Entreprises de BTP

Maison connectée : quand les géants technologiques bousculent les acteurs du BTP

Mots clés : Entreprise du BTP

La démocratisation des objets connectés pour la maison et le développement de plate-formes dédiées par les acteurs des nouvelles technologies vont obliger les industriels du BTP à se positionner pour ne pas rester à la porte du marché de la maison connectée.

Google, Apple, Samsung, Panasonic… Ces géants de l’Internet et de l’électronique gravitent loin du BTP. Et pourtant, ce sont eux qui bousculent les industriels traditionnels de ce secteur avec une idée en tête : s’emparer du marché de la « smart home », la maison intelligente connectée.

Pour se rendre compte du phénomène, il suffit de porter son regard vers Las Vegas, où se déroule jusqu’au 9 janvier le Consumer Electronic Show (CES), le salon mondial de l’électronique grand public.

Aux côtés des partenaires séculaires du bâtiment comme les groupes allemands Bosch et Siemens ou le français Legrand, spécialisé dans la domotique, les géants technologiques profitent du rendez-vous pour présenter leurs plate-formes dédiées à la maison connectée. Google via sa filiale Nest, Samsung, Panasonic, LG, Apple… aucun ne veut perdre une miette d’un marché en pleine croissance, qui devrait arriver à maturité entre 2020 et 2025 selon une étude du cabinet Gartner de septembre 2014.

 

Les industriels du BTP ne prennent pas la mesure de l’enjeu

 

« L’offre ne cesse de se renforcer sur la maison connectée, et elle va toucher de plus en plus le grand public grâce à des prix qui baissent constamment et une multiplication des moyens de connectivité. La domotique n’est pas nouvelle, mais elle restait très coûteuse. Aujourd’hui, la plupart des systèmes fonctionnent en plug & play (« branchez et utilisez », ndlr), et sont donc beaucoup plus faciles à déployer dans un logement », décrypte depuis Las Vegas Frédéric Salles, PDG de la société montpelliéraine Matooma, spécialisée dans la communication des objets connectés (qui compte parmi ses clients Legrand, Plastic Omnium ou encore Hager).

Les prix baissent, les objets connectés pour l’habitat deviennent plus grand public, les start-up françaises qui les développent (et elles sont nombreuses) sont désormais matures… Si les géants technologiques profitent du filon, que font les industriels du BTP ?

Dans l’Hexagone, les initiatives peinent à se mettre en place et les entreprises à se positionner. « Dans ‘bâtiment connecté’, il y a ‘bâtiment’ mais les industriels de ce secteur ne prennent pas la mesure de l’enjeu. Ils doivent s’y intéresser maintenant, investir dans les start-up, car le basculement va être aussi brutal que l’arrivée du MP3 dans l’industrie musicale », analyse Richard De Loglu, directeur de l’association rennaise de sensibilisation au numérique Bug, qui organisera en mars prochain l’événement MaisonMix pour imaginer et tester les usages de la maison connectée de demain.

 

« Inévitable que les nouvelles constructions intègrent des solutions de connectivité »

 

Selon lui, les start-up et les groupes technologiques vont rapidement prendre l’ascendant sur les acteurs traditionnels du secteur, notamment parce qu’ils développent des solutions dites « open source » qui garantissent une interopérabilité entre toutes les solutions et les objets de la maison connectée. Un tournant que ne prennent pas assez les spécialistes historiques de la domotique d’après lui, rivés à leurs modèles propriétaires. « Ce qui leur manque, c’est l’agilité intellectuelle des géants technologiques », déplore-t-il.

Irréductibles, les industriels du BTP gaulois ? Pas totalement, comme en témoigne l’initiative portée par une poignée de professionnels de la domotique (CDVI, Delta Dore, Hager, Legrand, Schneider Electric et Somfy) en juin 2013 avec la création de la coentreprise Confluens pour favoriser l’interopérabilité entre les équipements.

« Il devient inévitable que les nouvelles constructions intègrent des solutions de connectivité », assure Frédéric Salles. Un impératif dont les constructeurs et promoteurs commencent doucement à se saisir, à l’instar de Bouygues et ses premiers immeubles « intelligents » installés en région parisienne, conçus en partenariat avec l’industriel spécialisé dans les solutions énergétiques pour le bâtiment, Hager, qui préfigurent l’habitat 2.0 de demain.

Elodie Vallerey

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