Collectivités territoriales

Migrants: l’Etat s’engage sur le financement du camp de Grande-Synthe

Mots clés : Bâtiment d’habitation individuel - Démarche environnementale - Etat et collectivités locales - Gouvernement

Le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve et la ministre du Logement et de l’Habitat durable Emmanuelle Cosse étaient ce 30 mai dans la Communauté urbaine de Dunkerque pour procéder à la signature d’une convention tripartite entre l’Etat, la Ville de Grande-Synthe et l’AFEJI, nouveau gestionnaire du camp.

«On ne peut rien contre la volonté d’un homme», disait François Mitterrand, cité par Bernard Cazeneuve. De fait, Damien Carême, le courageux maire de Grande-Synthe, est arrivé à ses fins. Après avoir pris sur sa responsabilité d’édifier, avec le soutien de Médecins sans frontières, un camp de réfugiés sur sa commune, l’élu a obtenu que l’Etat finance le fonctionnement de celui-ci. Symboliquement, le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve et la ministre du Logement et de l’Habitat durable Emmanuelle Cosse étaient sur site, ce lundi, pour parapher l’accord. Concrètement, l’Etat abondera à hauteur de 3,9 millions d’euros, somme qui servira à financer le gardiennage du camp de la Linière, le nettoyage des sanitaires, la médiation sociale et la sécurité.

Il faut se souvenir qu’au mois de mars, lors du déménagement des migrants de la jungle du Basroch vers la Linière, une commission de sécurité diligentée par le préfet avait failli faire tout capoter. Deux mois plus tard, la situation s’est renversée. Le camp fonctionne, le nombre de réfugiés qu’il abrite diminue chaque jour. De 1 300 en mars, il est aujourd’hui passé à moins de 800 grâce à un renforcement de la politique d’asile française. L’objectif de Damien Carême a en effet toujours été de réduire petit à petit la taille du camp de la Linière: «Un camp ne saurait être une solution durable, explique l’élu. Je suis néanmoins convaincu que nous tenons ici la bonne formule: un sas offert aux réfugiés pour faire une pause. Il faut désormais aller plus loin ans la réflexion, une autre Europe est possible.»

Histoire de ne pas perdre totalement la face, l’Etat a toutefois posé ses conditions à ce financement: la scolarisation des enfants du camp dans les écoles de la République et une gestion plus rigoureuse en matière de sécurité, retirée à Utopia 56 et confiée dorénavant à l’AFEJI, une association nordiste de bienfaisance dont l’objet est de lutter contre toutes les formes d’exclusion. Par ailleurs sera créée une maison des pouvoirs publics. L’aide humanitaire continuera à être apportée par des bénévoles.

Une reconnaissance en bonne intelligence du travail de Damien Carême, qui au-delà de son engagement politique aura eu l’habileté de ne jamais s’opposer à l’Etat, notamment en répondant par des mesures compensatoires aux 14 points soulevés par la commission de sécurité le jour du déménagement. Il faut espérer maintenant que l’exemple de Grande-Synthe fera tâche d’huile jusqu’à Calais où, nonobstant les millions dépensés par l’Etat, la question des migrants a depuis le départ été gérée en dépit du bon sens.

Le mot de la fin revient au nouveau préfet de région Michel Lalande: «Aujourd’hui, on voit tous ces gens comme un problème, je voudrais que demain, on les voie comme une opportunité.»

 

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