Logement

Maisons individuelles : les ventes devraient encore reculer de 25% en 2013

Mots clés : Bâtiment d’habitation individuel - Financement du logement - Maison individuelle

Après une baisse des ventes de 16% en 2012, l’Union des maisons françaises (UMF) estime que l’année 2013 devrait enregistrer une nouvelle contraction de 25%. Et réclame un doublement du PTZ+ pour enrayer la chute.

126 600 maisons ont été vendues l’an dernier, un chiffre en baisse de 16% par rapport à 2011. Toutes les régions enregistrent des chutes de leurs ventes à deux chiffres, sauf le Nord-Pas-de-Calais, stable. Plus inquiétante encore est la chute de 38% de la primo-accession l’an dernier, signe, selon l’Union des maisons françaises (UMF), que « le marché s’effondre, comme toujours en temps de crise, par son ventre mou » : les volumes se contractent fortement et le marché se déplace vers la secundo-accession (+3% depuis 2010) qui représente désormais 45% des ventes. L’âge moyen des acheteurs de maison est passé de 39 à 43 ans en quatre ans. Conséquence de la chute des ventes : « 30 000 emplois sont fragilisés par les 22 000 ventes de maisons non réalisées en 2012 par rapport à l’année précédente», estime l’UMF.

Et cela ne devrait pas s’arranger car le début de l’année 2013 est catastrophique (ventes en retrait de 38%, « du jamais vu », selon Caron Marketing), contrecoup sans doute de l’anticipation d’un certain nombre d’opérations avant la date butoir d’entrée en vigueur de la RT2012 au 1er janvier 2013. Pour l’ensemble de l’année, le syndicat qui regroupe près de 600 marques dans l’Hexagone (55% du marché français de la maison en diffus ou en village) avance une prévision de chute des ventes de 25%, ce qui ferait tangenter le marché juste au-dessus des 100 000 ventes annuelles ( « notre ligne Maginot », explique Christian Louis-Victor, en référence à celle de 70 000 affichée par les promoteurs).

 

Crise structurelle

 

« Nous sommes entrés dans une crise structurelle qui tient aux problèmes de financement de l’accession», explique Christian Louis-Victor. Seulement 28% des Français envisagent un projet immobilier dans les deux ans (-5 points par rapport à septembre 2011). Parmi eux, 48% sont attirés par la maison (contre 40% il y a un an), selon un sondage Ifop. Mais les ménages modestes et les primo-accédants n’ont plus les moyens de concrétiser leur projet, estime l’UMF. Malgré des taux d’intérêt historiquement bas, « le remaniement du PTZ+ pour 2013 est trop chiche pour inverser une chute de l’activité », estime le syndicat.

Ce produit d’aide à l’accession a certes été recentré sur les ménages les plus modestes mais en privilégiant les zones les plus tendues, zones où l’on construit peu de maisons. Et puis en période de taux bas, ce n’est pas tant le taux zéro qui solvabilise les acheteurs que le différé d’amortissement. Celui a effectivement été renforcé sur les deux premières tranches de revenus (surtout la première). Mais c’est largement insuffisant pour l’UMF. « La seule façon de renverser rapidement la tendance – le cycle de construction d’une maison est court (un an) – serait de doubler le PTZ+ sur une durée d’au moins deux ans », estime son président qui s’efforcera de convaincre dans le cadre de la préparation de la loi de finances rectificative pour 2013.

 

Focus

Maison individuelle et densité

« Depuis dix ans, la construction de maisons individuelles a représenté une emprise  foncière équivalente à l’autoroute Paris-Clermont Ferrand », estime l’Union des maisons françaises qui cite un chiffrage réalisé par le cabinet Adéquation. Pour sortir d’un débat jugé « idéologique » sur la densification et l’artificialisation des sols, le syndicat professionnel met également en avant un autre chiffre publié par l’Insee selon lequel chaque année 55 à 70 000 hectares de terrains sont consommés pour le logement contre 215 000 pour l’activité tertiaire.

L’UMF prépare des arguments techniques et économiques pour réalimenter le débat. Car à l’issue de la concertation engagée par le gouvernement sur le volet « urbanisme » du projet de loi logement et urbanisme, elle estime qu’il y  a une « contradiction persistante » entre l’ambition de construire 500 000 logements et les mesures techniques avancées, notamment la volonté de diminuer les surfaces à urbaniser. L’UMF rappelle à cet égard que depuis 1975, plus de la moitié des mises en chantier et des surfaces construites sont des maisons individuelles en accession.

Surface moyenne d’une maison : 107 m²

Prix moyen d’une maison : 132 000 euros TTC hors foncier

Prix moyen d’un terrain : 91 300 euros en zone urbaine et 56 000 euros en zone rurale

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