Chantiers

Logements sociaux à énergie positive

Mots clés : Bâtiment d’habitation individuel - Electricité - Energie renouvelable - Gestion et opérations immobilières - Logement social

54 logements livrés par Immobilière 3F devraient équilibrer toutes leurs consommations énergétiques avec la production d’électricité de leur surtoiture photovoltaïque.

Le bailleur social Immobilière 3F (3F/Groupe Solendi) vient de livrer sa première opération à énergie positive, au sein de l’éco-quartier Clause Bois-Badeau de Brétigny-sur-Orge (Essonne).

Déjà engagé dans plusieurs opérations BBC RT 2005, 3F a décidé avec l’aménageur Sorgem d’aller plus loin sur cette opération afin d’anticiper le futur label Bepos. « En 2009, nous avons lancé une consultation en conception-réalisation, explique Pierre Paulot, directeur de l’architecture, de l’aménagement et de l’environnement de 3F. Associer dès le début des études du projet, la maîtrise d’œuvre, les bureaux d’études techniques et l’entreprise générale de travaux permet de sécuriser les coûts et les délais ».

L’équipe lauréate, à laquelle a été attribué le marché de travaux en conception-réalisation, a été désignée le 5 février 2010. Ce groupement associe le cabinet d’architecture Lipa & Serge Goldstein, le cabinet Pénicaud pour la démarche environnementale, les bureaux d’études Scyna 4, Synapse et Alp Ingénierie et l’entreprise générale de bâtiment Ferracin Frères.

 

Un « vrai » Bepos 

 

« Le niveau de performance environnementale de ce programme est très ambitieux, rappelle Pierre Paulot, puisqu’il produit autant d’énergie qu’il en consomme, tous usages confondus, en calcul conventionnel : les cinq usages de la réglementation thermique (chauffage, eau chaude sanitaire, ascenseurs, ventilation, éclairage des parties communes), mais aussi les usages domestiques (éclairage et appareils électroménagers) conformément à la définition de l’association Effinergie. Il y a beaucoup de confusion sur la définition du Bepos. Trop d’opérations sont proclamées Bepos alors que les usages domestiques ne sont pas pris en compte. »

L’ensemble de six petits immeubles de deux à quatre étages, organisés autour d’une courée et d’un passage piétonnier central, consommera, selon les calculs conventionnels, 100 kWhep/m²/an (avec seulement 13 kWhep/m².an pour le chauffage du bâtiment collectif), dont plus de la moitié concerne les usages électrodomestiques et les parties communes. Pour mémoire, le label Passivhaus allemand impose un maximum de 120 kWhep/m².an (avec un maximum de 15 kWhep pour le chauffage).

L’ensemble des consommations devrait être entièrement compensé par la production d’électricité assurée par les 1 200 m² de panneaux photovoltaïques installées en sur-toiture de l’opération pour un coût d’investissement de 500 000 euros.

 

Conception bioclimatique

 

« Cet objectif de performance repose sur une conception bioclimatique du programme, une organisation du plan masse et des espaces intérieurs favorisant l’optimisation des apports solaires, exposent les frères Goldstein, architectes. Il s’agit prioritairement de garantir l’efficacité énergétique de l’enveloppe en béton des bâtiments avec une isolation renforcée (28 cm de laine de verre)  et des fenêtres équipés de triple vitrage. »

51 des 54 logements sont traversants, sept bénéficient d’une double exposition et trois seulement (les petits logements en T1) sont mono-orientés au sud. Tous les logements disposent d’une cuisine en façade éclairée naturellement avec un coin repas. C’est le cas également des salles de bains, dont l’immense majorité (50 sur 54 logements) est éclairée en façade ou en zénithal. Au total, les surfaces vitrées représentent 22 % de la surface habitable, à comparer aux 17 % minimum imposés par la RT 2012.

Tous les logements situés en étage disposent d’un balcon, et ceux en rez-de-chaussée  d’un jardin ou d’une terrasse, où sont aménagés des séchoirs permettant le séchage du linge à l’extérieur, une solution préconisée par le bureau d’études Enertech pour éviter l’emploi de sèche-linge électriques.

L’alimentation de l’opération par un réseau de chaleur urbain, géré par Cofely, utilisant principalement du bois pour l’ensemble du quartier est également un levier déterminant en matière de réduction de l’empreinte écologique du projet. Le chauffage est assuré par un système innovant associant une boucle d’eau chaude et la ventilation double flux avec récupération de chaleur (système U bio Aldes).

 

Retour d’expérience

 

Les calculs de consommations conventionnelles seront confrontés aux consommations réelles des bâtiments, dans le cadre de campagnes de mesure conduites par Enertech et Cerqual durant plusieurs  années suivant la livraison des logements. 3F et Cerqual ont en effet convenu d’expérimenter pour la première fois, sur cette opération, le label Bâtiment à énergie positive (Bepos) tout juste défini par l’association Effinergie, et préfigurant ce que pourrait être le standard d’une opération neuve en 2020 au sens du Grenelle de l’environnement.

Les résidents seront également associés à la démarche environnementale du projet afin de leur permettre d’appréhender les aspects innovants de leur logement. La baisse de la consommation énergétique et, ce faisant, de la facturation ne sera, en effet, effective que si les locataires adoptent quelques gestes simples : éviter d’ouvrir intempestivement les fenêtres, de boucher les grilles de ventilation, d’obstruer les grilles d’entrée d’air des fenêtres, etc. Le Livret gestes verts remis aux locataires dès leur entrée dans les lieux reprend ces consignes simples.

Un écran tactile, installé par 3F dans chaque logement, permettra aux locataires de visualiser leurs consommations d’eau et d’énergie en temps réel. Enfin, un dispositif d’accompagnement des locataires sera mis en place avec l’appui d’une association spécialisée, sur une durée de plusieurs mois après l’entrée dans les lieux. L’objectif : bénéficier d’un retour d’expérience sur la consommation réelle des bâtiments très basse consommation et sur les usages et comportements en lien avec l’énergie et l’eau.

Le coût de l’opération s’élève à 11, 54 millions d’euros (TTC), soit 2 969 €/m² SU.

Focus

Bilan énergie positive

. Cep calculé sur 5 usages + consommations électromestiques                                                                      

  . Coefficient de transformation pris à 3,2 pour l’électricité et 0,6 pour le bois

  . Cep moyen : 128 kWh ep/m²shon.an

Correspondant à 61 kWhep/m².an sur 5 usages + 67 kWhep/m².an en électrodomestique

  . Production photovoltaïque : 128,3 kWh ep/m²shon.an

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  • - Le

    RE : chiffres fantaisistes

    En réponse aux posts précédents, en prenant un coefficient de 2,58, on constate qu’il aurait fallu ajouter 80 m² de panneaux PV pour être à Energie Zéro. Il est possible de rentrer dans un débat d’experts, mais relativisons-le ! En effet, les consommations énergie bois ECS et chauffage sont minimisées, tout le reste est électrique (consommations et production). Un débat plus intéressant à mon sens est le fait que les coefficients de conversion servent à comparer torchons et serviettes selon un seul critère, l’énergie extraite à la nature pour produire différents types d’énergie (bois, électricité ou toute autre forme). Peut-être serait-il justifié de faire également une comparaison selon d’autres critères, comme le plus connu de tous : le prix ! Pourquoi ne pas faire d’opérations Energie Zéro en €, la production venant annuler la consommation en termes de côuts également ? Cela ne serait-il pas tout aussi pertinent ?
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  • - Le

    Un "vrai" Bepos avec des chiffres fantaisistes

    Dommage que l’opération de Brétigny qui semble intéressante soit décrite avec des chiffres sortis du chapeau. Le Focus en fin d’article est édifiant. On mélange tout : des valeurs physiques et conventionnelles, des valeurs pour tous les bâtiments et d’autres réservées à l’existant, des comparaisons avec PassivHaus basées sur des conventions différentes de celles utilisées en France. Bref, copie à revoir sinon la confusion sera totale.
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  • - Le

    Confusion des chiffres..pour un "vrai" Bepos !

    L’opération de logements à Brétigny sur Orge mériterait une description chiffrée un peu moins fantaisiste : 3.2 au lieu de la valeur conventionnelle 2,58 prise dans le label Bepos, 0,6 pour le bois, valeur extraite dans la RT existant ! Comparaison douteuse avec Passiv Haus : les allemands calculent l’électricité avec 2,85. Leur 120 kWhep/m²an correspondent à 97 kwhep/m²an en France dans le cas d’un tout électrique (avec PAC bien sûr). Copie à revoir….
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