Logement

Logement : un recentrage des aides à l’accession qui passe mal

Mots clés : Bâtiment d’habitation individuel - Gestion et opérations immobilières - Matériel - Equipement de chantier - Politique du logement

Et si la politique du logement devait avant tout se jouer à l’échelle du territoire ? C’est ce que préconisent les professionnels de l’immobilier à la suite de l’annonce des mesures du futur projet de loi logement. Ils dénoncent notamment une politique de court terme.

« Autant de territoires, autant de problématiques différentes », lance Agnès Verdier-Molinié, présidente de l’iFRAP (Fondation pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques) dans une intervention vidéo, à l’occasion du congrès de l’Union nationale des aménageurs (Unam, anciennement Syndicat national des aménageurs lotisseurs), ce 20 septembre. « Croire qu’il faut que tout soit aménagé, partout, de la même manière, est obsolète. La politique du logement doit être liée à une vision de la stratégie économique du territoire », continue Agnès Verdier-Molinié.

Dans le viseur des professionnels, la stratégie logement, dévoilée le même jour par le gouvernement, qui avantage fiscalement les zones tendues par rapport aux territoires détendus. Le futur projet de loi logement, présenté par le ministre de la Cohésion des territoires, Jacques Mézard, et son secrétaire d’Etat, Julien Denormandie, propose pendant trois ans une exonération d’imposition sur les plus-values immobilières en zones tendues, allant de 70 à 100%, dans les cas où les terrains serviraient à construire du logement social, intermédiaire ou libre. Le gouvernement prévoit aussi un recentrage des dispositifs Pinel et du prêt à taux zéro (PTZ) sur ces mêmes zones pendant quatre ans.

 

« Se servir du logement existant »

 

« C’est du court-termisme budgétaire, dénonce Dominique Duperret, délégué général chez LCA-FFB (Les Constructeurs et aménageurs de la Fédération française du bâtiment). Nous avions des dispositifs qui fonctionnaient. Retirer en zone C le PTZ serait un séisme pour les ménages. » Même constat chez Philippe Pelletier, président du Plan bâtiment durable, pour qui la politique du logement doit être plus localisée. « C’est au niveau des territoires, que sont délivrées les autorisations de construire, les documents d’urbanisme, les aides à la pierre… Si les collectivités locales ont ce genre de compétences, elles doivent avoir plus de prérogatives dans le logement. Il faut qu’une politique différenciée dans ce domaine puisse se développer. »

Pour Jean-François Buet, président de la Fédération nationale de l’immobilier (Fnaim), la stratégie logement est trop axée sur la construction. « Certes, nous avons besoin de construire dans ce pays, mais nous ne pouvons pas le faire partout de la même façon. Nous ne pouvons pas baser une réforme du logement seulement sur la construction, qui ne représente qu’1% du parc. Il faut aussi se servir du logement existant pour redynamiser certains territoires délaissés. » 

La solution peut fonctionner pour Michel Pelletier. A condition de ne pas oublier « que l’existant doit s’adapter aux besoins des familles d’aujourd’hui. » Dans le cadre d’un plan de rénovation, le parc ancien « devra répondre à de nouvelles problématiques en termes de réversibilité et d’adaptation du bâtiment aux usages », conclut le président du Plan bâtiment durable. 

 

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