Paysage

Loiseleur, l’agile nonagénaire des jardins

L’exposition « Jardins » du Grand Palais a fourni au groupe Loiseleur le cadre idéal pour fêter 90 années au service de l’art des Jardins. La fête a rassemblé 300 clients et une vingtaine de cadres de l’entreprise créée en 1927 à Villers-Saint-Paul (Oise) par Joseph Loiseleur. Le 4 juillet, ses petits-fils Marc et Laurent, qui se partagent depuis 26 ans la présidence et la direction du groupe de 200 salariés à partir de cette même commune, ont accueilli leurs invités aux côtés de Julien, représentant de la quatrième génération au sein de l’équipe dirigeante.

Agile : l’adjectif revient comme un refrain, dans le discours anniversaire prononcé par Marc Loiseleur, pour définir l’identité de l’entreprise éponyme qu’il préside. L’agilité a rendu possible la métamorphose de l’ancienne pépinière de Villers-Saint-Paul (Oise), qui, en 1927, distribuait aux Halles de Paris ses muguets, ses oeillets et ses pois de senteur, à deux pas des toitures de l’hôtel de ville où, depuis l’automne 2016, Loiseleur jardine des vignes et des fraises. Entre temps, l’entreprise s’est hissée parmi les leaders des travaux paysagers d’Ile-de-France et des Hauts-de-France.

 

Quatrième génération

 

Sans jamais s’éloigner de l’univers du végétal, trois générations de la famille fondatrice ont façonné un groupe de 200 salariés qui totalise quelque 22 millions d’euros de chiffre d’affaires, principalement dans la création et l’entretien de parcs, de jardins et de terrains de sports. Le recyclage de la biomasse, d’abord pour la fertilisation des sols, puis pour l’alimentation des chaufferies collectives, complète la palette. « Nos structures nous permettent de nous adapter à toutes tailles de marchés, pour des clients publics et privés, en neuf ou en entretien », résume Julien Loiseleur, fils aîné de Marc.

Entré dans le groupe en 2014, le représentant de la quatrième génération se familiarise avec l’une des clés de l’agilité revendiquée par son père : le mariage de la synergie et de l’autonomie caractérise les relations entre les filiales coiffées par la holding familiale. Eparev, l’entreprise de 19 salariés dirigée par Julien, détient la compétence du groupe sur le créneau du paysage intérieur et se singularise par une clientèle presque exclusivement privée. La toiture  d’une école primaire en cours de végétalisation à Creil (Oise) offre une démonstration de synergie : Loiseleur exécute les travaux à partir des études d’ingénierie d’Eparev.

 

Synergie et autonomie

 

Les spécificités de cette dernière s’intègrent dans une mosaïque dont chaque pierre présente une nuance géographique, commerciale ou thématique : les travaux neufs et les clients publics dominent chez Loiseleur, alors que  l’entretien l’emporte chez Loiseleur Ile-de-France. Depuis 2008, Roussel resserre le maillage francilien à Mandres-lès-Roses (Val-de-Marne). Entre les filiales autonomes, les affaires complexes poussent à la synergie des ressources en ingénierie, tandis que les marchés d’entretien multi-sites favorisent la coordination d’équipes de travaux. La complémentarité des compétences enrichit l’itinéraire des apprentis, une des principales sources de recrutement.

L’appétit pour le travail dans des équipes pluridisciplinaires ne s’arrête pas aux frontières du groupe, comme le montre l’exemple de la toiture de l’hôtel de ville de Paris : Loiseleur s’est engagé dans ce projet expérimental au sein d’un groupement qui comprend Nidaplast pour la gestion et le stockage des eaux pluviales, Siplast pour la fourniture des produits d’étanchéité, et Urbagri, spécialiste de l’agriculture urbaine, pour la coordination du projet lauréat d’une consultation de la ville de Paris sur la végétalisation innovante. Le partage des savoir-faire a également conduit Loiseleur à s’engager au sein du réseau Sport International, où 16 PME du paysage mutualisent leur matière grise et leur force commerciale. La construction du golf de Roissy-en-France, dont l’agglomération a confié la maîtrise d’œuvre à Michel Niedbala, a récemment enrichi les références majeures du groupe dans cette activité.

 

Mix énergétique

 

Sur le marché du recyclage où Natureco, créée en 1998, fabrique 15 000 tonnes de compost par an à partir de 45 000 tonnes de biomasse transformée dans deux installations classées pour la protection de l’environnement à Nogent-sur-Oise et Crépy-en-Valois, les marchés induits par les travaux du Grand Paris stimulent la mobilisation de compétences nouvelles : « Les horizons limoneux, sous la terre végétale, présentent un fort potentiel de fertilisation, à condition d’associer les amendements organiques avec d’autres matériaux », analyse Marc Loiseleur. La plus récente diversification du groupe confirme sa capacité à fédérer les compétences : constituée à parité par Loiseleur et l’élagueur breton Belbéoc’h, la société Flameco, basée à Limay (Yvelines) commercialise un mix énergétique composé de déchets verts et de plaquettes forestières depuis 2016.

 

Focus

Coup de cœur toulousain

Les jardins de la Ligne, inauguré le 17 juin à Toulouse, illustrent la capacité du groupe Loiseleur à s’éloigner de ses bases, emporté par l’enthousiasme suscité par un projet atypique : « Du Maroc et de la Mauritanie à l’Uruguay ou à l’Argentine, ce jardin reproduit les paysages que survolait Saint-Exupéry pour l’Aérospatiale », décrit Laurent Loiseleur, directeur général du groupe. Comme l’aviateur et écrivain, le public découvre ces paysages par le haut, grâce aux passerelles qui les surplombent. Le survol se déroule sur le terrain où est née l’Aérospatiale en 1927, aujourd’hui propriété de Toulouse Métropole, maître d’ouvrage.   

Paysagiste concepteur par sa formation initiale à l’Ecole supérieure d’architecture des jardins, Laurent Loiseleur a piloté ce chantier à la demande de Philippe Coignet, maître d’oeuvre du projet pour l’agence OLM. L’entreprise a remporté le marché au sein d’un groupement avec ID Verde et les Pépinières du Languedoc. Dans le duo qu’il compose depuis 26 ans avec son frère Marc, détenteur des compétences de gestion, le directeur général incarne le pôle technique, magistralement mis en valeur aux Jardins de la Ligne.

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