Immobilier

Mipim 2016 : la prudence est de mise

Mots clés :

Gestion et opérations immobilières

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Gestion immobilière

Acteurs privés et publics se rencontreront au Mipim à Cannes du 15 au 18 mars. L’heure de conclure de bonnes affaires ? Pas sûr. Car les investisseurs pourraient se montrer très prudents en 2016 selon la 19e édition du baromètre IPD de l’investissement immobilier français présenté par MSCI et le Crédit Foncier.

L’édition 2016 du Mipim pourrait bien être placée sous le signe de la prudence. Depuis quelques semaines, acteurs privés et publics annoncent à grand coup de communiqués de presse les programmes immobiliers qu’ils mettront en avant durant le salon professionnel afin de trouver des partenaires et des investisseurs. Mais ces derniers pourraient faire preuve de retenue selon la 19e édition du baromètre IPD* publié par le Crédit Foncier, qui mesurent les anticipations des investisseurs sur l’immobilier tertiaires.

 

Pour l’optimisme, passez directement en 2017

 

Dans le secteur du bureau, les panélistes anticipent une demande placée à 2,2 millions de m² (un volume comparable à celui enregistré en 2015) et 2,5 millions de m² loués en 2017. Dans le commerce, près de deux tiers des sondés prévoient une dégradation des niveaux de vacance dans les centres commerciaux. Ces derniers misent également sur un recul des niveaux de loyers. Les investisseurs interrogés semblent plus optimistes pour le secteur de la logistique. En 2015, 3 millions de m² ont trouvé preneur. Pour 2016, « cette dynamique devrait perdurer selon les panélistes », indique-t-on chez l’entreprise de services financiers MSCI. 

 

Marché en surchauffe ?

 

Bulle en formation, marché en surchauffe… les qualificatifs ne manquent pas pour parler du marché de bureaux. « La demande a clairement l’avantage, pour preuve, les mesures d’accompagnement n’ont jamais été aussi importantes depuis le lancement de l’indicateur d’Immostat (elles se fixent à 21,5% des loyers faciaux, ndlr) », s’alarme Alexandre Mirlicourtois, directeur de la conjoncture et de la prévision du cabinet d’études Xerfi. Pour rappel, « les mesures d’accompagnement » désignent les gestes commerciaux réalisés par les propriétaires à l’encontre des utilisateurs (gratuité de quelques mois de loyers, aide à l’installation, etc.) et grèvent la rentabilité des locations. « Depuis la crise des années 2008, le marché s’est déformé car la croissance n’est pas assez forte et les besoins des entreprises restent mesurés », analyse Alexandre Mirlicourtois.

 

Investisseurs frustrés

 

Même si le bureau focalise toute l’attention des investisseurs (le secteur totalise 60% des intentions d’investissement), ces dernier semblent porter un intérêt croissant aux secteurs hôtelier et de la santé. Enfin, il n’y aura quasiment pas d’investissement « dans le secteur résidentiel », indique-t-on chez MSCI-IPD. « Mais ils pourraient revenir sur la logistique qui offre de beaux rendements », ajoute Emmanuel Ducasse, directeur des études au Crédit Foncier.

« Le marché français semble trop petit pour les investisseurs, l’offre de qualité est insuffisante », indique-t-on chez MSCI-IPD. Frustrés, les investisseurs pourraient passer les frontières hexagonales pour s’intéresser aux actifs situés en Allemagne, au Benelux et en Italie. Ils en profiteront pour développer des portefeuilles paneuropéens. « On peut se demander comment est-ce qu’ils maîtriseront le risque », s’inquiète Emmanuel Ducasse.

 

Focus

Les marchés régionaux ont besoin de flexibilité et d’offres rénovées

Le marché tertiaire en région a été essentiellement porté par l’industrie et le secteur public en 2015, selon BNP Baribas Real Estate. Avec 1,44 million de m² placés, le volume de bureaux loués enregistre une augmentation de 9% par rapport à 2014. Sans surprise, le marché lyonnais est le premier de France (273 000 m²) devant Lille (172 000 m²) et Aix-Marseille (143 000 m²).

Pour 2016, le professionnel veut se montrer « confiant ». « Outre une demande soutenue et une conjoncture économique favorable que l’on voit poindre avec une croissance du PIB attendue de 1,2% en 2016, il faudrait trois ingrédients supplémentaires pour que le marché reste à un bon niveau cette année, détaille Jean-Laurent de La Prade, directeur général adjoint de BNP Paribas Real Estate Transaction, en charge des Régions. Il faudrait que les prix restent mesurés dans le neuf, que les bailleurs offrent plus de flexibilité sur les baux et mettent tout en œuvre pour adapter l’offre aux attentes des utilisateurs, c’est-à-dire qu’ils rénovent leurs locaux ou poursuivent leurs investissements en blanc dans les villes et les quartiers d’affaires qui en manquent. »

 

*Le baromètre IPD Crédit Foncier sonde des investisseurs institutionnels qui pèsent « près de 100 milliards d’actifs, soit près d’un tiers du marché », précise-t-on chez MSCI-IPD.

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