Industrie/Négoce

Malgré les embûches, Saint-Gobain reste déterminé à prendre le contrôle de Sika

Mots clés : Industriels du BTP

La Commission suisse des OPA (COPA) a confirmé, le 1er avril, les statuts de l’entreprise Sika. Le français Saint-Gobain, qui souhaite en racheter 16 % des parts, n’aura donc pas à lancer d’OPA pour prendre le contrôle du groupe spécialiste de la chimie du bâtiment.

La décision était certes prévisible, mais elle redonne confiance à Saint-Gobain dans son projet de prise de contrôle du groupe suisse Sika. Le 1er avril, la Commission suisse des OPA (COPA) a confirmé comme « applicable » la  clause d’opting out figurant dans les statuts de Sika. C’est cette clause – inexistante dans le droit français – qui exempt le groupe Saint-Gobain de lancer une OPA (offre publique d’acquisition) sur Sika alors qu’il va prendre le contrôle de l’entreprise et de ses droits de vote.

Le spécialiste des matériaux de construction français se voit donc ainsi conforté dans son projet de rachat de la participation de la holding familiale SWH de 16 % dans Sika, qui lui octroierait 52,4 % des droits de vote de l’entreprise. « La Commission des OPA a constaté  (…) que cette transaction n’entraîne pas d’obligation pour (…) Saint-Gobain (…) de présenter une offre publique d’acquisition aux actionnaires de Sika AG », écrit la COPA le 1er avril.

Par cette décision, la commission suisse rejette le recours lancé le 5 mars par certains actionnaires de Sika, dont le milliardaire américain Bill Gates (via son fonds d’investissement Fondation Bill & Melinda Gates) et Cascade Investment. Tous deux ont d’ailleurs annoncé faire appel de la décision auprès de l’autorité de surveillance des marchés en Suisse.

 

Convaincre du bien-fondé de l’opération


Pour Saint-Gobain, la décision de la COPA clôt « le sujet d’un prétendu abus de droit que soulevait Sika » et « conforte » le groupe, désormais « déterminé à mener à bien » l’opération de rachat de SWH, écrit-il dans un communiqué.

Annoncée début décembre dernier, l’opération visant à prendre le contrôle de Sika a suscité une levée de boucliers de la part de certains membres de la direction, du conseil d’administration du Suisse (son président en tête), d’actionnaires et, aujourd’hui, de personnalités politiques suisses.

Un tour que n’avait pas envisagé le PDG de Saint-Gobain, contraint de consacrer beaucoup de temps à cet épineux dossier depuis début 2015. Pour défendre le bien-fondé d’une opération dont il rêve depuis des années, Pierre-André de Chalendar multiplie les déplacements en Suisse, les courriers rassurants aux salariés de Sika sur le maintien de l’emploi et de la culture d’entreprise, les rencontres avec les médias et les parlementaires locaux… C’est que, pour l’instant, Saint-Gobain reste tributaire des recours en justice intentés par SWH contre le conseil d’administration de Sika et de l’issue de l’assemblée générale du 14 avril, dont l’objectif affiché est de contrer l’opération.

Le dirigeant français en est conscient : prévue pour être terminée au début du second semestre 2015, l’opération pourrait être retardée et ne pas pouvoir être bouclée, avant, au moins, la fin de l’année.

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