et des propriétaires. Pour des raisons économiques, tout d’abord, mais de plus en plus pour gagner en confort. De l’aveu même des industriels, les qualités thermiques des produits sont sensiblement les mêmes. Ce qui fait la différence selon Alexandre Bourdiaux, chef de produit marketing chez Rockwool, c’est « le petit plus que peut apporter chaque produit selon l’usage ou les attentes des clients ». Par exemple, Rockwool met l’accent sur la résistance au feu et le confort d’été procuré par ses isolants à base de laine de roche. Ursa, pour sa part, choisi pour sa laine de verre des additifs non nocifs pour garantir une certaine qualité de l’air. Tous semblent aussi intégrer le confort des installateurs dans leur réflexion, afin d’obtenir des produits légers, plus facile à mettre en œuvre et qui n’irritent pas.

La tuile : photovoltaïque, en ABS, en terre cuite…

Pour couvrir le tout, les approches des industriels sont variées. La tuile photovoltaïque, moins lourde et plus facile à changer qu’un panneau, est un de leurs points communs, même si « les ventes ont ralenti après la fin des primes de l’État », confie Maxime Durand, manager général d’Akro Toit qui « espère une reprise avec l’arrivée future de la RT 2020 ». Avec des tuiles en ABS, une matière recyclée très légère, cette société répond aux problèmes de pénibilité du travail des couvreurs. C’est également le cas d’Imerys Toiture, qui a pris le taureau par les cornes il y a déjà une dizaine d’années en développant « des paquets à taille humaine, comprenant un nombre adapté de tuiles en terre cuite », selon Olivier Lafore, son directeur marketing et communication. Si les finitions et la couleur restent souvent influencés par les régions, Olivier Lafore explique que les tuiles présentant un aspect contemporain (couleur noire, dessins en relief, LED intégrées…) rencontrent actuellement un franc succès.

La fenêtre de toit, une vraie demande

Du côté des menuiseries et des fenêtres de toit, les principales innovations suivent la tendance. L’engouement actuel pour les toits plats et les toits-terrasses, surtout en milieux urbains, pousse les fabricants à adapter leurs produits à ce nouveau marché. Fakro, numéro deux mondial sur le marché des fenêtres de toit, croit en son potentiel, au point que les trois nouveautés produit annoncées pour début 2016 se concentrent sur cette cible. Avec des fenêtres plates sans châssis, ou sur lesquelles il est possible de marcher, Fakro mise sur le gain de place pour faire des toits une vraie extension de la maison.

 

Les négoces étaient là… visiteurs ou exposants

Le visitorat négoce était bien au rendez-vous sur les stands. « On a pu voir, rencontrer, discuter… avec les principaux réseaux », se réjouit Didier Ayoun, responsable commercial national chez Semin Profils. On a aussi pu apercevoir les décideurs des négoces en grandes discussions sur les stands ces derniers jours (lundi était plus calme, dixit les exposants).

Starmat ou Cofaq (pour la première fois), étaient même exposants. Objectif : rencontrer de potentiels nouveaux adhérents. « Nous avons même rencontré des candidats qui souhaitaient se lancer dans le négoce », glisse Pierre Gréco, le directeur général de Starmat.  Comme quoi, le business attire ! Grosse affluence aussi sur le stand de Batiwiz, le « vente-privée » dédié aux pros du bâtiment, dont le business ne cesse de s’étendre.

 

Bonus : le buzz de l’isolation par ultrasons

C’est un bel exercice de communication virale qu’a réussi Ursa: l’industriel a créé le buzz en mettant en ligne une technologie inédite, l’isolation complète de la maison grâce à des ultrasons. Une manière de sensibiliser le public à ses propres solutions d’isolation. Les internautes ont marché puisque Ursa a reçu 500 demandes pour une commande! Il faut dire que le film est vraiment bien fait… et convaincant. On vous laisse le découvrir en cliaquant ici.

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