Immobilier

Malgré de bons résultats en 2015, les promoteurs restent sur leurs gardes

Mots clés : Bâtiment d’habitation individuel - Gestion immobilière

La construction de logements a repris des couleurs selon la Fédération des promoteurs immobiliers qui dépeint une « bonne » année 2015. La fédération professionnelle souhaite transformer l’essai en 2016 et attend le prolongement du dispositif d’investissement locatif Pinel qui doit arriver à échéance au 31 décembre 2016.

L’année 2015 aura été celle « du retour à l’optimisme des entreprises de la construction » pour la fédération des promoteurs immobiliers (FPI). Ses chiffres indiquenr que les ventes de logements neufs ont bondi de 13,6% sur un an (122 781 unités), essentiellement grâce aux investisseurs. Ces derniers ont pris position sur 49 564 logements proposés à la vente, un chiffre en augmentation de 43,8% sur un an.

« Le dispositif d’investissement locatif Pinel est un bon produit qui a rencontré son marché », estime Guy Bernfeld, vice-président de la fédération, lors d’un point presse organisé jeudi 18 février. Selon lui « les carnets de commandes des entreprises seront mieux garnis qu’en 2015. L’année 2016 sera portée par un bon produit fiscal et un prêt à taux zéro (PTZ) qui pourrait relancer la primo-accession. Par ailleurs, la bonne tenue des ventes dans l’ancien (autour de 800 000 transactions selon la FNAIM, ndlr) permet de nourrir les achats de secundo-accédants dans le neuf. » La FPI note toutefois un recul notable des primo-accédants au 4e trimestre 2015 (-11,23%) dû « à l’attente du nouveau PTZ (entré en vigueur au 1er janvier), explique Guy Bernfeld. Il faudra voir si la reprise se confirme au 1er trimestre 2016 ».

 

Les grands logements et les studios pas adaptés à la demande

 

La fédération professionnelle a profité du point presse pour déplorer « une offre parfois mal adaptée aux besoins », notamment des logements trop grands ou des studios qui gonflent le stock et « pèsent sur les capacités de financement des opérateurs pour initier de nouveaux projets ». La FPI note, un écart constant entre l’offre de logements proposés dans les programmes et les réservations nettes. Il s’établit à 33% pour les cinq pièces et plus, 21% pour les quatre pièces et 18% pour les studios. Le décalage entre l’offre et la demande demeure moins important pour les deux pièces et les trois pièces (respectivement 6% et 9%). Alexandra François-Cuxac, présidente de la FPI, explique cette situation part « les chartes des collectivités locales » qui imposent aux promoteurs de construire des logements qui ne correspondent pas aux attentes des particuliers.

Les promoteurs ne pourraient-ils pas proposer des logements plus adaptés aux modes de vie Français (familles recomposées, monoparentales, etc.) en construisant des habitations évolutives (pièce en plus, logements sécables, etc.) ? « La commission 2.0 de la FPI travaille sur ces thématiques », révèle Alexandra François-Cuxac tout en regrettant « qu’aucune des chartes développées par les collectivités locales n’imposent de logements évolutifs ».

La présidente de la FPI Alexandra François-Cuxac s’est une nouvelle fois inquiétée des recours (qui bloqueraient la construction de 30 000 à 33 000 logements), des délais d’obtention des permis de constructions trop longs et du stock de logements neufs, jugés trop faibles (92 840 unités, soit 11,7 mois de commercialisation théorique). « En dessous de ce niveau, nous entrerions dans une situation d’insuffisance d’offres. »

 

Focus

Les batailles de la FPI

Emmanuelle Cosse, ministre du Logement et de l’Habitat durable, s’est entretenue mercredi 17 février avec la présidente de la fédération des promoteurs immobiliers (FPI). Trois sujets ont notamment été abordés.

« Nous attendons qu’elle encourage la reprise fragile du secteur en apportant son soutien à la prorogation des dispositifs Pinel et Censi-Bouvard avant la fin du 1er semestre », révèle Alexandra François-Cuxac. Ces deux outils de défiscalisation arrivent à échéance au 31 décembre 2016.

La présidente de la FPI a milité pour l’application d’une TVA à taux réduit (5,5% et 10%) permettant aux promoteurs immobiliers de développer des logements « sociaux » et « abordables ». Le prix des logements bénéficiant de ce taux de TVA réduits seraient maîtrisés. D’ailleurs, Alexandra François-Cuxac souhaite que les promoteurs qui construisent des logements sociaux (grâce à la vente en l’état futur d’achèvement, Vefa) pour le compte d’organismes HLM soient représentés dans les commissions d’attribution « pour que tous les acteurs apprennent à se connaître ». Pour rappel, ces commissions réunissent le maire de la ville concernée ou son représentant, un administrateur locataire, un représentant de l’Etat, un représentant du bailleur social, etc. afin de choisir les locataires du parc social.

Autre sujet abordé : la transformation des locaux industriels en logement. « Lorsqu’une entreprise vend des bureaux ou des locaux commerciaux pour les transformer en logement, le montant des plus-value est soumis à l’impôt sur les sociétés. Dans ce cas, le taux d’imposition est réduit à 15% ou 19%. Aujourd’hui, ce taux n’est pas applicable pour les locaux industriels », déplore Jean-Michel Mangeot, délégué général de la FPI.

 

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