Paysage

Mobilier urbain : Aréa anticipe la reprise communale

Mots clés : Etat et collectivités locales - Mobilier urbain

Avec la sortie de son premier catalogue depuis 2009, le fabricant de mobilier urbain Aréa anticipe la reprise de la commande communale et intercommunale. A la tête de l’entreprise créée en 1987 par leur père Michel dans la campagne toulousaine, Laure et Gilles Boudou y confirment leurs talents d’héritiers créatifs.

Aréa prépare la seconde révolution des grilles d’arbres. « Avec l’introduction de l’acier mécano-soudé à la place de la fonte, notre père avait créé le nouveau standard qui a succédé à celui de Haussmann », commente Gilles Boudou, directeur commercial de l’entreprise de 70 salariés. Contrairement à la grille de fonte qui s’enfonce peu à peu, les carrés métalliques d’Aréa, accrochés au sol par une feuillure extérieure, protègent durablement le pied de l’arbre urbain. Autour de l’offre du catalogue avec son côté de 1 225 mm, l’industriel adapte la dimension du produit à la taille de la motte.

 

Génération zéro phyto

 

Comment revenir sur une telle invention avec un nouvel élan d’innovation ? « Voici trois ans, quand nous avons lancé le chantier de ce catalogue, c’était notre première question », se souvient Laure Boudou, directrice de production et architecte de formation. Une cinquantaine de croquis plus tard, Aréa n’a bouclé ce dossier qu’en fin de course. Maîtresse du design et des ateliers, Laure Boudou a redessiné des grilles qui optimisent les outils de production et qui relèvent le défi de l’interdiction des produits phytosanitaires : la version « persienne » occulte la lumière et freine la pousse des végétaux. A l’inverse, les protections réduites au seul cadre métallique délimiteront des micro-jardins urbains. Entre les deux extrêmes, des carrés partiellement habillés de lattes de bois concilieront un objectif esthétique avec la maîtrise de la végétalisation du sol. Ces supports modulaires répondent aux programmes de coulées vertes et d’alignements plurispécifiques, moins monotones et moins exposés aux parasites et aux ravageurs que les traditionnelles allées plantées d’une seule espèce.

 

Fidélité

 

La fidélité au père a guidé ses héritiers dans tout le catalogue : « A partir d’une borne, nous déclinons une gamme dans des garde-corps comme dans des abris vélos », témoigne la directrice de production. A la fin des années 1980, la systématisation de cette approche globale avait coïncidé avec l’arrivée sur le marché des premières promotions de paysagistes formés à Versailles, qui avaient mis fin à une logique administrative dans la commande publique du mobilier urbain : les corbeilles pour le service propreté, les bancs pour les espaces verts et les grilles d’arbres pour la voirie.

La seconde génération à la tête d’Aréa est restée fidèle à des exigences de détail : « A part nous, seuls les joaillers continuent à pratiquer le polissage manuel des métaux », souligne Laure Boudou. En renforçant le contraste entre la tige grenaillée d’un poteau et le sommet bombé en inox poli, l’entretien de ce savoir-faire prend un nouveau sens, pour le guidage des malvoyants.

 

Pauses horizontales

 

La sensibilité propre à la nouvelle génération émerge sans ostentation : « Nous préférons l’élégance des barrières légères à la lourdeur des forêts de poteaux », glisse Laure Boudou. Son expression propre se libère dans les réponses aux nouveaux usages : les comptoirs ou autres assis-debout donnent du confort aux haltes urbaines. Pour les pauses plus proches de l’horizontale, les reliefs des tapis de bois autorisent toutes sortes de positions, entre assis et couché. Dans le quatrième et dernier chapitre du catalogue intitulé Evasion, les mobiliers ludiques autorisent toutes les expérimentations, sans oublier l’indémodable clin d’œil : le portemanteau pour joueur de pétanques. Laure et Gilles Boudou ont respecté les intitulés de Michel Boudou qui structurent toujours l’activité chiffrée à un total proche de 10 millions d’euros de chiffre d’affaires dans les hauts de cycle municipaux : la pause (35 %), l’arbre (24 %), la rue (37 %) et Evasion (4 %).

 

Pratiques atypiques

 

Maillon central d’une politique commerciale atypique, le catalogue donne « des prix illustrés », résume Gille Boudou. Résultats de longues réflexions, les tarifs affichés en gras et non négociables restent en vigueur pendant les six ans qui séparent la publication de deux catalogues. En amont, la séduction repose sur les images du site Web. En aval, des fiches techniques détaillent les modalités de mise en œuvre. Contrairement à ses concurrents, l’industriel toulousain ne dispose d’aucun réseau commercial nomade. Il travaille exclusivement sur commande pour des ventes directes aux entreprises de TP et du paysage, avec des délais de livraison maximum de cinq semaines. L’entreprise, où les heures supplémentaires n’ont pas cours, ne commissionne pas ses cadres commerciaux, pour qu’ils demeurent des conseillers attachés à la réponse juste plus qu’aux montants des ventes.

 

Ambition allemande

 

Outre l’aménagement d’un nouvel atelier de soudure qui provoquera une réorganisation des deux sites de production des villages de L’Union et Flourens, les mois à venir ouvrent un nouvel horizon : celui de l’Allemagne, pays auquel Laure et Gilles Boudou se sont attachés pendant leurs années d’études. La traduction du catalogue, les premiers contacts établis avec le BDLA (équivalent allemand de la fédération française du paysage) et la présence au salon Galabau, du 14 au 17 septembre prochain à Nuremberg, préparent cette perspective.

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