Projets

Lowline : le projet de parc souterrain de la ville de New York

Construire un parc souterrain sous la ville de New York, c’est l’idée portée par James Ramsey et Dan Barasch, fondateurs du projet the Lowline. Le but ? Créer un espace de loisirs original et accessible à n’importe quelle saison de l’année.

Le futur de la ville est-il sous nos pieds ? C’est ce que pensent en tout cas James Ramsey, architecte et ancien ingénieur de la Nasa, et Dan Barasch, ancien employé de la ville de New-York. Leur projet : construire un parc souterrain en réaménageant une ancienne gare de tramway dans le quartier du Lower East Side de Manhattan. « The Lowline » prévoit ainsi de rénover ce terminus abandonné depuis 1948, à quatre mètres de profondeur. « L’utilisation des nouvelles technologies permet aujourd’hui de transformer un quartier délaissé en un lieu de vie dense, attractif culturellement et plein de vie » explique l’entreprise sur son site.

Car si le concept n’est pas neuf, la technologie mise au point par James Ramsey, inspirée des techniques de la Nasa, est innovante : celle-ci repose sur l’idée de « lumière téléguidée ». La clarté du jour est concentrée par une parabole réfléchissante qui suit le soleil au cours de la journée et concentre les rayons lumineux vers une fibre optique. Une fois concentrée, la lumière est guidée à travers le sol jusqu’à un diffuseur de lumière qui éclaire la pièce souterraine. Ce parcours lumineux reproduit sous terre les mêmes conditions qu’à la surface, ce qui permet notamment de pouvoir faire pousser des plantes. Le système mis au point envoie assez de lumière, selon ses concepteurs, pour activer le phénomène de photosynthèse.

 

Faire pousser des plantes sous la surface

 

Si cette technique s’avère performante, elle pourrait introduire une petite révolution en architecture, car le principal obstacle à la construction d’espaces de vie souterrains urbains reste l’éclairage. « L’apport de lumière au sous-sol nous permet de l’imaginer non seulement comme un lieu vie, mais comme un lieu agréable, créant une ambiance propice à l’enchantement des visiteurs » s’enthousiasme son concepteur. Le projet prévoit ainsi de faire pousser des plantes vivantes sous la surface. Pour ce faire, un laboratoire d’expérimentation a été ouvert en octobre 2015 afin de recréer les conditions souterraines : situé dans un entrepôt de la ville, l’endroit reproduit l’éclairage du sous-sol et son périmètre est plus restreint que celui prévu pour le projet (environ 100 m2 contre les 3000 m2 prévus au total). Dans ce laboratoire, les scientifiques expérimentent l’usage de 60 variétés différentes de plantes. Au total, ce sont près de 3 500 herbes, mousses, fruits et légumes qui poussent dans ce laboratoire. A l’issue de l’expérience, ses initiateurs sélectionneront les plantes qui auront le mieux survécu aux conditions de vie souterraines. « Le laboratoire est récent, mais nous avons déjà obtenu quelques résultats prometteurs pour certaines plantes », se félicite James Ramsey.

Outre l’augmentation de l’espace à vivre, construire sous terre comporte aussi d’autres avantages. D’abord, le sous-sol dispose d’une bonne inertie thermique, ce qui permet  de réduire considérablement les frais de chauffage : « que ce soit au beau milieu de l’hiver ou en plein été, la température restera à peu près la même » prédit l’ex-ingénieur. Cela fournit  l’un des arguments majeurs de ce projet souterrain : s’il aboutit, The Lowline serait le premier parc du monde où la fréquentation ne dépendra pas de la météo. Autre argument, celui de l’économie d’électricité : « The Lowline repose sur un éclairage totalement naturel, ce qui garantit une lumière non artificielle et un gain écologique » soutient son concepteur.

Enfin, le dernier atout de ce projet est sans doute son avantage sur le plan de l’aménagement du territoire, qui permet de gagner de l’espace. « New York est déjà une ville très dense et très peuplée. Construire sous la surface permet de concentrer et d’optimiser l’espace pour avoir un gain de place » ajoute James Ramsey. Si The Lowline a déjà reçu plusieurs soutiens, il reste toutefois quelques obstacles à franchir, le premier étant celui du financement. « Nous avions plusieurs difficultés à surmonter pour réussir notre démarche, déplore James Ramsey. D’abord, la technologie, puis l’aval politique et enfin l’argent. Nous avons surmonté les deux premiers, reste le troisième » Afin d’obtenir les fonds nécessaires, l’entreprise vient de poser sa candidature pour un appel à projet lancé par la ville de New York. Si l’idée est sélectionnée, il faudra encore attendre trois ans avant de la voir se concrétiser. 

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    Jean Englebert, professeur émérite ULg

    Lors de l’Exposition à Tsukuba en 1985, l’ingénieur japonais Mori avait fait part de son invention exactement conforme à ce que raconte messieurs James Ramsey et Dan Barasch. Lors de mes voyages au Japon, j’ai souvent conduit des groupes voir une installation existante à côté des immeubles d’Arks Hill grâce à laquelle, monsieur Mori fait pousser quelques plantes dans un sous-sol de ces bâtiments. L’idée est donc loin d’être neuve. Quant à vanter la création d’espaces souterrains, Montréal et Osaka ont aussi depuis déjà longtemps compris l’intérêt de telle solution. Jean Englebert
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