Industrie/Négoce

Mise en sécurité des ascenseurs : la baisse des commandes inquiète le secteur

Mots clés : Ascenseur - Efficacité énergétique - Réglementation thermique et énergétique

La Fédération des Ascenseurs a fait état lundi 2 avril d' »un ralentissement très net et préoccupant des commandes pour la suite des travaux de la loi Sécurité des Ascenseurs Existants  » – dont l’échéance est juillet 2013 – qui n’ont pour l’instant été réalisés qu’à 52%.

Alors qu’il reste 15 mois (d’ici juillet 2013) et encore près de la moitié du parc d’ascenseurs (1) à rénover pour atteindre les exigences de la 2e tranche de travaux de mise en sécurité prévus par la loi Sécurité des Ascenseurs Existants (2), les ascensoristes s’inquiètent d’une baisse des commandes qui commence à peser sur la situation de l’emploi dans le secteur.

Même si les ascensoristes ont réalisé 2,7 milliards d’euros de chiffres d’affaires en 2011, que le marché des ascenseurs neufs (environ 12.000 appareils en 2011) est toujours porteur et que 6500 nouveaux techniciens ont rejoint ces cinq dernières années les quelques 150 entreprises de la profession (qui génèrent 20.000 emplois au total), le rythme des travaux ralentit à nouveau trop fortement. 

 

Entonnoir

En effet, après la crise économique de 2008 qui avait poussé les propriétaires d’immeubles à attendre le dernier moment (31 décembre 2010) pour achever les travaux de la phase 1, la « crise de l’euro » en 2011 et la période électorale actuelle ont provoqué un nouvel attentisme. Les PME du secteur, particulièrement, se retrouvent donc en sous activité. Fin 2011, certaines d’entre elles créées dans le contexte de la loi SAE se sont même retrouvées en dépôt de bilan.

Une situation paradoxale donc avec d’un côté un parc vétuste (50 % des 490.000 ascenseurs du pays ont plus de 25 ans, et si 92 % du parc a subi la 1ère tranche de travaux, il reste encore 26.500 appareils qui n’en ont subi aucun) et de l’autre des entreprises en attente. Une situation, prévient Jean-Luc Detavernier, délégué général de la Fédération des ascenseurs, qui risque de provoquer « un effet d’entonnoir à l’approche de l’échéance de juillet 2013, et donc à une saturation et des délais de réalisation des travaux allongés ».

 

18.000 euros « seulement »

Et la FA de rappeler que le coût moyen des travaux par ascenseur (SAE + modernisation) est en baisse et est passé de 24.000 € en 2006 à environ 18.000 € en 2010-2011 (soit sur 15 ans – période prévue pour achever tous les travaux – pour une copropriété de huit personnes, un coût d’environ 150 € par an par copropriétaire, a estimé M. Detavernier). Une baisse qui s’explique par le fait qu’au début des travaux SAE, certains copropriétaires ont engagé plusieurs tranches à la fois et que, ces derniers temps, les copropriétaires retardataires se sont limités au minimum obligatoire. Enfin la Fédération des ascenseurs admet que la concurrence accrue au sein de la profession, la pression sur les prix et un perfectionnement des méthodes de travail ont également un rôle dans la réduction des coûts. 

Des arguments suffisants selon les ascensoristes pour réaliser des travaux qui ont permis depuis 2006 de diviser par deux le nombre d’accidents chez les usagers et les techniciens et – même si un usager est décédé en 2010 et 6 techniciens sont décédés en 2010 et 2011 – une baisse de 70 % des accidents mortels et graves.

 

 

Focus

La 2e tranche de travaux de mise en sécurité

Echéance : juillet 2013.

Les travaux portent sur :

– le contrôle de l’arrêt et du maintien de la cabine à niveau du palier pourles appareils installés avant janvier 1983

– un système de téléalarme pour l’assistance aux personnes bloquées

– une résistance mécanique suffisante des vitrages de portes palières

– un système de prévention des risques de dérive et/ou d’excès de vitesse pour les ascenseurs hydrauliques

– des dispositifs de protection des techniciens contre les accidents causés par les poulies

– un éclairage suffisant du local machine.

(1) Le parc français en service compte environ 530.000 appareils dont 490.000 accessibles aux personnes (chiffres 2011). C’est le 4e parc européen. Sur 7 années effectives de mise en oeuvre de la loi SAE, l’avancement global s’élève à 58 %, à 52 % pour la 2e tranche.

(2) La loi de juillet 2003 de mise en sécurité des ascenseurs impose la réalisation sur 15 ans de travaux de sécurité portant sur trois volets – entretien, mise en sécurité (à partir de 17 risques majeurs), contrôle technique – avec 3 échéances spécifiques  : décembre 2010, juillet 2013 et juillet 2018.

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