Transport et infrastructures

Lyon-Turin ferroviaire: Hubert du Mesnil répond aux écologistes

Dans un courrier adressé à Emmanuelle Cosse, Secrétaire nationale d’EELV, Hubert du Mesnil, président de la société Lyon-Turin Ferroviaire, revient sur les enjeux de la future liaison, vivement critiquée par les écologistes, et invite au dialogue.

Le 19 janvier dernier, les écologistes d’Europe Ecologie-Les Verts organisaient une conférence de presse pour exprimer leur opposition à la réalisation de la nouvelle ligne ferroviaire Lyon-Turin, et plus particulièrement à sa section transfrontalière. La réalisation de cette section de 65 km entre Saint-Jean-de-Maurienne (Savoie) et Bussoleno (Piémont), dont 57 km de tunnel bitube entre Saint-Martin La Porte et le Val de Suze, sera pilotée par la société Lyon-Turin Ferroviaire (LTF). Son président, Hubert du Mesnil, a choisi de répondre à certains des arguments des écologistes dans un courrier adressé à Emmanuelle Cosse, secrétaire national d’EELV.

Au premier rang des divergences, figure l’utilisation possible de la ligne historique via le tunnel du Mont-Cenis. Aux écologistes qui estiment que « la capacité du tunnel du Mont-Cenis est largement suffisante pour absorber une croissance du fret ferroviaire pendant de longues années », Hubert du Mesnil répond: « cette ligne, qui est sous-utilisée, ne peut recevoir des trains longs et lourds pour les containers et l’autoroute ferroviaire qui sont les secteurs qu’il faut prioritairement développer : ses caractéristiques de pente (40% des surcoûts à cause de la traction renforcée), d’altitude, sa sinuosité, les contraintes de sécurité des tunnels obligent à limiter la longueur, la charge et la vitesse des trains, ce qui est incompatible avec un développement ambitieux de ce mode ».

 

Un coût de 8,5 milliards en euros constants

 

Sur l’argument des coûts « pharaoniques » du projet avancés par les Verts, qui estiment notamment que le budget de la section tranfrontalière « a été récemment réévaluée de 8,5 milliards à 12 milliards d’euros », le président de LTF apporte ses précisions.  » Je regrette que cette information n’ait pas été vérifiée car elle est inexacte. En fait, le coût de notre projet, très proche des autres tunnels alpins en cours de construction, n’a guère varié depuis quelques années. Il est de 8,5 milliards d’euros en euros constants 2010. Le chiffre de 12 milliards correspond à la même estimation, mais en euros courants avec une hypothèse d’inflation annuelle de 3,5%, ce qui n’est évidemment plus d’actualité ».

Hubert du Mesnil souligne aussi qu’il faut aussi « éviter la confusion avec l’estimation de 24 milliards, qui est l’évaluation d’un programme d’investissements relatif à l’ensemble de l’itinéraire de Lyon à Turin, programme qui sera réalisé sur une longue période, de manière progressive et en fonction de l’évolution des trafics réellement constatée. »

Mis en cause à titre personnel par les écologistes, le président de LTF appelle enfin posément à ce « que les opinions et réflexions puissent s’échanger sans confondre les débats d’idées et les accusations personnelles ».

Rappelons que la section transfrontalière de la liaison Lyon-Turin, s’inscrit dans le Réseau transeuropéen de transport (RTE-T). Cette infrastructure, dont le cout est estimé à 8,5 milliards d’euros, est soutenue par les gouvernements français et italien, qui doivent présenter d’ici au 26 février 2015 un dossier à l’Union européenne en vue d’obtenir 40% du financement.

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