Industrie/Négoce

ManoMano : « Le pro représente 15 % de notre business »

La marketplace dédiée à l’univers du bricolage est au centre de toutes les attentions depuis l’annonce de sa levée de fonds de 60 M€. A cette occasion, Christian Raisson, l’un des deux cofondateurs, a reçu Négoce dans ses bureaux parisiens.

Un million d’euros de chiffre d’affaires en 2013, 15 M € en 2014, 32 en 2015, 90 en 2016, 250 attendu à fin 2017…Depuis son lancement en 2012, à l’époque sous l’enseigne monEchelle.fr, ManoMano ne cesse de casser la baraque. La place de marché spécialisée dans le bricolage et dans le jardinage fait aujourd’hui partie du top 30 des sites e-commerce en termes d’audience en France et est présent dans cinq pays européens (Belgique, Espagne, Italie, Royaume-Uni et Allemagne). Alors qu’elle vient de boucler un tour de table de 60 M€, Négoce a rencontré Christian Raisson, l’un des deux cofondateurs, dans ses bureaux parisiens. Plus précisément, dans la piscine: Cloison bleue, filet de pêche et bouées au mur, ballons de plage au sol et stickers de poisson sur la table… Le ton est donné.

 

Votre site s’adresse avant tout au particulier et au gros bricoleurs. Quelle est la part des professionnels ?

Il est vrai que nous ne visons pas le pro mais il représente tout de même 15 % de notre business global. Les professionnels qui achètent sur notre marketplace viennent, pour moitié, du bâtiment et, pour moitié, des collectivités locales et du CHR (cafés-hôtels-restaurants Ndlr).Pourtant, nous n’avons pas de stratégie marketing dédiée. S’ils viennent chez nous, c’est essentiellement pour le prix. Ils peuvent gagner jusqu’à 20 % par rapport à la grande surface de bricolage.

Avez-vous des ambitions sur le pro ?

A ce jour, nous n’avons pas d’ambition sur cette cible. Ca rentre. Peut-être que nous proposerons quelques outils pour les aider un peu. Mais ce n’est pas l’axe de développement déclaré de ManoMano.

Quelle est la ventilation de vos ventes par famille de produits ?

La première famille de produit vendue sur le site se trouve être le jardinage. Etonnant, non ? Mais structurellement, elle est très importante chez nous. Sous cette segmentation, on trouve l’outillage pour jardin, le mobilier outdoor, la piscine, sol pour terrasse et jardin, l’éclairage…. Ensuite, nous avons le segment plomberie-sanitaire-chauffage puis l’outillage et l’électricité.

Quelle famille de produit allez-vous attaquer dans les prochains mois ?

La déco. La GSB fait beaucoup de déco et nous pas, vraiment aujourd’hui. Nous allons investir cette famille de produit.

Et les matériaux ?

C’est compliqué. Ce sont des produits lourds qui intrinsèquement n’ont pas beaucoup de valeur. La seule valeur du matériau, c’est le transport. Et pour une marketplace comme nous, c’est difficile. A moins d’avoir une offre logistique béton sur l’ensemble du territoire.Et ce n’est pas le cas aujourd »hui. Pourtant, notre toute première commande en 2013 était une palette de tuiles : 600 € de palette de tuiles.

Quel est le leader du e-commerce sur le bricolage et le jardinage en France ?

On a fait nos calculs et nous pensons être le leader du marché. Certes nous ne connaissons pas les chiffres de ventes de Cdiscount sur le secteur mais nous avons ceux d’Amazon, Leroy Merlin, Rue du Commerce… bref, de tout le monde. Nous pensons être le premier. Au pire, le second, si Cdiscount performe bien.

Vous êtes donc devant Amazon, une marque mondiale ?

Nous sommes devant Amazon depuis deux ans. 

Comment est-ce possible ?

Amazon fait peur à beaucoup de monde. Actuellement, il se lance dans le food et c’est la panique chez Carrefour et consorts. Mais historiquement, Amazon n’est pas bon sur tous les marché. Souvenez-vous, il y a 10 ans, il a racheté Zappos, le géant américain de la chaussure, parce qu’il n’y arrivait pas sur cette famille de produit. Dans la mode, il ne perce pas.

Heureusement, Amazon ne peux pas tout faire. Il y a encore des places pour des spécialistes. Notre chance, c’est que les clients ont besoin de conseil. Ce que ne fait pas ou peu Amazon. Ce n’est pas sa stratégie. Ses chevaux de bataille actuellement : le food, les boissons. C’est plus simple à vendre que du receveur de douche ou un salon de jardin.

 

 

 

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