Logement

Luc Laventure, directeur général d’Habitat Toulouse: «Nous souhaitons construire 750 logements par an à partir de 2016»

Mots clés : Architecte - Bâtiment d’habitation individuel - Conception

Le 23 novembre, aux Espaces Vanel à Toulouse, quelque 350 architectes, ingénieurs de bureaux d’études, chefs d’entreprises, promoteurs étaient présents lors du séminaire organisé par Habitat Toulouse avec comme slogan «Une nouvelle direction pour de nouvelles ambitions». La manifestation avait pour objectif de présenter la feuille de route donnée par Franck Biasotto, le président de l’office public de l’habitat, à Luc Laventure, nommé directeur général en juin dernier. Habitat Toulouse qui a vocation à devenir un organisme métropolitain en 2017, s’arme pour produire 750 logements par an contre 500 aujourd’hui.

 

Quels sont les grands axes de votre feuille de route ?

Nous en avons défini quatre. Il s’agit d’abord de conforter les actions entreprises. L’amélioration thermique du parc existant en fait partie. Habitat Toulouse a un programme de 120 millions d’euros pour traiter 4 000 logements d’ici à 2020. A ce jour, 1 800 ont atteint l’étiquette énergétique B pour un coût de 30 000 euros TTC/logement. Par ailleurs, premier bailleur social à Toulouse, nous investissons en moyenne 20 millions d’euros par an dans des opérations de rénovation urbaine.

Le second axe est la métropolisation et notre déploiement sur un territoire élargi. Nous avons lancé la dynamique depuis un an avec 150 projets en dehors de Toulouse. A terme, nous souhaitons construire 750 logements par an, dont 150 PSLA. Nous avons ainsi inscrit dans notre budget une enveloppe de 100 millions d’euros par an. Il est à noter qu’en 2015, nous avons livré 635 logements, dont 113 PSLA.

L’accroissement de notre offre va avec le développement de nouvelles activités. Nous avons renforcé cette année le service de syndic pour accompagner la vente de 80 logements par an et l’activité PSLA, génératrice de copropriétés. Cela répond à une double exigence d’amélioration du parcours résidentiel et d’augmentation de nos marges de manœuvre. En effet, la vente d’un logement HLM permet de construire quatre nouveaux logements grâce aux fonds propres dégagés. Le reste sera autofinancé par l’activité location soit environ 9 millions d’euros par an.

Enfin, nous avons créé un comité d’investissements qui se réunit une fois par semaine et mis en place un bureau du conseil d’administration toutes les trois semaines pour plus de fluidité dans les décisions. Tout cela va de pair avec notre engagement social consistant notamment à faciliter l’insertion par l’économie.

 

Quels sont vos autres enjeux ?

Contribuer à atteindre les 25% de taux SRU sur l’ensemble des communes de Toulouse métropole. Toulouse a atteint les 20%. Ailleurs, le taux est nettement inférieur. Toutes les communes doivent jouer le même jeu. Il y a urgence. Sur Toulouse Métropole, nous avons enregistré 25 000 demandes de logements sociaux. J’estime cependant que nous subissons une double peine en Midi-Pyrénées. Le taux de logement social y est le plus faible de France avec 11%. Mais c’est aussi la région qui connaît une forte progression démographique. Toulouse Métropole accueille par exemple 15 000 nouveaux arrivants par an. Pour arriver à 25% de logements sociaux, il faudrait produire d’ici à 2025 près de 30 000 nouveaux logements. Les bailleurs sociaux en produisent aujourd’hui environ 2 000 par an.

 

Comment s’inscrit Habitat Toulouse dans cette action ?

Cela implique le recours à la Vefa. A Toulouse Habitat, nous n’avons pas de position dogmatique. Cependant, nous aimerions cantonner la Vefa à 40%. La fédération des promoteurs immobiliers de Midi-Pyrénées partage cette philosophie de ne pas systématiser la Vefa et d’être plus dans un partage du foncier. Cela implique une politique active de maîtrise du foncier. Pour cela, nous avons créé un service aménagement construction avec une cellule de prospection foncière. A ce jour, nous avons une centaine de projets en étude de faisabilité.

 

Le séminaire organisé par Habitat Toulouse, le 23 novembre, avait pour objectif de faire passer des messages aux acteurs de la construction. Quelles sont vos exigences ?

Habitat Toulouse est engagé dans la mise en œuvre d’un Agenda 21. Nous visons la certification Patrimoine Habitat et Patrimoine Habitat et Environnement pour nos opérations. Dans ce cadre, nous attendons des maîtres d’œuvre et entreprises des concepts en termes de matériaux et de conception qui tendent à pérenniser les ouvrages dans un sens de performance environnementale. Pour les constructions BBC, par exemple, nous sommes sceptiques quant à l’usage de matériaux obsolètes comme le parpaing et le polystyrène. De notre côté, nous travaillons sur l’autoconsommation des parties communes avec comme piste d’actions l’installation de panneaux photovoltaïques sur les toits pour alimenter les parties communes. Il y a un très gros enjeu sur la qualité de l’air dans les logements. Nous sommes ainsi très attentifs à la qualité des peintures, des revêtements de sol et des isolants. Pareil pour la performance des équipements en termes de consommation et d’entretien. En tant que bailleur social, nous avons l’obsession de la maîtrise des charges. Dans ce cadre, nous avons signé un partenariat avec le CSTB et Actility (lire notre article) pour poser des capteurs dans les logements rénovés de la cité Madrid à Toulouse. Cela nous permettra de mesurer le gain de performance énergétique réelle. Les résultats seront connus au premier trimestre 2016.

Par ailleurs, nous avons confié à la société Ista le marché de location, entretien et télérelève de compteurs d’eau froide et chaude pour une durée de dix ans. Notre objectif: faire économiser aux locataires 15% en moyenne sur leur facture.

 

Focus

Habitat Toulouse gère près de 17 000 logements soit 30% du parc social de l’agglomération toulousaine. Créé en 1921, l’organisme emploie 380 personnes réparties en un siège social, quatre agences territoriales et un espace location dédié à l’accueil des demandeurs de logements. Habitat Toulouse livre environ 500 logements neufs par an. Engagé dans une démarche de développement durable, le bailleur met un œuvre un plan d’actions 2014-2018 autour de six engagements prioritaires et systématise la certification environnementale pour toutes ses réalisations.

 

Focus

Bio-express

Luc Laventure, 51 ans, occupait depuis 2008, les fonctions de Directeur général de la SA d’HLM Immobilière Midi-Pyrénées SA de La Vallée du Thoré (groupe 3F).

De 2000 à 2008, il a été responsable du développement Sud-Ouest à la Société nationale iImmobilière (SNI)

1999 à 2000: responsable du département «Patrimoine et Développement» à Patrimoine SA Languedocienne;

1991 à 1999: monteur d’opérations à Patrimoine SA Languedocienne;

1989 à 1991: juriste de l’immobilier de à la Société auxiliaire d’entreprise du sud (SAES) – Groupe Eiffage à ce jour;

Luc Laventure est titulaire d’un DESS en Droit immobilier (urbanisme et construction).

 

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