Transport et infrastructures

Match franco-italien pour le marché du tunnel de la ligne 2 du tramway niçois

Le groupement Razel, Vinci et Spie fait les frais d’une présence plus forte des entreprises italiennes dans la région.

 

Alors que le projet de ligne 2 est-ouest du tramway niçois vient à peine d’être présenté à la population (l’enquête publique est prévue en novembre), la bataille économique pour ce marché, sur fond de concurrence entre entreprises française et italienne et de contraction de l’activité dans les TP, est déjà engagée. L’opération « pèse » 759 millions d’euros TTC (coût global) et le tracé prévoit notamment un tunnel de 3,5 km en site urbain, entre le centre-ville et le port. En juin dernier, la communauté urbaine Nice Côte d’Azur, maître d’ouvrage a lancé une consultation auprès de groupements spécialisés pour le marché du génie civil et des équipements de cette section souterraine. Sur 6 candidatures, cinq ont été jugées recevables et, conformément au cahier des charges, 4 ont été retenues : les italiens Pizzarotti et Ghella, très peu connu en France pour ce dernier, et les majors français Eiffage et Bouygues Soletanche. Constructeur du Nice Stadium, Vinci, associé à Razel (mandataire) et Spie, malgré leurs références, se sont retrouvé écartés de cette consultation. Le groupement a déposé un référé précontractuel auprès du tribunal de Nice mais la requête a été rejetée la semaine dernière.

 

Crainte de distorsion de concurrence

 

Cet épisode survient dans un contexte où la présence d’entreprises italiennes sur la Côte d’Azur s’est sensiblement renforcée au cours des derniers mois et ce malgré la baisse du marché. Dernier exemple en date : la réalisation, en conception-construction, d’un parking souterrain de 400 places sous le port de Nice (quai de la Douane), attribué par la CCI Nice Côte d’Azur à l’entreprise Pizzaroti, un marché de 20 millions d’euros TTC.

Cette arrivée de nouveaux opérateurs fait craindre des distorsions de concurrence aux acteurs locaux du BTP. Le risque a en tout cas été pris au sérieux par la Fédération du BTP des Alpes-Maritimes qui vient de produire un document complet sur les obligations (notamment sociales) que doivent respecter les entreprises étrangères réalisant des travaux de BTP en France (certificats de détachement, déclaration à l’inspection du travail, règles du droit du travail, etc.). Diffusés aux adhérents de la Fédération, il doit notamment leur permettre de rappeler aux donneurs d’ordre public ces obligations et les risques juridiques qu’ils encourent si elles ne sont pas respectées… 

 

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