Logement

Maintien à domicile : un marché à 24 milliards d’euros

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Grand âge

Seulement 6% des logements sont adaptés au vieillissement de leurs occupants. L’ouverture du salon des seniors à Paris, du 8 au 12 avril, est l’occasion de faire le point sur le marché du maintien à domicile qui pèse 24 milliards d’euros. Quelques 2 millions de logements doivent être adaptés, mais les entreprises du bâtiment ne se positionnent pas sur le créneau…

 

Pour 90% des Français, il est préférable d’adapter son logement au vieillissement plutôt que de vivre en maison de retraite, selon une enquête réalisée en mars 2012 par Opinionway. Dans les faits, seulement 6% du parc de logements sont adaptés à la perte d’autonomie des personnes âgées, estime l’Agence nationale pour l’habitat (Anah), dans un rapport publié en 2013. Selon les calculs de l’entité, 2 millions d’habitations pourraient avoir besoin d’être restructurées pour maintenir les personnes âgées dans leur domicile. Cela représente 24 milliards d’euros de travaux potentiels. Un constat, qui concerne aussi bien les logements sociaux – « 4% de notre parc est adapté. Ce taux doit passer à 10% dans les années à venir », indique Daniel Biard, président du comité exécutif du groupe Polylogis – que le parc privé. Car les 55-65 ans ont vu leurs parents vieillir. Ils savent que pour vivre chez eux le plus longtemps possible, ils devront anticiper leur perte d’autonomie. « De plus en plus de quinquagénaires me demandent de poser des douches à l’italienne, du carrelage antidérapant…. », assure Ida Amo, créatrice de la société LibAccès.

 

6 500 euros de travaux par logement adapté

 

Pourtant, les artisans ont du mal à se positionner sur le marché. « Pour eux, le vieillissement est lié au secteur médical. Ils ne pensent pas être concernés », décrypte Pierre-Marie Chapon, consultant à la SCET, une filiale du groupe Caisse des Dépôts. Vu les enjeux, ils ont tort. « Le coût moyen d’une opération oscille autour de 6 500 euros, évalue Blanche Guillemot, directrice général de l’Agence nationale de l’habitat (Anah) qui a subventionné les travaux d’adaptation de 15.000 ménages précaires en 2014. Nous travaillons principalement sur les sanitaires en installant, par exemple, des baignoires ou des douches à fond plat, une barre d’appui… En parallèle, nous profitons de l’intervention pour faire de la rénovation énergétique. De fait, la facture grimpe entre 17 000 et 20 000 euros en moyenne. »

 

Etre proactif pour gagner des parts de marché

 

Pour apprendre à travailler dans ce secteur émergeant, les entrepreneurs peuvent se former auprès de la Confédération de l’Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiment (Capeb) ou de la Fédération Française du Bâtiment (FFB), deux fédération ayant développé leur propre label. « Lorsqu’un adhérent a obtenu le label, il doit redéposer un dossier tous les ans et suivre une formation tous les trois ans pour faire le point sur les nouveaux matériaux et la réglementation. » Par ailleurs, les chefs d’entreprise doivent se montrer pro-actifs. « Ils attendent les sollicitations des clients, or la plupart des personnes ayant besoin d’adapter leur logement ne savent pas exprimer leurs besoins, signale Olivier Vallée, responsable de marché chez Legrand. Les professionnels doivent se faire connaitre en présentant leurs solutions dans des foires locales par exemple. »En outre, ils doivent apprendre à travailler avec des clients âgés, leurs enfants qui ont souvent leur mot à dire et un ergothérapeute, le prescripteur du chantier.

 

L’union fait la force

 

Les chantiers sont souvent transversaux et touchent à la fois la plomberie, le réseau électrique, l’aménagement intérieur, etc. Le entrepreneurs ont donc besoin de se coordonner. Mais aujourd’hui, personne ne pilote ces chantiers. Les architectes ne se sont pas encore positionnés sur le créneau, alors certains s’organisent seuls. « Depuis quatre ans, nous avons constitué un groupe de six entreprises labellisées pour travailler ensemble sur les chantiers, explique Bruno Gabette, gérant de l’entreprise Blanchet, qui réalise 15% de son chiffre d’affaires en adaptant des logements. Cela permet de connaître les impératifs des autres, de se comprendre. » Et aussi, d’acquérir de nouveaux clients par le biais de ses partenaires.

 

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