Immobilier

« Logement: questions sur la pratique syndicale » par Françoise Vaysse

Si Jean Perrin, président de l’Union nationale de la propriété immobilière, reconnaît que sa prise de position sur le bail précaire en plein conflit autour du CPE était « un peu » provocante, il n’en pose pas moins la question de la forme que doit prendre l’action syndicale. Faut-il caresser ses troupes dans le sens du poil ou, au contraire, les tirer dans une direction qu’elles ne prendraient pas spontanément?
Les 200.000 adhérents de l’UNPI sont des petits propriétaires-bailleurs, souvent des personnes âgées, encore plus souvent des veuves, gérant en direct un patrimoine composé de deux à trois biens. Faut-il crier haut et fort leur exaspération devant une fiscalité tatillonne, la multiplication des réglementations, les lourdeurs des procédures en cas d’impayés de loyers, les décisions d’expulsion non suivies d’effet? Ou, au contraire, comme a tenté de le faire en son temps Philippe Pelletier à la tête du même syndicat, combattre l’image caricaturale des petits propriétaires, en faisant reconnaître leur rôle social et en les incitant à contribuer à l’effort de logement des démunis?
La question est au cœur du politique. Elle est aussi morale et philosophique. Jean Perrin a signé ce matin un accord avec France Terre d’Asile. Mais il estime que ce n’est pas aux petits propriétaires à supporter des impayés de loyers et qu' »accueillir les gens ayant du mal à se loger relève de la mission du parc social » et « que ce n’est pas le travail du parc privé ». Il dénonce les « gadgets de l’ANAH » qui dépenserait 5000 euros par logement vacant remis sur le marché. Il soutient aussi qu’il faut mieux proposer un logement aux gens dans la rue, même pendant une durée très courte – allant jusqu’à évoquer un bail à durée déterminée de six mois – plutôt que de laisser dehors… Il propose de rediscuter des rapports locatifs et interpelle les hommes politiques: « soit vous tiendrez compte de ce que l’on dit, sinon, vous ne vous étonnerez pas que les propriétaires aient envie de faire de la politique », assène-t-il… Le logement – comme l’emploi – promet d’être au cœur de la prochaine campagne présidentielle.

Françoise Vaysse est chef du service Economie Entreprises du Moniteur

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