Etat et collectivités

Marchés publics d’Ile-de-France : épilogue ce mercredi

L’ex-bras droit de Jacques Chirac, Michel Roussin, et l’ancien président RPR de la région Ile-de-France, Michel Giraud, seront fixés sur leur sort mercredi avec le jugement de l’affaire des marchés publics, le plus gros procès de financement illégal des partis politiques.

L’ombre du président Chirac a plané sur les quatre mois de ce procès sans révélations qui a vu 47 prévenus – chefs d’entreprise et politiques – répondre d’accusations de corruption devant la 11e chambre du tribunal correctionnel de Paris.
Outre son ampleur, l’originalité de cette affaire tient au fait que les partis de droite comme de gauche auraient été mêlés à ce système de financement illicite, emblématique des dérives des années 90 avant que ne soient adoptées des règles moins permissives.

Selon l’accusation, les entreprises attributaires de l’énorme marché de construction des lycées d’Ile-de-France devaient reverser 2 % du montant aux formations politiques, la plus grosse part (1,2 % ) du « racket » revenant au RPR, alors dirigé par Jacques Chirac.

Prévenu vedette du procès, accusé d’avoir été le « chef d’orchestre » du système, Michel Roussin, ancien directeur de cabinet de Jacques Chirac à la mairie de Paris (1989-1993), n’a rien lâché contre son ancien patron.
Mis en cause par deux chefs d’entreprise, M. Roussin (65 ans) a nié toute malversation. Contre cet ancien « majordome de l’Hôtel de Ville à la bouche cousue de fil blanc », le parquet a réclamé quatre ans de prison avec sursis et une amende de 100.000 euros.

Autre politique en vue poursuivi, Michel Giraud (75 ans), patron de la région Ile-de-France de 1992 à 1998. Il a été la cible des réquisitions les plus dures – quatre ans de prison dont un ferme et également 100.000 euros d’amende – car il « savait tout des dérives de l’institution » qu’il dirigeait, selon l’accusation.
Contre le champion olympique Guy Drut, député UMP et membre du Comité international olympique (CIO), accusé d’avoir occupé un emploi fictif dans l’une des entreprises incriminées, le parquet a réclamé 18 mois avec sursis.
Sur la tête de l’ancien président du Parti républicain, seul dirigeant de parti poursuivi, Gérard Longuet, pèse une réquisition de trois ans de prison avec sursis et cinq ans d’inéligibilité.
A l’encontre de Louise-Yvonne Casetta, l’ex-trésorière occulte du parti gaulliste, déjà condamnée dans l’affaire des emplois fictifs du RPR, le ministère public a requis deux ans avec sursis.
Contre le Parti socialiste, poursuivi en la personne de Gérard Peybernès, un ancien président de l’association en charge du financement du parti, le parquet a réclamé la même peine.

La défense s’est attachée lors du procès à dénoncer l’absence sur le banc des prévenus des chefs de parti de l’époque, des « chaises vides » qui réduisent à néant, selon elle, la thèse de l’accusation selon laquelle il y aurait eu un pacte de corruption entre les formations politiques.

Françoise MICHEL (AFP)

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